DEUTSCH Simon

Par Georges Haupt

Né à Vienne en 1822 ou 1824 ; mort à Londres en 1877 ; membre de la Première Internationale.

Bibliographe, Simon Deutsch se préparait à être rabbin lorsque éclata la révolution de 1848. Il s’enrôla dans la légion des étudiants et prit part à l’insurrection de Vienne. Condamné à la peine de mort, il se réfugia en Suisse, puis à Paris où il fut commerçant, puis banquier. En 1849, il fut à Paris, avec Herwegh, Ewerbeck, etc., l’un des signataires de la protestation des démocrates allemands contre les persécutions dont l’un d’eux était victime. Connu pour ses « convictions rouges », il se lia à Paris avec Proudhon, Michelet, Tolain et de nombreux socialistes étrangers dont Moses Hess avec qui il correspondit. Par l’intermédiaire de Johann Philipp Becker, il entra en contact avec les dirigeants du mouvement ouvrier viennois naissant et plus précisément avec Oberwinder. Il se rendit lui-même à plusieurs reprises à Vienne afin d’étudier et de juger de la situation, Devenu membre de la Ire Internationale, il chercha à réconcilier les deux courants antagonistes, les adeptes de Marx et de Bakounine. En 1870, lors de la guerre franco-prussienne, il salua avec enthousiasme l’avènement de la République et combattit dans l’armée de la République. Selon les rapports de la police viennoise, il aurait servi dans les sections financières de la Commune de Paris et aurait été en contact avec Léo Frankel. Après la chute de la Commune, sur l’intervention de l’ambassadeur d’Autriche, le prince Metternich, auprès du gouvernement de Versailles, il fut arrêté et accusé d’être l’agent de l’internationale à Vienne. Mais il fut relâché après un interrogatoire sommaire. Si aux veux de certains socialistes il put un temps paraître suspect à cause de ses relations avec la diplomatie autrichienne, il n’en passa pas moins ses vacances de l’été 1874 dans le même hôtel que Karl Marx à Karlsbad, et entra la même année au Conseil général de la Ire Internationale en voie de disparition. Partisan de la « République universelle », Deutsch exerça également une activité politique en Turquie où il avait ouvert, dès 1855, une filiale de sa banque et où, selon un correspondant de Hessi, il entretenait les meilleures relations avec le Sultan et ses ministres. Il participa néanmoins avant sa mort au mouvement « Jeune turc » et fut considéré par certains historiens comme l’un de ses fondateurs.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197397, notice DEUTSCH Simon par Georges Haupt, version mise en ligne le 28 novembre 2017, dernière modification le 31 octobre 2018.

Par Georges Haupt

SOURCES : E. Silbemer, Moses Hess Briefwechsel (La Correspondance de Moses Hess), La Haye, 1964. — Z. Solle, Internacionala a Rakousko (La lere Internationale et l’Autriche), Prague, 1966.

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