SPEISER Paul

Par Bruno Sokoll

Né le 19 juillet 1877 à Sankt-Pœlten ; mort le 8 novembre 1947 à Vienne ; instituteur socialiste ; fondateur et dirigeant du mouvement de l’école laïque ; maire-adjoint de Vienne jusqu’en 1934.

Fils d’un relieur, Paul Speiser fréquenta l’école primaire, puis un cours complémentaire, enfin l’école normale et, à dix-neuf ans, il fut nommé instituteur à Obergrafendorf. Très jeune, il adhéra à la social- démocratie, et fut le disciple, l’ami et le collaborateur de Karl Seitz au sein du mouvement des instituteurs « Les Jeunes ». Instituteur progressiste, il se fit le champion de l’école laïque. Ses opinions et son activité politique lui valurent, à cette époque, d’être muté par mesure de répression, puis d’être l’objet de mesures disciplinaires, enfin d’être révoqué. Devenu employé des assurances-accident des chemins de fer, il continua de mettre ses forces au service du mouvement ouvrier.
En 1902, il était secrétaire de la section de Floridsdorf du Parti social-démocrate et éditeur du Volksbote (Messager du peuple) ; en 1907, il devint secrétaire du groupement 1’« Ecole laïque » et mena la lutte pour la réforme scolaire. Dès 1912, on pouvait enregistrer 1 519 communes de l’Autriche allemande dans lesquelles existaient des groupes de 1’« Ecole laïque ». La Première Guerre mondiale interrompit l’activité de Paul Speiser : il fut mobilisé et servit à Vienne comme soldat de l’armée territoriale.
Après la révolution de 1918, Speiser devint sénateur de la ville, maire-adjoint et responsable du personnel de l’administration municipale viennoise. Il accomplit cette fonction difficile dans un esprit démocratique et la conserva jusqu’à son arrestation en février 1934. Il faisait partie de cette brillante équipe qui, sous la direction de J. Reumann et de K. Seitz, construisit « Vienne la Rouge ». Sans être à l’avant de la scène politique, il fut l’un des plus précieux conseillers de l’Hôtel de Ville.
En même temps, Speiser déployait son activité au sein des associations des Amis de l’Enfances et de l’Ecole laïque (les deux groupements avaient fusionné). Après la démission de Max Winter, il devint président du mouvement scolaire et éducatif social-démocrate. Du temps de ses premières activités politiques à Floridsdorf, il s’était étroitement lié à Seitz dont il fut toujours l’adjoint et le suppléant à la mairie de Vienne.
L’austro-fascisme l’envoya jusqu’à la fin de l’automne 1934 au camp de Wœllersdorf.
En dépit de son affection cardiaque, P. Speiser quitta l’hôpital en mai 1945 afin d’entreprendre, aux côtés de Renner, Kœrner et Schärf, alors que les combats étaient encore en cours, la reconstruction de la République et du mouvement ouvrier. L’immense travail qu’il accomplit de ce jour à sa mort aurait usé même les forces d’un homme jeune et en bonne santé. Dans un discours prononcé après l’échec de la conférence des ministres des Affaires étrangères à Moscou au printemps de 1947, Speiser prononça les paroles suivantes qui apparaissent comme un testament : « Nous, socialistes, croyons que sur la base de nos idées, de nos grands théoriciens, nous pouvons distinguer une plus longue partie du chemin qui mène à un monde meilleur et plus beau. Mais nous voulons également jeter les yeux sur la partie la plus proche du chemin et la façonner de telle manière qu’elle soit, elle aussi, belle et bonne pour les déshérités ». Il mourut à Vienne le 8 novembre 1947 alors qu’à huit heures du matin, il s’apprêtait à partir pour son travail quotidien.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197716, notice SPEISER Paul par Bruno Sokoll, version mise en ligne le 23 avril 2019, dernière modification le 10 avril 2019.

Par Bruno Sokoll

SOURCES : Werk und Widerhall. Grosse Gestalten des œsterreichischen Sozialismus L’Œuvre et son écho. Grandes personnalités du socialisme autrichien), édité par Norbert Leser, Vienne, 1964.

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