FOURQUET Marguerite, Émilie

Par Jacques Girault

Née le 6 avril 1902 à Azans (Jura), morte le 18 mai 1976 à Paris (XIVe arr.) ; professeur ; résistante à Sceaux (Seine/Hauts-de-Seine).

Fille d’un professeur au collège de Dôle (Jura), Marguerite Fourquet, bachelière (section des lettres en 1921), titulaire d’une licence ès lettres (allemand et anglais, 1925) et d’un diplôme d’études supérieures (1926) de la Faculté des Lettres de Besançon (Doubs), fut reçue en 1927 à l’agrégation d’Anglais. Elle avait été auparavant lectrice-assistante pendant deux années, d’abord en Écosse (1923-1924) à Dunbarton, puis au Bedford College à Londres (1925-1926). Professeur au lycée de garçons Victor Hugo de Besançon, puis détachée à l’école de filles de Cardiff (Grande-Bretagne) en 1931-1932, elle fut nommée en octobre 1932 au lycée de jeunes filles Jeanne d’Arc de Nancy (Meurthe-et-Moselle) où enseigna sa sœur cadette à partir de 1933. Toutes deux obtinrent leurs mutations dans le cadre parisien en 1936 pour le nouveau lycée de jeunes filles Marie Curie à Sceaux (Seine/Hauts-de-Seine).

Elle habitait à Fontenay-aux-Roses, puis à partir de 1948, à Bourg-la-Reine, communes voisines de Sceaux, avec sa sœur Madeleine, Alice, (23 août 1904 à Azans, 14 septembre 1990 à Antony dans les Hauts-de-Seine), agrégée de grammaire en 1931. Cette dernière enseignait surtout dans les classes de 6eme et de 5eme. Jugée « plus grammairienne que littéraire », elle pratiquait une pédagogie chaleureuse et austère selon les divers rapports.

Pendant la guerre, Marguerite Fourquet fut chargée de l’enseignement de l’action morale en classe de 6eme. Alors que le lycée était occupé par l’état-major de l’aviation allemande, elle hébergea des aviateurs alliés et participa à des émissions radiophoniques clandestines. Selon la directrice du lycée, elle « joua un rôle prépondérant au moment de la Libération ». Homologuée membre des Forces françaises combattantes, elle fut proposée pour la médaille de la Résistance. Parallèlement elle cherchait à « faire pénétrer dans notre vieux système pédagogique ce que les méthodes anglo-saxonnes ont de meilleur ». Mise à la disposition de la Mission militaire française pour les affaires allemandes et autrichiennes, elle fut détachée d’avril 1946 à septembre 1946 comme directrice de l’internat de jeunes filles et professeur d’anglais au lycée mixte Charles de Gaulle à Baden-Baden (Allemagne) dans la zone d’occupation française puis revint à Sceaux où elle adhérait au Syndicat national de l’enseignement secondaire. Membre du conseil intérieur du lycée, elle animait le club d’anglais, organisait les échanges interscolaires et s’occupait d’une colonie de vacances en été. Enseignante en 6eme nouvelle, introduisant l’auto-discipline, elle s’attendait à de bonnes réactions des élèves mais afficha sa déception quelques années plus tard.

Les deux sœurs, célibataires, prirent leurs retraites en 1966.

Madeleine Fourquet, active dans le SNES, à partir de l’année 1947-1948, dans la rubrique « vœux », indiquait « reclassement de la fonction enseignante ». Militante socialiste, elle figura comme candidate aux élections municipales de Bourg-la-Reine, le 26 avril 1953, en septième position, sur la liste « d’entente socialiste et démocratique de défense des intérêts communaux ». Elle obtint 632 voix.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197855, notice FOURQUET Marguerite, Émilie par Jacques Girault, version mise en ligne le 3 décembre 2017, dernière modification le 3 décembre 2017.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat , F17/28682 et 28683. — SHD, dossier GR 16P/23186. — Notes d’Alain Dalançon. — Sources orales.

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