REBOURG Pierre, Georges

Par Jean-Christophe Pérignon

Né le 20 mars 1924 à Pouillenay (Côte-d’Or), mort le 2 janvier 2002 à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or) ; cheminot ; résistant ; syndicaliste CFTC puis CFDT ; maire de Vénarey-les-Laumes (Côte-d’Or) de 1971 à 1995

Fils d’Émile Rebourg, né le 20 juin 1886 à Pouillenay (Côte-d’Or), petit agriculteur, laïc et républicain, et de Marie Mortier, née le 26 septembre 1894 à Hauteroche (Côte-d’Or), sans profession, croyante et pratiquante, Pierre Rebourg fut le troisième enfant d’une fratrie de six enfants, trois garçons et trois filles.

Pierre Rebourg fréquenta l’école primaire de Pouillenay dès sa cinquième année et ce, jusqu’à quatorze ans où, avec le même maître, il passa et obtint le certificat d’études. Il aida ses parents en emmenant les vaches aux prés avant l’école et fut aussi enfant de chœur.

Le 3 octobre 1938, il entra en apprentissage à la SNCF aux ateliers de Venarey-les-Laumes ; il y apprit le métier de tourneur. Cet apprentissage dura trois ans. En 1941, il obtint son CAP et fit un stage de chaudronnerie de six mois à Tours (Indre-et-Loire) en 1942, puis il travailla comme tourneur aux ateliers de Venarey-les-Laumes. Il resta à la SNCF jusqu’à sa retraite en 1979.

En 1942, à dix-huit ans, il rejoignit le maquis, où il servit dans les Forces françaises combattantes dans le réseau « Jean Marie Buckmaster » en qualité de chargé de mission (sergent). Il participa à des sabotages, ce qui lui valut une citation à l’ordre de la division du Général de Corps d’armée Anselme, commandant la 7e Région militaire : « Rallié à la Résistance armée dès mai 1943, au corps franc en décembre 1943, il fut parmi les meilleurs combattants de la résistance : parachutage, transports d’armes, liaisons, renseignements, sabotages, coups de main, ayant à son actif plus de 100 opérations de destruction, a toujours montré un courage et un sang froid hors de pair. » Cette citation comporte l’attribution de la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile d’argent. Il se distingua tout particulièrement le 22 mai 1944 au cours du combat de Lantilly (Côte-d’Or). Il fut blessé le 16 août 1944 au cours d’une mission de barrage sur route.
Il reçut aussi la Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 avec barrettes « engagé volontaire » et « libération » et la médaille de vermeil de l’Union nationale des anciens combattants, à laquelle il adhéra en 1967 et dont il fut le président pour le canton de Venarey-les-Laumes à partir de 1971.

Il épousa en 1949 Denise Bergeret de Baigneux-les-Juifs (Côte-d’Or). Ils eurent six enfants.

Dans les années 1950, il fut responsable du Secours catholique pendant plusieurs années et président de l’Association familiale rurale de Pouillenay. En parallèle, il entra à la CFTC, il en fut un militant et un dirigeant actif. Membre du conseil de l’Union départementale CFTC, il fut élu au bureau lors des congrès du 30 novembre et 1er décembre 1957, des 5 et 6 décembre 1959 et des 9 et 10 décembre 1961. Lors de la déconfessionnalisation en 1964, il rejoignit la CFDT où il continua son action.

Adhérent du MRP puis du Centre des démocrates, sous les couleurs duquel il réalisa sa première campagne électorale en 1967 dans la 4e circonscription de la Côte-d’Or mais ne fut pas élu. Tenace, il fut candidat aux élections de 1967 à 1981 sans résultat. Quand le Centre des démocrates rejoignit l’UDF, il le quitta en 1974 pour les Radicaux de gauche dont il fut président départemental de la Côte-d’Or de 1980 à 1994. Entre temps, il était devenu correspondant du journal Le Bien public, ce qui contribua à le faire connaître sur le canton.
En 1970, contre toute attente, il battit au deuxième tour le conseiller sortant de 15 voix. Il devint conseiller général du canton de Venarey-les-Laumes jusqu’en 2001. Il siégea à la commission des affaires sociales et culturelles. Il fut un des vice-présidents du Conseil général de la Côte-d’Or de 1982 à 1994. Pendant trente-et-un ans, il veilla sur le canton et fut très attaché à son développement.
En 1971, aux élections municipales, il conduisit la liste d’union pour le développement de Venarey-les-Laumes, fut élu et devint le maire de Venarey-les-Laumes jusqu’en 1995. Pendant vingt-quatre ans, Pierre Rebourg accompagna et transforma sa ville, chef-lieu de canton dans une période marquée par une expansion mais aussi par les mutations de la société. Ainsi, il sut créer les conditions d’une dynamique forte avec une politique du logement extrêmement active (lotissements – Baccarat, Clos, Fleuri, Port du Canal, Rue Gaston Hardy – et HLM ), une action économique importante (création d’une zone industrielle, d’une zone artisanale et commerciale, contribution à l’installation de commerces et d’industries, notamment Valtimet) et la création d’équipements essentiels pour le quotidien des habitants (gymnase, rénovation des établissements scolaires, construction de la maternelle Lamartine, soutien essentiel au collège Alésia). Il œuvra également pour le développement d’équipements publics essentiels (caserne pour les sapeurs-pompiers, gendarmerie, Trésorerie, Poste, services municipaux) et l’amélioration du cadre de vie (fleurissement, création d’un plan d’eau, place de la Fontaine, terrain de golf, camping, office de tourisme). Enfin, avec son équipe, il fit face au drame de la fermeture de l’entreprise d’habillement et de fourrures « Les Laumes confection » et un peu plus tard de l’usine de fromagerie « Bel ».
En 1977, il fut élu président du syndicat interdépartemental à vocation multiple (SIVOM) de Venarey-les-Laumes, cette structure fédéra les communes du canton et leur permit de mutualiser des fonds pour d’importants travaux routiers, d’assainissement, d’alimentation en eau potable, construction de salles à usages multiples. En 1978, il entra au Conseil d’administration de l’Office public départemental d’habitations à loyer modéré de la Côte-d’Or (OPDHLM) comme membre désigné par Pierre Denizot, préfet de Côte-d’Or. Il succéda à Robert Morlevat à la présidence de l’Office, poste qu’il occupa jusqu’en 1992. Au cours de ses treize années de mandat, l’Office construisit près de deux mille logements.
En mars 1986, la liste des radicaux de gauche dépassant les 5 % nécessaire pour avoir des élus, Pierre Rebourg fut élu conseiller régional de Bourgogne. Il siégea dans les commissions « plan-finances-synthèse » et « culture-tourisme-sports et loisirs-action sociale ». Il fit deux mandatures jusqu’en mars 1998.
En 1991, il reçut l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur au titre du tourisme, des mains de Jean-Michel Baylet, ancien secrétaire d’État auprès du ministre des Relations extérieures puis secrétaire d’État chargé des collectivités locales. Pierre Rebourg fut promu officier de la Légion d’honneur en 1999.
En 2007, cinq ans après sa mort, fut inauguré par le maire Patrick Molinoz un rond-point qui porte son nom au centre de la ville de Venarey-les-Laumes. Les personnalités présentes soulignèrent l’esprit visionnaire de Pierre Rebourg et indiquèrent « […] que si gouverner c’est prévoir et choisir nous pouvons tous convenir qu’il a su faire les deux avec talent […] », allant jusqu’à saluer le « gaulois visionnaire ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article219985, notice REBOURG Pierre, Georges par Jean-Christophe Pérignon, version mise en ligne le 31 octobre 2019, dernière modification le 31 octobre 2019.

Par Jean-Christophe Pérignon

SOURCES : Entretien avec son épouse le 11 décembre 2013. — Manuscrit inédit relatant sa vie, le livre de Pierre Rebourg Élu pour quoi faire ?. — Site interne familial. — Archives de l’Union départementale CFDT Côte-d’Or. — Archives Départementales de la Côte-d’Or. — Informations fournies par le Conseil régional, la société d’HLM ORVITIS, la ville de Venarey-les-Laumes, le ministère de la Défense. — Association bourguignonne des Amis du Maitron.

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