DELAMOTTE Ernest, Adolphe

Par Frédéric Stévenot

Né le 16 mai 1894 à Liesse (Aisne), mort en déportation le 29 mars 1945 à Mauthausen (All.) ; domestique de ferme, sous-chef de gare ; résistant FTPF.

Fils de Paul Alfred Arthur Delamotte, manouvrier âgé de vingt-six ans, et de son épouse Adèle Marie Lamotte, manouvrière âgée de vingt-six ans, domiciliés à Liesse, Ernest Delamotte se maria avec Julia Dromain à Montcornet (Aisne), le 2 octobre 1920. Le couple a deux fils et une fille : Sylvaine, Marcel et Christian Delamotte.

Au moment de son incorporation, Ernest Delamotte demeurait comme ses parents à Verneuil-sur-Serre (Aisne), où il était domestique de ferme. Il arriva au 12e régiment de chasseurs à cheval le 11 septembre 1914, et versé immédiatement au 50e régiment d’infanterie. Le 5 janvier 1915, il fut affecté au 108e régiment d’infanterie, puis au 84e régiment d’infanterie le 31 mars 1915. Ernest Delamotte fut envoyé en Orient avec le 74e régiment d’infanterie, le 22 septembre 1918, avant de rejoindre le 39e régiment d’infanterie. Le 26 septembre 1918, on l’envoya au 8e escadron du train, puis à la 8e section de commis et ouvriers d’administration (COA), le 13 janvier 1919.
Il fit l’objet d’une citation (n° 793) à l’ordre du 39e régiment d’infanterie : « le soldat Delamotte Ernest, matr. 18676, d ela 2e compagnie, grenadier consciencieux et dévoué, a fait preuve de courage et d’entrain aux attaques de juin et août 1918, ainsi que pendant son séjour à Salonique aux armées le 20 janvier 1919 [suite masquée par un papier collé] ».

Ernest Delamotte fut alors démobilisé le 18 septembre suivant, déclarant se retirer à Verneuil.

Marié, il déménagea à Rozoy-sur-Serre le 21 juin 1927, puis à Amiens, au 115 rue Dubois, à partir du 22 avril 1930.

D’après Daniel Pilon et Catherine Roussel (AERI 80), « Ernest Delamotte [...] est employé de gare à Laon avant d’être nommé sous-chef de gare à Villers-Bretonneux en 1931. Sa fonction lui permet de connaître les horaires, la composition, la destination de chaque train. Étant responsable du bon fonctionnement du trafic imposé par l’occupant, il enregistre toutes les consignes de service. Mais il reçoit aussi d’autres appels téléphoniques, non officiels, d’agents SNCF des postes d’aiguillage de Longueau et de Blangy : ces informations ne sont jamais écrites, elles sont transmises de bouche à oreille.
Membre de la 1ère compagnie FTPF depuis 1943, Ernest contribue ainsi au passage clandestin de requis, de résistants et pour certains, à leur hébergement. Il fournit des indications pour des sabotages de voies ferrées.
Sur dénonciation, il est arrêté, à Villers-Bretonneux, le 8 mai 1944 en même temps que Julia Delamotte, Christian Delamotte, Sylvaine Delamotte et Eugénie Tirache. Emprisonné à la citadelle d’Amiens, il est transféré le 17 mai 1944 vers Royallieu. Le 4 juin 1944, il est déporté à Neuengamme puis le 4 juillet 1944 à Mauthausen où il décède le 29 mars 1945 ».

Ernest Delamotte (matr. 34200) fut déporté par le convoi (I.223) parti de Compiègne le 4 juin 1944, à destination de Neuengamme (All.), en même temps que son fils Christian. Ils furent cependant séparés : Christian Delamotte fut affecté au kommando de Hannover-Misburg. Situé à l’est de la ville et ouvert en juin 1944, il était au service des entreprises de raffinerie Deurag. Près de 600 détenus réalisèrent des travaux de déblaiement et de construction. Ernest Delamotte fut dirigé vers le camp de Sachsenhausen puis de Mauthausen, où il mourut le 29 mars 1945.

Considéré comme faisant partie de la Résistance intérieure française à partir du 8 mai 1944, Ernest Delamotte fut homologué RIF et DIR (GR 16 P 167667). Il obtint la médaille de la Résistance et la médaille militaire par décret du 31 déc. 1959 (JO du 7 janvier 1960), comportant l’attribution de la croix de guerre avec palme.
L’arrêté du secrétaire d’État aux Anciens Combattants, en date du 28 janvier 1988, autorise l’apposition de la mention « Mort en déportation » sur ses actes de décès (JO du 10 mars 1988, p. 3201).

Son nom figure sur les monuments commémoratifs de Villers-Bretonneux, comme ceux de Julia Dromain et Marcel Delamotte.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article205688, notice DELAMOTTE Ernest, Adolphe par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 10 août 2018, dernière modification le 13 août 2018.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES. SHD, dossiers adm. résistants. Liste des médaillés de la Résistance à titre posthume (ap. 1948). Arch. dép. Aisne, 1R2/214 (matr. 859). — DVD-Rom, La Résistance dans la Somme, Fondation pour la Résistance-AERI 80, 2018. — Sites Internet : Morts dans les camps ; Mémorial GenWeb ;FDM. — État civil de Liesse, 5Mi1753 (acte n° 23).

ICONOGRAPHIE : AERI 80

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