LÉHMANN Charles, Juste

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 10 février 1916 à Paris (VIe arr.), exécuté sommairement le 23 juin 1944 à Loyat (Morbihan) ; manœuvre ; homologué RIF.

Charles Léhmann était le fils de Charles Édouard Léhmann et de Germaine Louise Fischer. Il avait épousé Rosalie Rolland, ménagère, et le couple qui avait trois enfants était domicilié aux Corvées en Néant (Morbihan), où il exerçait la profession de manœuvre.

Le 22 juin 1944, dans la soirée, un détachement de soldats allemands fut attaqué à Trégadoret en Loyat (Morbihan). Au cours de l’accrochage, un camarade de Charles Léhmann, Claude Chollet, fut blessé et capturé. Interrogé, il finit par dénoncer sous la torture Charles Léhmann chez qui il était hébergé, comme étant celui qui avait tiré sur les soldats allemands.
Charles Léhmann fut arrêté le 23 juin 1944 vers 14 heures, sur la route de Campénéac, à proximité de Boissy en Néant en même temps que son épouse Rosalie, par un détachement d’une vingtaine de soldats allemands cantonnés à La Grée-Saint-Laurent (Morbihan). Tous les deux furent ramenés à leur domicile aux Corvées en Néant. Charles Léhman y fut confronté à Claude Chollet et fut torturé à son tour à coups de crosse et de barre de fer en présence de son épouse. Les soldats le conduisirent jusqu’à une prairie où ils déclarèrent qu’ils allaient le fusiller. Ils tirèrent en l’air et le ramenèrent à l’intérieur de la maison où ils continuèrent de le torturer. Vers 18 heures, les deux hommes furent ensuite trainés jusqu’à la sortie du village de Trégadoret en Loyat, où ils furent abattus. L’exécution eut lieu en présence de deux cultivateurs de Trégadoret, Jean Heuzel et Jean-Pierre Fagot. Charles Léhmann avait le visage tuméfié, Claude Chollet était blessé à l’épaule et avait une jambe cassée. Tous les deux furent abattus à bout portant par des rafales de mitraillettes et leurs corps furent laissés pendus à un pylône toute une journée avec une pancarte portant l’inscription « Terroristes ».
Charles Léhmann fut inhumé à Néant.
Il obtint la mention « Mort pour la France ».
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Un rapport du mouvement de Résistance « Front national » à la préfecture de Police de Paris daté du 8 janvier 1945 atteste de l’action résistante de Charles Léhmann.
Le 14 octobre 1944, un avis du directeur du contentieux de l’État civil et des recherches du ministère des Anciens combattants et victimes de guerre le déclare « victime civile ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article203096, notice LÉHMANN Charles, Juste par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 15 mai 2018, dernière modification le 16 avril 2019.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, GR16P 357 904. — Arch. Dép. Morbihan, 2 W 15 920, PV de la gendarmerie de Ploërmel daté du 4 octobre 1944 (témoignages de Rosalie Léhmann, de Jean Heuzel et de Jean-Pierre Fagot) ; certificat de Résistance. — Arch. Dép. Ille-et-Vilaine, rapport de la 13e Brigade régionale de Police judiciaire de Rennes du 21 avril 1949 (notes de Khristian Hamon). — État-civil, Loyat (acte de décès).

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