MALBREL Robert, Raymond, Gelon

Né le 25 août 1926 à Toulouse (Haute-Garonne), mort exécuté sommaire le 10 juin 1944 à Mazères [Mazères-sur-Salat en 1958] (Haute-Garonne) ; résistant (FTPF)

Fils d’Adrien Malbrel et de Juliette Disbeaux, selon les sources, on utilise plutôt "Raymond" comme prénom usuel. C’est le cas, par exemple, sur la plaque commémorative de Montauban signalée et commentée sur la brochure de l’ONAC du Tarn-et-Garonne (op. cit., 2000). En Haute-Garonne, lieu où il résidait avant son exécution sommaire dans ce département, on le désigne avec le prénom de "Robert".

Robert Malbrel né à Toulouse, vivait à Montauban (Tarn-et-Garonne), ville qu’il avait quitté pour habiter à His, un petit village du Comminges situé dans la basse vallée du Salat, près de la station thermale de Salies-du-Salat (Haute-Garonne). Il travaillait à Mane, village proche de His, comme ouvrier de la menuiserie Galey (ou Galley). Avec deux autres jeunes réfractaires au STO résidant dans cette commune, Jean Rives et Lucien Trubert, il s’était rendu à Salies-du-Salat (Haute-Garonne) afin d’intégrer le maquis (FTPF) de Betchat (Ariège).

Mais le 10 juin 1944, plusieurs compagnies du 3e bataillon du régiment de grenadiers blindés Deutschland de la 2 SS Panzerdivision Das Reich dont plusieurs compagnies étaient cantonnées au sud de Toulouse, commença une opération de « nettoyage » des maquis du piémont pyrénéen du Couserans (Ariège), du Comminges (Haute-Garonne) et de la Bigorre (Hautes-Pyrénées)

La 10e compagnie alla d’abord à Salies-du-Salat. Elle découvrit les trois jeunes prêts à partir vers le maquis chez le maire de la commune révoqué par Vichy, Ferdinand Nougué. Ce dernier fut arrêté ainsi que l’ancien combattant russe W. Brussilowski. Tous deux furent hissés dans un véhicule ainsi, bien sûr, que les trois jeunes postulants maquisards nés et/ou domiciliés à His (Haute-Garonne), village proche de Salies et de Betchat (Ariège) : Robert Malbrel, dix-huit ans ; Jean Rives, dix-neuf ans ; Lucien Trubert, vingt-et-un ans. Le rapport allemand (journal de marche) précisait à leur propos : « À Salies-du-Salat, quelques jeunes ont été arrêtés. Ils portaient sur eux de grosses provisions de ravitaillement ». Les trois jeunes capturés à Salies chez Nougué furent amenés dans l’après-midi à Saint-Martory (Haute-Garonne) à quelques kilomètres de Mazères, sur les rives de la Garonne. Ils passèrent de longues heures près du pont à proximité du château d’un milicien notoire, Frossard. Ils furent ensuite ramenés à Mazères où les SS organisèrent une mascarade. Faisant mine de les libérer, ils les abattirent d’une rafale de mitrailleuse dans le dos (Goubert, op. cit.). Cet assassinat eut lieu au plateau du Couston où fut érigée une stèle qui rappelle leur mort tragique. Son nom figure sur les plaques apposées aux deux extrémités de la rue de la Résistance à Montauban (Tarn-et-Garonne) et dédiées "Aux résistants morts pour la France" de la ville. Les quelques lignes biographiques consacrées à Raymond Malbrel dans la brochure de l’ONAC du Tarn-et-Garonne (op.cit., p. 154) indique de façon erronée que, FTPF, il mourut "au combat de Mazères" alors qu’il fut exécuté sommairement.

À noter qu’à Saint-Martory, les Allemands pensaient que la population, police comprise, était presque entièrement favorable aux « terroristes », ceux du maquis de Betchat, plus particulièrement.

Robert Malbrel fut homologué combattant des FFI et fut considéré comme « mort au combat ». Son nom de Jean Rives est gravé sur la stèle du plateau du Couston (Mazères) où ils fut abattu avec Jean Rives et Lucien Trubert.

Voir Mazères (Haute-Garonne), Mazères-sur-Salat en 1958, 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article218867, notice MALBREL Robert, Raymond, Gelon, version mise en ligne le 4 septembre 2019, dernière modification le 15 janvier 2020.

SOURCES : Contre l’oubli. Plaques et stèles de la Résistance et de la déportation en Tarn-et-Garonne, Montauban, ONAC, 160 p. [p. 154].— Michel Goubet, « La répression allemande et milicienne dans la vallée du Salat et aux alentours. 10 et 11 juin 1944 » et « Le massacre de Marsoulas » in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure), 2009. — Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, 558 p. [p. 378, p. 384, pp. 520-521. — Roger Prost, « En Comminges sous l’occupation. Événements après le 6 juin", Revue du Comminges, bulletin de la Société des études du Comminges à Saint-Gaudens et de l’Académie Julien Sacaze à Bagnères-de-Luchon, 109, 1994, pp. 404-443 [pp. 406-407]. — La Dépêche, 18 juin 2009. — Bien vivre à Mazères-sur-Salat, bulletin municipal, juillet 2015 , p 5 ; juillet 2019, p. 5. — Site MemorialGenWeb consulté le 12 août et le 2 septembre 2019. — Site Mémoire des Hommes consulté le 2 septembre 2019. — État civil.

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