EYOT Yves, Jean, Joseph

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

Né le 18 avril 1912 à Méan-Saint-Nazaire (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique), mort le 11 février 2001 à Paris (XVIIIe arr.) ; professeur agrégé de grammaire ; résistant ; militant communiste ; militant syndicaliste du SNES.

Fils d’un ouvrier aux chantiers navals de Penhoet qui devint ingénieur et participa à la construction du paquebot Normandie, Yves Eyot alla au catéchisme et fit sa communion. Élève du collège Aristide Briand de Saint-Nazaire, il obtint les baccalauréats « philosophie » et « mathématiques ». Élève de khâgne au lycée de Rennes (Ille-et-Vilaine) où il était pensionnaire de 1931 à 1934, il fut admissible à l’ENS, obtint une bourse de licence et poursuivit ses études à la Faculté des Lettres. Professeur aux lycées de Lorient puis Georges Clemenceau de Nantes d’octobre 1938 à avril 1944, puis d’octobre 1945 à juin 1947, il réussit l’agrégation de grammaire en 1941. Il obtint un poste de professeur de français-latin-grec à l’annexe de Montmorency (Seine-et-Oise) du lycée Jacques Decour à partir d’octobre 1947, puis au lycée Carnot à Paris (XVIIe arr.) d’octobre 1956 jusqu’à la retraite en juin 1972.

Jean Eyot se maria religieusement en septembre 1937 à Bécon-les-Bruyères (Courbevoie) avec une attachée à la SNCF en gare Saint-Lazare. Le couple eut cinq enfants qui ne reçurent pas de formation religieuse. Il était personnellement « incroyant, mais très tolérant ».

Jean Eyot effectua son service militaire dans un régiment d’infanterie à Paris (1937-1938). Mobilisé en août 1939 à Maisons-Lafitte, il fut versé dans la réserve comme père de deux enfants ; évacué dans les Landes le 24 mai 1940, comme caporal, cuisinier, il fut démobilisé, le 26 juillet, à La Bastide d’Armagnac où il était chef de l’abattoir. Il entra dans la Résistance dans l’été 1943. Il fut arrêté le 27 avril 1944 à Liré (Maine-et-Loire) où sa famille était réfugiée depuis les bombardements de Nantes. De la prison du Pré-Pigeon à Angers, il fut transféré le 9 juin à Compiègne d’où il partit pour Dachau-Allach, le 18 juin. Il revint en France le 26 mai 1945.

Jean Eyot reprit son enseignement et fut le secrétaire adjoint de la section (S1) du lycée de Nantes puis le secrétaire du S1 du SNES du lycée Carnot, y défendant les positions du courant de pensée « Unité et Action » (U&A). Il avait écrit un long article dans L’Université syndicaliste à la rentrée de 1951, « Réflexion d’un examinateur au bac » au sujet de l’explication de texte, où il défendait une conception de la culture générale ouverte sur le monde et la simplification de l’orthographe. Il était encore un secrétaire de S1 très actif durant les mouvement de mai-juin 1968.

Membre du Parti communiste français depuis 1952, Jean Eyot, fut élu conseiller municipal de Montmorency en 1953, et se présenta aux élections cantonales. À Paris, adhérent du Mouvement de la paix, il fut le secrétaire de la cellule Léon Lavoir, puis, bien que « contestataire » selon ses propos, secrétaire de la section communiste du XVIIe arrondissement, diffuseur de l’Humanité pendant toute sa vie de militant communiste.

Jean Eyot s’était spécialisé dans les questions de l’esthétique et collaborait à La Nouvelle Critique. Il participait à des groupes de recherches sur ces questions, notamment dans le cadre du Centre d’études et de recherches marxistes où il animait le groupe PALPE jusqu’en 1993. De 1987 à 1997, il faisait partie du comité de rédaction de la revue Esthétique Cahiers.

Toujours membre du PCF, Jean Eyot mourut à l’hôpital Bichat. Il avait fait don de son corps à la science.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23613, notice EYOT Yves, Jean, Joseph par Alain Dalançon, Jacques Girault, version mise en ligne le 2 novembre 2008, dernière modification le 10 avril 2018.

Par Alain Dalançon, Jacques Girault

ŒUVRE : L’objet de l’esthétique, Paris, Cahiers du CERM, 1972, 44 feuilles. — Genèse des phénomènes esthétiques, Paris, Editions sociales, Terrains, 1978, 414 p. — Fais de ton mieux : réflexions sur ma vie comme éléments de réflexions sur la vie humaine, l’esthétique, la morale, la liberté, Paris, EC, 1999, 311 p.

SOURCES : Arch. IRHSES (S3 de Paris, L’Université syndicaliste). — La Nouvelle Critique. — SHD, dossier homologation résistance,GR16 P/213458. — Renseignements fournis par la fille de l’intéressé.

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