PAGES Victor, Louis

Par Yves Gauzentes

Né le 12 mars 1917 à Oran (Algérie), mort en action le 11 juin 1944 au lieu-dit Reculfort, commune de La Folatière (Isère) ; gendarme de la brigade de La Tour du Pin (Isère) ; résistant.

Le 11 juin 1944 à 5h30, les militaires de la brigade de gendarmerie de La Tour du Pin (Isère), sous les ordres de l’Adjudant Lucien Combet, quittèrent l’unité à bord d’un fourgon pour rejoindre une formation des FFI à laquelle ils allaient apporter leur expérience. Ils devaient s’installer dans une grange à La Folatière à côté de Le Pont-de-Beauvoisin (Isère). A 7h00, alors qu’ils étaient occupés à aménager le cantonnement, des hommes de la feldgendarmerie de Bourgoin (Isère) firent irruption dans la bâtisse et ouvrirent immédiatement le feu avec des armes automatiques, tuant neuf hommes, dont sept gendarmes, l’adjudant Combet, le maréchal des logis-chef René Arnaud, les gendarmes Maurice Bernard, Marcel Castex, André Defaix, Jean Gojon, Victor Pages et deux civils, Marcel Carré-Pierrat et Jean-Louis Salavin, qui se trouvaient sur place.
Les gendarmes Chaboud, Fournier et Genevey furent indemnes. Le gendarme Louis Bon, bien que blessé à un bras, put se soustraire aux recherches.

Les gendarmes avaient été manifestement trahis car les Allemands furent alertés en temps réel du départ des militaires. A La Folatière, ils se rendirent directement vers la ferme isolée dans les bois. Cyniquement, les tueurs passèrent à la brigade de La Tour du Pin où ils demandèrent des nouvelles de ceux qu’ils venaient de tuer aux épouses qui ignoraient tout des faits. Les gendarmes présents Baures, Constant, Marteau (Brigade de Virieu-sur-Bourbre, Isère) et Sarda, Marchi et Balfin (brigade de Bourgoin, Isère) sont arrêtés et conduits à la prison du fort Montluc à Lyon (Rhône).
Le 13 juin 1944, malgré la réticence des certains fonctionnaires collaborateurs et l’interdiction d’avis de décès dans la presse, de très nombreux habitants assistèrent aux obsèques.
Il obtint la mention Mort pour la France et fut homologué FFI-DIR. Une rue de Pierrelatte porte son nom.
Les noms des victimes de ce massacre sont inscrits sur un Monument commémoratif (Résistance - Martyrs du 11 juin 1944) érigé sur la commune du Pont de Beauvoisin.
Les noms des gendarmes sont inscrits à Morestel (Isère) sur la stèle commémorative de la 8e Légion avec cette inscription : "A la mémoire des Gendarmes de la 8e Légion ter lâchement assassinés par les Allemands et la milice".


Voir La Folatière (11 juin 1944)

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article204227, notice PAGES Victor, Louis par Yves Gauzentes, version mise en ligne le 10 juin 2018, dernière modification le 17 juin 2018.

Par Yves Gauzentes

SOURCES : SHD-AVCC Caen, AC 21 P 125062 (à consulter). — SHD-Vincennes, GR 16 P 454412 (à consulter). — Patrick Martin, La Résistance dans le département de la Drôme, 1940-1944, thèse Université Paris IV Sorbonne, 2001, base de données noms. Pierrelatte, pages d’histoire page 101. — Joseph La Picirella, Témoignages sur le Vercors, 14e édition, 1991, p. 203. Archives remises à l’AERD par le fils d’André Vincent-Baume, puis déposées aux Arch. Dép. Drôme. — Monument aux morts Pierrelatte. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes.

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