DECOUDU Jacques, Laurent

Par Michel Thébault

Né le 20 mai 1923 à Antheuil-Portes (Oise), exécuté sommairement le 9 juin 1944 à Janaillat (Creuse) ; résistant FTPF.

Jacques Decoudu
Jacques Decoudu

Jacques Decoudu était le fils d’Aristide Decoudu et de Marie, Louise, Valentine, Eugénie Thomas. Vraisemblablement pour échapper au STO, il se réfugia en Creuse dans le secteur de Bourganeuf et s’y engagea dans la résistance. Il rejoignit à une date à préciser un maquis FTPF de la Creuse, la 2103ème compagnie. Cette compagnie appelée aussi La Royère, du nom du lieu-dit sur la commune de Sardent (Creuse) où elle s’était installée à l’automne 1943, prit plus tard le nom de compagnie Brunet du nom de Gabriel Brunet, un jeune maquisard communiste, exécuté sommairement par les Allemands le 7 septembre 1943 sur la commune voisine de Maisonnisses. Le 7 juin 1944, le lieutenant-colonel « François » (Albert Fossey), chef départemental des FFI de la Creuse et du Cher dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. Guéret fut ainsi la première préfecture métropolitaine libérée de France. Il concentra pour cette opération plusieurs maquis creusois. Et parmi elles la 2103ème compagnie FTP qui arriva à Guéret à l’aube du 7 juin 1944. Elle fut engagée dès le début de l’action, contre l’un des points de résistance allemand, l’hôtel Saint-François, place Bonnyaud, siège de la Kommandantur. Jacques Decoudu participa sans nul doute à cette première libération de la ville.
Le 9 juin 1944, une opération allemande massive fut organisée pour reprendre Guéret, avec l’assaut en provenance de Montluçon de troupes de la Wehrmacht appuyée par l’aviation. Au sud des éléments blindés et motorisés de la division Das Reich furent chargées de contrôler les routes et d’empêcher le repli des résistants. Au vu de la disproportion des forces, les chefs de la Résistance ordonnèrent le repli et la dispersion de leurs forces. Un retard des forces de la division Das Reich, permit à la majorité des groupes de résistants d’échapper à la prise en tenaille. Mais en tout début d’après-midi, vers 14 h 30, sur la route de Guéret, au lieu-dit Combeauvert (à la limite des communes de Thauron et de Janaillat, Creuse), l’unité SS de la division Das Reich qui remontait vers le nord pour boucler l’encerclement de Guéret, se trouva face à plusieurs camions de résistants. Le premier, conduit par deux FFI du Cher, transportait les militaires allemands faits prisonniers le 7 juin à Guéret. Il était suivi d’un véhicule armé transportant (avec quelques résistants d’autres groupes) des FTP (en particulier de la 2103ème compagnie) se repliant vers leur base de Royère et dans lequel se trouvait Jacques Decoudu. Après un bref mais violent combat qui dura une vingtaine de minutes et qui fit plusieurs morts, les blessés et prisonniers dont Jacques Decoudu furent rassemblés au carrefour de Combeauvert contre un talus et exécutés sommairement. Non identifié dans un premier temps, son état civil fut établi en 1945 par un jugement du tribunal de Bourganeuf (acte n° 18 du registre de Janaillat).
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune d’Antheuil-Portes. Il est également inscrit sur le monument dressé à Combeauvert en 1947 à l’initiative du maire de Janaillat, Prosper Coucaud. Il figure enfin sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article205682, notice DECOUDU Jacques, Laurent par Michel Thébault, version mise en ligne le 10 août 2018, dernière modification le 10 août 2018.

Par Michel Thébault

Jacques Decoudu
Jacques Decoudu

SOURCES : René Castille in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Le Puy Fraud Ed.2012 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémoire des Hommes — mémorial genweb — État civil, mairie de Janaillat.

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