MÉDOUS Philippe, Germain alias « Félix »

Par André Balent

Né le 15 décembre 1889 à Saint-Michel (Haute-Garonne), mort exécuté sommaire le 10 juin 1944 à Saint-Michel ; agriculteur à Saint-Michel ; soutien logistique du maquis de Cazères (AS) ; victime de la division SS Das Reich

Philippe Médous était le fils de Jean, cultivateur, et de Dominiquette Joly âgés respectivement de quarante-huit et trente-huit ans en 1889. Il résidait au hameau du Pas du Fauga, sur la RD 7, près de la limite avec l’Ariège, au nord-est du village de Saint-Michel. Marié, Philippe Médous eut un fils, Auguste, né en 1922, qui fut résistant, membre du maquis de Cazères (Haute-Garonne) de l’Armée secrète (AS). Lui-même aidait ce maquis mettant sa ferme à sa disposition : elle servait « de relais et de point de ravitaillement pour le maquis » (Prost, op. cit., 1994, p. 408). Il périt tragiquement le 10 juin 1944 à la ferme du Riou, proche du hameau du Pas du Fauga. Dans son ouvrage (op. cit., 2005, p. 539), Guy Penaud a écrit par erreur qu’il était né en 1899.

Le 10 juin 1944, les éléments de la division SS Das Reich basés dans les villages de la basse vallée de l’Ariège (Haute-Garonne) — Vernet, Vénerque, Miremont, Lagardelle-sur-Lèze — avaient été désignés pour assurer une action répressive contre les maquis du piémont pyrénéen (Haute-Garonne, Ariège, partie orientale des Hautes-Pyrénées) et les populations civiles soupçonnées de les soutenir.

La 11e compagnie, après d’être séparée de la colonne, traversa d’abord Cazères aux alentours de 6 heures 30 alors que le marché venait de s’installer et attirait déjà du monde. Mais les jeunes n’y étaient pas et se trouvaient au maquis. Elle atteignit rapidement Saint-Michel vers 7 heures du matin. Ils mirent une mitrailleuse en batterie à l’entrée du village qu’ils perquisitionnèrent en vain, arrêtant néanmoins deux personnes. Clément Montispan, l’adjoint de Garaut, chef du maquis (AS) de Cazères faisait partie d’une patrouille qui circulait sur la RD 7 en direction de Saint-Michel et Couladère fut grièvement blessé alors qu’un Allemand trouva la mort. Parmi les maquisards de cette patrouille se trouvait Auguste Médous, fils de Philippe et René Fontan. Montispan fut transporté à la ferme amie du Ruisseau (ou du Riou), propriété de la famille Menet qui collaborait avec le maquis de Cazères. Marie-Jeanne Darbas épouse Menet le ravitaillait. Ce fut elle qui prit soin de Montispan. Un autre maquisard, René Fontan, partit chercher à vélo à Cazères le docteur Laurent Broca pour le soigner. À une centaine de mètres de la ferme il fut capturé par des Allemands qui l’y ramenèrent. Au hameau du Pas du Fauga, ils s’emparèrent aussi de trois paysans : Éloi Camasses, Jean-Marie Dubois et Philippe Médous. Si les deux premiers semblent avoir été arrêtés par hasard ; Philipe Médous le fut à coup sûr, car il était signalé comme aidant un maquis dont son fils était l’un des combattants. La ferme des Menet fut encerclée, par le chemin du hameau du Pas du Fauga, par les champs de la ferme du Castéran, depuis les abords du bois de la Quère. Marie-Jeanne Menet fut abattue sous un érable, à l’est de sa ferme. René Fontan, conduit dans le bâtiment d’habitation, fut exécuté dans la chambre du premier étage où gisait Clément Montispan à qui ils donnèrent le coup de grâce ; Éloi Camasses, Jean-Marie Dubois et Philippe Médous furent abattus dans la grange de la ferme. Ils pillèrent la ferme qu’ils dynamitèrent et incendièrent vers 9 heures du matin. Les Allemands poursuivirent leur équipée en direction de Fabas (Ariège).

Le nom de Philippe Médous figure sur le monument aux morts de Saint-Michel et, également, sur la stèle qui rappelle la tuerie de Saint-Michel érigée à proximité sur le bord de la RD 7, en direction de ce village, juste avant la limite avec l’Ariège. Elle porte l’inscription suivante : « Ici sont tombés victimes de la barbarie hitlérienne [suit la liste des noms] Français souviens-toi ». Si Philippe Médous ne figure pas sur le site Mémoire des Hommes, il y a à Caen (SHD) un dossier à son nom (21 P 595634, non consulté).

Voir : Saint-Michel (Haute-Garonne), ferme du Ruisseau, 10 juin 1944

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article218968, notice MÉDOUS Philippe, Germain alias « Félix » par André Balent, version mise en ligne le 10 septembre 2019, dernière modification le 15 septembre 2019.

Par André Balent

SOURCES : Arch. dép. Haute-Garonne, 1 E 21, état civil de Saint-Michel (1880-1894), acte de naissance de Philippe Médous. Michel Goubet, « Le maquis de Cazères » ; « L’organisation du maquis de Cazères » ; « La répression allemande et milicienne dans la vallée du Salat et aux alentours. 10 et 11 juin 1944 » in La résistance en Haute-Garonne, CDROM, Paris, AERI (Association pour des études sur la résistance intérieure), 2009. — Guy Penaud, La « Das Reich » 2e SS Panzer Division, préface d’Yves Guéna, introduction de Roger Ranoux, Périgueux, La Lauze, 2e édition, 2005, 558 p. [pp. 376-377, p. 539]. — Roger Prost, « En Comminges sous l’occupation. Événements après le 6 juin », Revue du Comminges, Revue d’histoire, d’archéologie, de géographie et de sciences naturelles du Comminges et des Pyrénées centrales, bulletin de la Société des études du Comminges à Saint-Gaudens et de l’Académie Julien Sacaze à Bagnères-de-Luchon, 109, 1994, pp. 404-443 [p. 408]. — Henri Soum, La mort en vert de gris. Le maquis de Cazères, Toulouse, Imprimerie Signes du Monde, 1994, 280 p. — Site MemorialGenWeb consulté le 6 septembre 2019. — Site Mémoire des Hommes consulté le 9 septembre 2019.

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