DELAVEAU André

Par Jeanne Siwek-Pouydesseau

Né le 29 juillet 1920 à Paris (XIIe arr.), mort le 29 août 1999 ; inspecteur central des PTT ; syndicaliste CFTC puis CFDT, président de la Fédération des PTT.

Président de la Fédération des PTT depuis 1959, André Delaveau était, en 1961, membre de la commission exécutive de la Fédération générale des Fonctionnaires CFTC où il collaborait avec Raymond Cabaret (des Finances) et Lucien Forsans (du syndicat des préfectures) aux projets de reclassement des catégories C et D, parallèlement à la réforme des PTT. Il était pour l’évolution de la confédération en 1964 et fervent partisan de la négociation dans la fonction publique, mais il ne faisait pas l’unanimité à la présidence de la Fédération des PTT, aussi fut-il élu secrétaire général de la Fédération générale des Fonctionnaires en 1965.
Il était donc à la tête de la délégation CFDT des fonctionnaires lors des négociations de mai-juin 1968 et durant toute la période de négociations « contractuelles » qui suivit. La négociation de ces accords dans la fonction publique donna lieu à de vifs débats au sein de la FGF et de la confédération, certains refusant de cautionner cette « collaboration de classe ». En 1969, l’accord sur les catégories C et D fut accepté par Delaveau et la FGF mais refusé par la Fédération des PTT (avec Émile Le Beller et Henri Rozé), qui se retira de la Fédération Générale. André Delaveau expliqua qu’il n’avait signé qu’avec l’État-employeur. La CGT refusa également sa signature.
En novembre 1971, un accord salarial fut signé par la FEN, FO, la CFTC et les Autonomes. À la FGF-CFDT, une majorité de 65 % accepta l’accord mais la Fédération des PTT, qui faisait sécession depuis 1970, et la Fédération de la Santé, qui était hors de la FGF, refusèrent cette signature. Edmond Maire et la confédération ayant désavoué la FGF, son président Paul Caspard, membre du bureau confédéral, et André Delaveau finirent par démissionner en janvier 1972. Ces désaccords étaient sous-tendus par des problèmes d’organisation, endémiques dans toutes les confédérations, où les fédérations les plus puissantes, comme les PTT, ont toujours rechigné à admettre l’hégémonie d’une fédération générale des fonctionnaires, pourtant indispensable face à l’État-employeur. La FGF fut remplacée par un Comité des Fédérations de fonctionnaires puis par l’Union des Fédérations de Fonctionnaires et Assimilés (UFFA) en 1973, avec Raymond Cabaret comme secrétaire général. Elle laissait une large autonomie aux fédérations constitutives, dont les PTT, le SGEN, les collectivités locales (plus tard Interco) et la Santé.
André Delaveau devint ensuite, jusqu’en 1980, secrétaire général d’EUROFEDOP, organisation européenne des services publics de la Confédération Mondiale du Travail à Bruxelles, dont la CFDT se désaffilia en 1979.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article21974, notice DELAVEAU André par Jeanne Siwek-Pouydesseau, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par Jeanne Siwek-Pouydesseau

SOURCES : Jeanne Siwek-Pouydesseau, Les syndicats de fonctionnaires depuis 1948, PUF, 1989, p. 176-177. — Michel Branciard, Fonctions publiques CFDT et négociation, CFDT, 1995, p. 11-36. — Fonctions Publiques Informations (UFFA-CFDT), oct. 1999. — Le Lien PTT-CFDT, déc. 1999. — Le Monde, 2 septembre 1999.

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