LE POGAM Jean, Michel

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 20 janvier 1921 à Quéven (Morbihan), tué au combat le 15 décembre 1944 à l’Île d’Houat (Morbihan) ; quartier-maître canonnier.

Jean Le Pogam était le fils de Jean Michel Le Pogam et d’Angélique Adélaïde Le Caignec, cultivateurs au Petit Kergreun en Quéven. Célibataire, il exerçait la profession de quartier-maître.

Au mois d’août 1944, le Morbihan fut libéré par les troupes américaines et les Forces françaises de l’intérieur (FFI), à l’exception de la Poche de Lorient qui a été tenue par les Allemands jusqu’au 7 mai 1945. Le quartier-maître Jean Le Pogam fut affecté sur l’Abel-Alain, un patrouilleur basé dans le port de La Trinité-sur-Mer (Morbihan) libéré, mais tout proche de la Poche de Lorient. Ce patrouilleur, commandé par le lieutenant de vaisseau Louis Pauchard, assurait deux fois par semaine le ravitaillement des îles de Houat et de Houëdic que les Allemands avaient abandonnées pour se retirer à Quiberon et sur Belle-Île. Fin novembre 1944, les alliés américains avaient installé un poste d’observation dans un fortin situé à la pointe de Houat aux Béniguets, qu’il fallait aussi ravitailler.
Le 14 décembre 1944, l’Abel Alain et un autre patrouilleur le Semeur reçurent pour mission de débarquer à Houat et à Hoëdic deux détachements de marins pour y assurer une présence militaire française. Après avoir débarqué marins et armes lourdes à Hoëdic, les deux patrouilleurs débarquèrent le deuxième détachement à Houat, mais en raison de l’état de la mer et de la marée, le déchargement des armes lourdes fut reporté au lendemain. Au matin du 15 décembre 1944, entre 8 heures et 8 heures 30, quatre chasseurs baleiniers allemands escortés par quatre vedettes rapides, venus de Port-Haliguen, débarquèrent quatre-vingt soldats sur l’île d’Houat. Submergés, les marins français furent capturés ainsi que les trois soldats américains en poste aux Béniguets. Lorsque l’Abel Alain se présenta devant le port de l’île d’Houat, il fut pris sous le feu des Allemands, sa passerelle fut détruite, il devint ingouvernable et alla s’échouer sous une falaise. Le lieutenant Louis Pauchard fut tué d’une balle en plein cœur. Mortellement blessé, Jean Le Pogam fut transporté à l’Hôpital de Vannes.
Son acte de décès dressé le 18 décembre 1944 en mairie de Vannes qui le déclarait « décédé par balles blessures de guerre » à l’hôpital de Vannes, a été annulé par une ordonnance du tribunal civil de Vannes datée du 19 février 1945, transcrite en mairie de Vannes le 12 mars 1945, qui le déclare « tué à l’Île d’Houat le 15 décembre 1944 ».

Dans le Morbihan, les noms de Jean Le Pogam et de Louis Pauchard sont inscrits sur la stèle érigée en leur mémoire sur l’île de Houat. À Quéven, Jean Le Pogam figure sur la plaque « 1939-1945 - Victimes militaires ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article203176, notice LE POGAM Jean, Michel par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 18 mai 2018, dernière modification le 15 mai 2019.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson


SOURCE : Souvenir français de Quiberon ">Sur l’île d’Houat
Sur l’île d’Houat
« À la mémoire du lieutenant de vaisseau Louis Pauchard (1906-1944) et du quartier-maître Jean Le Pogam morts pour la France devant l’îled’Houat à bord de l’"Abel-Alain " le 15 décembre 1944 »

SOURCE : Souvenir français de Quiberon
Sur le monument aux morts de Quéven
Sur le monument aux morts de Quéven
SOURCE : Photos Husson

SOURCES : SHD, Vincennes, CC8 62 G 8266. — Roger Leroux, Le Morbihan en guerre 1939-1945, Joseph Floch imprimeur éditeur à Mayenne, 1978. — Site du Souvenir français de Quiberon (photos). — Mémorial GenWeb. — État civil, Quéven (acte de naissance) ; Vannes (acte de décès).

Version imprimable Signaler un complément