Née le 9 février 1918 à Mulazzo (Italie), morte le 20 juillet 2017 à Saint-Laurent (Jura) ; employée de l’immobilier ; responsable du MLP, puis militante du PSU à Paris (XIIIe arr.).

Nelly Cru dans les années 2000
Communiqué par sa famille
Fille d’un maçon communiste italien et d’une mère "intelligente mais illettrée", Oneglia Gavarini dite Nelly Gavarini était l’aînée de cinq enfants. La mère mourut jeune, vers 1924. C’est un père aimé et admiré qui l’éleva. Gilberto Gavarini, maçon puis chef de chantier, il fut militant communiste du PCI (Parti communiste italien) dès 1922 en Toscane. Il a quitté l’Italie vers 1924, prévenu que la police allait l’arrêter. En France, Il fut ensuite militant du PC.
Il avait respecté les sentiments religieux de sa femme et avait donné une éducation religieuse à ses enfants.
Titulaire du CEP avec mention, Oneglia Gavarini travailla de douze à quinze ans chez un tailleur pour homme puis comme bonne chargée des enfants dans une famille catholique de commerçants de Saint-Étienne, les Grenier. Elle y resta neuf ans, entretenant avec eux de très bonnes relations. On la laissa libre d’organiser une sorte de "syndicat des petites bonnes" et de militer à la JOCF à dix-sept ans. Chargée de la résidence secondaire familiale à Saint-Genest-Malifaux. Cette jeune fille étonnement entreprenante bouscula le clergé local pour qu’il la laissent mettre en place un groupe de la JAC, ce qu’elle fit avec succès.
À la fin de la guerre, elle fit la connaissance d’un ancien militant de la JOC, membre du Mouvement populaire des familles (MPF), Jacques Cru, veuf et père de deux enfants. Elle se maria avec lui adoptant les deux enfants et en ayant quatre nouveaux (trois survivront) nés en 1945 à Saint-Étienne puis en 1946, 1947, 1950 à Paris. Fin 1945 le couple avait en effet gagné Paris XIIIe arr. ou Jacques Cru était demandé comme journaliste de la presse chrétienne de gauche. Ils vécurent, rue du Moulinet, dans un immeuble appartenant au Mouvement de libération du peuple (MLP), entourés de voisins militants.
Engagé politiquement au MLP dont elle devint une dirigeante nationale, Nelly Cru avait perdu la foi au début des années cinquante. Présidente de l’Association familiale ouvrière du XIIIe arrondissement en 1958, Nelly Cru, militante de l’UGS, fut candidate suppléante d’ Yvan Craipeau aux élections législatives de novembre 1958 dans la 14e circonscription de la Seine, puis présente sur la liste UFD aux élections municipales de mars 1959 à Paris.
Membre du bureau fédéral de la Seine de l’UGS en mai 1959, elle militait à la 13e section de la Seine. Elle adhéra au PSU à sa fondation et en était toujours membre lors de sa dissolution en 1990, date à laquelle elle suivit la majorité dans la création de l’AREV (Alternative Rouge Et Verte). Elle est encore en 2014 membre des Alternatifs, parti/mouvement qui lui a succédé. Au PSU, elle avait milité avec le sociologue Yves Goussault
Vers 1955, elle avait pris une activité professionnelle dans l’immobilier ayant un lien avec sa défense du logement ouvrier, vers 1955. Elle y travailla jusqu’à sa retraite.
Nelly Cru militait au Mouvement de la paix, au Cartel d’action laïque et dans les mouvements d’association familiale. Elle était administratrice de la Caisse des écoles.
Forte personnalité, ouverte, accueillante, militante intense à quatre-vingt seize ans d’associations comme ATTAC, France-Palestine, Le Mouvement de la Paix, Survie (Afrique),d’associations de quartier comme »les violons de la baleine blanche » elle habite encore dans le XIIIe arr. son appartement de la rue du Moulinet.
Morte le 20 juillet 2017 à Saint-Laurent (Jura), ses obsèques eurent lieu le 25 juillet à Lons-le-Saulnier (Jura).

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/564. — Les élections législatives 1958, La documentation française. — Supplément au n° 7 du Courrier de l’UGS. — Profession de foi pour les élections législatives de 1958. — Fichiers adhérents de l’UGS et du PSU. — Renseignements communiqués par sa famille et par elle-même à condition de souligner la modestie de ses responsabilités. — Entretien le 24 septembre 2010.

Gilles Morin, Claude Pennetier

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