ROBERTON Raymond, Stéphane

Par Michelle Destour

Né le 14 janvier 1925 à Saint-Symphorien-en Laye (Loire). Victime civile exécuté sommairement par des soldats de la Wehrmacht le 18 août 1944 à Neaux (Loire). Cultivateur.

Fils de Roberton Pierre et de Brunet Françoise. Domicilié à la Pinée sur la commune de Saint-Symphorien-Laye. Sa famille s’est signalée dans la Résistance en hébergeant des parachutistes de commandos anglais et américains.

Le 18 août 1944, un convoi de cadres et de matériel de France-Rayonne et Rhein-Métall devait quitter Roanne (Loire) pour Lyon (Rhône) par la Nationale 7. Informés, des résistants de l’Armée Secrète étaient postés en embuscade à la hauteur du village de Neaux *(Loire) où son passage était prévu. A 9 heures, tandis que le convoi n’était toujours pas en vue, une colonne de la Wehrmacht, de 160 hommes dans des camions et des automitrailleuses, se présenta de manière inopinée dans l’autre sens. L’ordre de repli fut donné à la voix par Jean Boyer mais un coup de feu partit dans les rangs des maquisards.

En tête de la colonne, le motard fut abattu. Un camion allemand prit feu sous les tirs de fusils mitrailleurs et la riposte fut immédiate. Un combat, très inégal, s’engagea laissant sur le terrain une dizaine de soldats ennemis et 15 résistants : ceux de Saint-Georges-de-Baroilles comptèrent douze tués, ceux de Saint-Germain-Laval deux dont leur chef Jean Boyer. Les autres maquisards réussirent à s’échapper, poursuivis jusque dans les bois, souvent secourus par les gens du pays ou des maquis voisins. A proximité du combat, une ferme fut prise par des tirs de DCA, livrée au pillage et incendiée par un groupe de soldats qui exécutèrent Édouard Martinet, son propriétaire. A 10 heures, le silence se fit sur Neaux et le convoi de la Wehrmacht reprit sa route vers Roanne. Les maquisards, malgré la tension extrême et les pertes qu’ils venaient de subir, se regroupèrent dans la même journée.

La garnison allemande de Roanne, avisée de l’accrochage, dépêcha des autos mitrailleuses et des fantassins sur la RN 7. A la Vive, trois jeunes cyclistes qui suivaient un camion, furent pris pour des résistants et interceptés par une patrouille allemande. L’un d’eux, Raymond Roberton, d’abord touché par les tirs, fut achevé à la mitraillette sur le bord de la route ; les deux autres André Vacheron et Tony David qui s’enfuyaient furent abattus et leurs cadavres détroussés.

La mention Mort pour la France est portée en marge de l’acte de décès de Raymond Roberton. Son nom figure sur le Monument de la Résistance à Neaux, sur le Monument aux Morts de Saint-Symphorien-en-Laye, sur la stèle au bord de la nationale 7 commémorant les victimes civiles « Assassinés par les hordes teutonnes.  ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article206567, notice ROBERTON Raymond, Stéphane par Michelle Destour, version mise en ligne le 17 septembre 2018, dernière modification le 17 septembre 2018.

Par Michelle Destour

SOURCES : Arch.Dép.. Rhône Mémorial de l’Oppression, 3808W742. — Arch. Dép. Loire : René Gentgen, Combats livrés par l’Armée Secrète de la Loire en 1944, 11 J 436. – Joseph Vignon, Le combat de Neaux, 18 août 1944, supplément au Résistant de la Loire N°73. --- Témoignage Thérèse Pin in Le petit novalien, N° 12 de janvier 2014. – Site Mémoire des Hommes. — État civil de Neaux.

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