DAYAN Paulette [née MITTENE Paulette]

Par Claude Pennetier

Née le 24 avril 1934 à Appoigny (Yonne) ; employée des PTT ; secrétaire de la Fédération CGT des PTT.

Paulette Mittene était fille d’un paysan ruiné par la Première Guerre mondiale et blessé au combat. Il avait bénéficié d’un emploi réservé d’ouvrier d’État au camp de Chemilly (Yonne). La mère était sans profession. Le foyer comptait six enfants vivants (huit en tout) ; elle était la dernière. Paulette Mittene fut élevée à Kuincerot près de Tanlay. Sa famille lui fit donner une éducation religieuse jusqu’à la communion et suivre, comme interne, les cours de l’École supérieure de jeunes filles de Joigny. Reçue à un concours des PTT en mars 1953 elle abandonna, à regret, les études.

Elle fut nommée téléphoniste à Paris, à Inter-Poissonnière en mars 1953. Elle n’avait pas d’idées politiques précises. Certes sa mère manifestait de la sympathie pour les communistes qui avaient aidé un de ses fils à échapper au STO, mais son père était plutôt de droite. Ce sont les conditions d’exercice de sa profession qui la révoltèrent. Elle trouva le travail « moche » et ne supporta pas la discipline stricte qui régnait, en particulier l’impossibilité d’interrompre l’appel des usagers qui se montraient insultants. Cinq mois après son arrivée, la grande grève d’août 1953 éclata. Elle y participa avec enthousiasme et sa colère fut renforcée lorsque deux gendarmes vinrent chez sa sœur, qui la logeait, porter un ordre de réquisition. Elle se syndiqua à la CGT le 15 août 1953 en signant son engagement sur une nappe de restaurant en papier. En fait, elle n’avait pas envie de reprendre le travail et se demandait si elle avait fait des études jusqu’en seconde pour être attachée à son pupitre. Ce furent les « filles » qui vinrent la chercher pour être déléguée alors qu’elle n’était même pas titulaire. Militante active dès 1954, membre du Parti communiste à partir de novembre 1955, elle fut co-responsable du syndicat et entra en 1957 à la commission exécutive de la fédération et à son bureau.

Elle travailla en 1957-1958 à la poste de Paris 72 (XIVe arr.). Mutée d’office à la Caisse d’épargne en 1959-1961, elle y dirigea la section communiste, son seul moment d’investissement politique, puis elle fut à nouveau mutée d’office à Paris VIIe arr. Mais Madeleine Colin* et Madeleine Vigne* la sollicitèrent en 1962 pour entrer comme détachée permanente au secrétariat de la Fédération des PTT, le projet étant de faire monter une jeune mère de famille, profil privilégié pour la syndicalisation. Elle eut en charge les téléphonistes, les services financiers et les femmes. Elle resta permanente d’octobre 1962 à 1994, en étant de 1981 à 1991 secrétaire de la fédération en charge du secteur social.

Paulette Dayan joua un rôle important à la CGT sur la question des femmes. Elle siégea à la commission administrative de la CGT de 1963 à 1967 et à la commission exécutive de 1969 à 1972. Elle participait à la commission féminine. De 1971 à 1989, elle fut administratrice de la Caisse nationale d’allocation familiale.

Elle s’était mariée avec un militant communiste, Élie Dayan, ouvrier métallurgiste à la SNECMA puis chez Panhard, né en 1927, permanent pendant cinq ans, puis ouvrier à Renault-Billancourt. Il fut victime d’un plan social en 1984. Le couple eut deux enfants, un garçon en 1960 et une fille en 1962.

Retraitée en 1995, Paulette Dayan cessa de militer.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21630, notice DAYAN Paulette [née MITTENE Paulette] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 8 mars 2017.

Par Claude Pennetier

SOURCES : Notes de Slava Liszek. — Congrès de la fédération des PTT. — Élie Dayan, Tribulations d’un militant en usine, EMV, 1998. — Entretien téléphonique, 12 avril 2008.

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