JARDEL Éloi

Par Dominique Tantin

Né le 1er décembre 1905 à Nadaillac (Dordogne), massacré le 31 mars 1944 à Nadaillac ; cultivateur ; victime civile.

Du 26 mars au 2 avril 1944, la division Brehmer, ou division B de l’initiale du patronyme de son chef, le général Brehmer, accompagnée par des éléments de la Sipo-SD et de la Brigade nord-africaine et bénéficiant de renseignements collectés par des délateurs, collaborationnistes ou non, et par l’administration de Vichy, traversa le département de la Dordogne, traquant les maquisards et massacrant des civils en représailles dans le cadre d’opérations de répression, mais aussi en conduisant une politique génocidaire à l’encontre des nombreux Juifs réfugiés dans le département ; les hommes furent abattus parce que juifs et, à plusieurs reprises, les femmes et les enfants furent arrêtés, transférés à Drancy puis déportés vers les centres de mise à mort, Auschwitz-Birkenau principalement.
L’intervention des soldats de la division Brehmer à Nadaillac se déroula sur deux jours.
Le 30 mars 1944, ils tentèrent d’anéantir le groupe de maquisards « Maurice Dujarric » de l’Armée secrète (AS) installé depuis une dizaine de jours dans un hameau de la forêt de la Salamonie. Les maquisards parvinrent à s’échapper vers Coly. Les Allemands pillèrent et incendièrent le hameau de La Forêt. Ils arrêtèrent André Delbos avec ses fils Yvon Jean et Laurent ainsi que Paul Cerou, un autre habitant de Nadaillac. Les captifs, accusés d’aider la résistance, furent transférés à Condat-sur-Vézère où ils furent exécutés le lendemain avec Georges Émile Haupinot, arrêté au Lardin Saint-Lazare, et René Veyssière à Jayac. Laurent Delbos fut épargné.
Le 31 mars, en début de matinée, les Allemands revinrent à Nadaillac, au hameau de la Forêt. Deux hommes absents la veille, Joseph Pécouyoul et Éloi Jardel, ainsi que la mère de ce dernier, âgée de 85 ans, qui s’était réfugiée dans les bois où elle avait passé la nuit, s’apprêtaient à déjeuner. Les hommes furent emmenés et massacrés vers 12h30 dans le bois de la Raymondie. Sans doute étaient-ils aussi soupçonnés d’avoir aidé le maquis. Il s’agit, à l’évidence, d’une répression ciblée sur la base d’informations collectées par des collaborateurs.
Leurs noms sont inscrits sur le monument aux Morts de Nadaillac.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article205681, notice JARDEL Éloi par Dominique Tantin, version mise en ligne le 10 août 2018, dernière modification le 10 août 2018.

Par Dominique Tantin

SOURCES : Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 226, 404. — Paul Mons, La folie meurtrière de la division Brehmer, mars-avril 1944, Dordogne-Corrèze, Haute-Vienne, Brive-la-Gaillarde, Éditions Les Monédières, 2016, p. 116. — MémorialGenWeb.

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