MAZALEYRAT Jean

Par Gilbert Beaubatie

Né en 1921 au Lonzac (Corrèze), mort à Tulle (Corrèze) en 2009 ; élève-pilote, membre de la Royal Air-Force.

Issu d’une famille profondément marquée par le souvenir de la Grande Guerre, il apprit l’allemand au lycée Edmond-Perrier à Tulle. Deux voyages outre-Rhin, en 1937 et en 1938, lui révélèrent l’enrégimentement de la jeunesse et la militarisation de l’économie. Le 3 septembre 1939, ayant devancé l’appel, il devint élève pilote à Dijon (Côte-d’Or), où il prit connaissance de la déroute de l’armée française et de la demande d’armistice, qu’il refusa. Avec quelques camarades, il se rendit à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) où se trouvait une école de l’air. De là, après moult péripéties, il réussit à survoler la Méditerranée avant d’atterrir sur un terrain d’aviation.
Après avoir subi une formation dans une école de pilotage à Fèz (Maroc), il participa à différentes opérations destinées à « frapper » l’Afrika Korps, alors en retraite suite à sa défaite d’El Alamein.
A Alger, il trouva place, avec vingt camarades, dans un cargo et, après douze jours de traversée, il arriva dans le port de Liverpool. Après avoir appris à parler l’anglais et suivi une formation dans diverses écoles, il fut reconnu apte à voler dans les équipages du Bomber Command et du Coastel Command, en tant que pilote, navigateur, radio, mitrailleur ou mécanicien navigant. Dès lors, il participa à des missions de protection de convois, qui se dirigeaient vers le port de Mourmansk afin d’approvisionner l’Armée Rouge, ou bien à des missions de bombardement du littoral de la Manche, en particulier belge, pour faire diversion. Le 5 juin 1944, dans la perspective du débarquement sur les côtes de Normandie, depuis la base galloise d’Hériford, il a survolé toute la côte de Cornouaille pour détecter et détruire les sous-marins allemands, les fameux U-Boots.
Jean Mazaleyrat, n’ayant pas eu besoin d’utiliser ni parachute ni dingly, a toujours reconnu qu’il a « eu beaucoup de chance de ne jamais avoir été abattu ». À la différence de son frère, Roger, engagé dans l’Armée Secrète, tué à Souillac (Lot) au cours d’un combat livré contre la division blindée Das Reich.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article217515, notice MAZALEYRAT Jean par Gilbert Beaubatie, version mise en ligne le 24 juin 2019, dernière modification le 24 juin 2019.

Par Gilbert Beaubatie

SOURCES : Gilbert Beaubatie, « Un résistant de la première heure », in La Vie Corrézienne, 23 janvier 2004. — La Montagne, 19 juillet 1994 et 25 janvier 2004.

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