MAZURE Robert, Paul, Marcel

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 14 décembre 1924 à Feuges (Aube), mort au combat le 2 août 1944 à Grancey-sur-Ource (Côte-d’Or) ; résistant de l’AS et du maquis Montcalm.

Robert Mazure était le fils de Paul et de Marie Sivry. Il était célibataire.
Après ses études primaires, il travailla avec son père à la ferme familiale.
En 1944, afin d’échapper au Service du Travail Obligatoire, il entra dans la résistance avec plusieurs amis de son âge, après le débarquement des alliés sur les côtes normandes le 6 juin 1944 pour rejoindre l’AS, armée secrète de l’Aube et le maquis Montcalm appelé ainsi du pseudonyme de son chef le lieutenant-colonel Émile Désiré Alagiraude, militaire d’active et officier de la Légion d’honneur, qui sera élevé au grade de commandeur en 1945. Le maquis était organisé militairement et comprenait au départ 200 résistants FFI sous la direction du commandant Bernet dit Marceau puis ses effectifs augmentèrent progressivement pour atteindre le 2 août 1944,1080 hommes bien armés, équipés, entraînés et répartis en 6 compagnies. Il devint un important maquis dont la superficie couvrait la moitié de celle du Vercors.
Le 2 août 1944 à 7 heures du matin, près de 5000 soldats allemands de la Feldkommandantur et de la Gestapo de Troyes commandés par le général Schramm et l’obersturmführer Wiegand passèrent à l’attaque et encerclèrent le maquis. Le commandant Montcalm prévenu la veille des préparatifs allemands avait organisé ses forces . Les maquisards vont résister à l’ennemi pendant un jour et une nuit. Le 3 août à 9h30 du matin, le PC donna l’ordre de décrochage. L’évacuation se fera dans l’ordre et à l’insu de l’ennemi. Le général Schramm réorganisa ses troupes pour contre attaquer à deux reprises le 3 dans la soirée et le 4 au matin, mais en vain car le maquis avait disparu. L’ennemi avait eu de nombreuses pertes et la bataille de Mussy-Grancey était une victoire pour l’armée secrète.
Le 2 août, Robert Mazure se trouvait certainement à la ferme Réveillon ainsi que Louis Neuts. Dès les premiers coups de feu et pour échapper à l’encerclement, ils descendirent par les bois vers Grancey afin d’y trouver à manger et à boire. Les allemands criaient aux maquisards de se rendre. Dès que les deux résistants apparurent à l’orée du bois, ils reçurent une décharge de mitrailleuse. On ne sait s’ils furent seulement blessés et achevés ensuite. Le corps de Robert Mazure fut retrouvé le 5 août 1944 au lieudit "Le Charmis", à Grancey-sur-Ource (Côte-d’Or), par un habitant de Grancey, René Panaud. Son identité n’ayant pu être établie il en fut fait le signalement suivant : « âge, vingt à vingt cinq ans, taille un mètre soixante dix huit, cheveux et sourcils blonds, rasé, vêtu d’un blouson à fermeture éclair bleu marine, chemise gris bleu, maillot de corps blanc avec poche rapportée contenant un porte-monnaie de moire noire, ceinture tressée en cuir, culotte de lainage noire à rayures blanches, chaussettes vertes, chaussé de souliers de fatigue cloutés ».
Son corps fut rapatrié et Il est inhumé dans le caveau familial du cimetière communal, à Feuges (Aube)
Il fut cité à l’ordre de l’armée et décoré de la Croix de guerre 1939-1945 à titre posthume.
Il fut homologué comme résistant des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).
Une croix marque l’emplacement de sa mort, à Grancey-sur-Ource.
Son nom figure sur la plaque commémorative du Musée de la Résistance, à Mussy-sur-Seine (Aube) et sur une stèle inaugurée le 11 novembre 2017, à l’entrée du cimetière à Feuges.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article197857, notice MAZURE Robert, Paul, Marcel par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 5 décembre 2017, dernière modification le 23 février 2018.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Article du journal Le Bien Public à l’occasion du 20e anniversaire de La bataille de Mussy-Grancey (2, 3, 4 août 1944).— Journal L’Est éclair du 12 novembre 2017.— Divers Sites Internet sur le maquis Montcalm et la bataille de Mussy-Grancey.— Mémorial Genweb.— État civil.

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