FREDOUILLE Pierre, Jacques (pseudonyme « Pierrot »)

Par Joël Drogland

Né le 6 décembre 1925 à Mézilles (Yonne), mort au cours d’un combat le 27 août 1944 à Lusigny-sur-Barse (Aube) ; cultivateur, bûcheron ; maquisard FTP.

Pierre Fredouille
Pierre Fredouille

Agé de 18 ans, Pierre Fredouille habitait chez ses parents à La Tuilerie, commune de Sormery (Yonne), village de la forêt d’Othe proche du département de l’Aube. Fils de Désiré Jules Fredouille, receveur-buraliste à Sormery et de Marie Ragot, son épouse, sans profession, il était célibataire.

Pierre Fredouille s’engagea dans les FTP en septembre 1943. Début juin 1944, la direction auboise des FTP décida d’implanter un maquis dans la forêt d’Othe, sur le territoire du département de l’Yonne, à la limite de l’Aube. Le site choisi était constitué par un important massif forestier implanté dans les bois de Sévy, désigné communément sous l’appellation de Suy-la-Grande-Jarronnée, au nord-est d’Arces. Composé en grande partie de membres champenois, le groupement fut placé sous le commandement de Gaston Gagnière*, militant communiste aubois. Gagnière fut promu Commissaire aux opérations régionales au sein de l’état-major aubois des FTP au printemps 1944. Pierre Fredouille entra au maquis de Suy. Gagnière le nomma chef de groupe avec le grade de sergent, le 6 juin 1944.

Mi-juin 1944, craignant une offensive générale des Allemands, l’état-major FTP ordonna au maquis de Suy de préparer son départ pour rallier un important rassemblement en voie de constitution à Saint-Mards-en-Othe, dans l’Aube. Cent quatre-vingt maquisards, dont Pierre Fredouille, quittèrent les bois de Sévy dans l’après-midi du 19 juin 1944. Une colonne à pied, sous la direction de Gagnière, prit la direction de Saint-Mards-en-Othe, distant d’une quinzaine de kilomètres, accompagnée de quelques véhicules, camions et voitures. En fin d’après-midi, le transfert s’acheva sans que les forces allemandes ne soient intervenues. Mais le lendemain, 20 juin 1944, le maquis de Saint-Mards-en-Othe fut attaqué. Le bilan fut terrible : vingt-sept maquisards tués, dont plusieurs étaient venus du maquis de Suy. Pierre Fredouille participa au combat. Il semble ensuite avoir suivi Gagnière et intégré un temps le maquis de Pont-sur-Verrières (Aube).

Le 27 août 1944, Pierre Fredouille se trouvait dans une traction-avant en compagnie de Gaston Gagnière, Robert Cordier et Sauveur Pochelu. Au lieu-dit Le Châtelot, commune de Lusigny-sur-Barse, ils tombèrent dans une embuscade tendue par les troupes allemandes sur la route nationale menant de Troyes à Brienne-le-Château. Tous furent tués (blessés et semble-t-il achevés par les Allemands). À noter que sur certains documents de son dossier conservés au SHD de Vincennes, on trouve le 28 et même le 29 août comme date de sa mort, tandis que le lieu de sa mort est parfois Chauffour-lès-Bailly ou Montreuil-sur-Barse.

Pierre Fredouille fit l’objet d’une citation à l’ordre de la division, à titre posthume, le 4 janvier 1947 : « Soldat d’un courage exemplaire. A fait preuve d’un grand sang-froid à l’attaque du maquis de Saint-Mards-en-Othe. A pris part à de nombreuses attaques contre l’ennemi et est mort en service commandé à la Libération du territoire. » Son nom figure sur une stèle érigée sur le site du drame. Il figure aussi sur le monument aux morts de Lusigny-sur-Barse, sur celui de Montreuil-sur-Barse, et sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article205049, notice FREDOUILLE Pierre, Jacques (pseudonyme « Pierrot ») par Joël Drogland, version mise en ligne le 11 juillet 2018, dernière modification le 11 juillet 2018.

Par Joël Drogland

Pierre Fredouille
Pierre Fredouille
Stèle de Lusigny-sur-Barse
Stèle de Lusigny-sur-Barse

SOURCES : SHD, Vincennes GR 16P 234387. — Touffu Sébastien, Le maquis de Saint-Mards-en-Othe, mémoire de maîtrise, Université de Bourgogne, 1996.— Touffu Sébastien, Étude des structures des principaux mouvements de la Résistance auboise, mémoire de DEA, Université de Bourgogne, 1997.

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