Né le 16 juillet 1918 à Ickern (Allemagne) ; ouvrier mineur ; syndicaliste CGT et militant socialiste SFIO, PSU puis PS du Pas-de-Calais ; animateur culturel ; écrivain.

Polonais d’origine paysanne, les parents d’Ignace Flaczynski immigrèrent, le 1er novembre 1920, de Westphalie en France ; son père, ancien ouvrier agricole, travailla comme ouvrier mineur d’abord en Meurthe-et-Moselle dans les mines de fer, puis, à partir de 1923, dans les houillères du Pas-de-Calais, à Houdain, où il se fixa. Il fit, en 1933, naturaliser toute sa famille par crainte d’être expulsé et d’être obligé de retourner en Pologne, ce qui fut le cas pour de nombreuses familles polonaises par suite de la crise économique et du chômage.
Ignace Flaczynski suivit les cours de l’école primaire de 1925 à 1931 et, le 21 juillet 1931, son père le fit embaucher comme manœuvre à la fosse 6 d’Haillicourt (Pas-de-Calais) de la Compagnie des mines de Bruay. Il devait y demeurer jusqu’à sa retraite, à cinquante ans, le 31 juillet 1968.
Essentiellement autodidacte, Ignace Flaczynski fit preuve, très jeune, d’une grande volonté pour s’instruire, – non, ce qui est à souligner, pour s’évader de sa condition d’ouvrier, mais pour acquérir une culture personnelle dont il fera bénéficier plus tard ses camarades de travail. À l’âge de dix ans, en 1928, aide-opérateur dans un cinéma muet polonais (la traduction des textes français en polonais était projetée sur un deuxième écran), il commença à cette occasion, à s’intéresser à la musique classique, grâce aux disques d’accompagnement des films. En 1932, membre de l’Université ouvrière polonaise (TUR), il entreprit l’étude de l’espéranto en suivant les cours donnés aux mineurs par son frère et acheta ses premiers livres. En 1936, Ignace Flaczynski s’inscrivit et milita à la CGT (section polonaise d’Houdain) et, en 1937, adhéra à la Libre Pensée. Mobilisé en septembre 1938 au 110e RI, il fut fait prisonnier le 18 juin 1940 dans l’Orne, après être revenu d’Angleterre où il avait été évacué de la poche de Dunkerque. Déporté en Allemagne à Sankt Ingbert, Limbourg-an-der-Lahn, puis dans la région de Stettin, il ne rentra en France qu’en 1945, après trois vaines tentatives d’évasion.
C’est surtout à partir de son retour de captivité qu’Ignace Flaczynski manifesta, sur de nombreux plans, une grande activité militante comme animateur culturel et propagandiste.
Avec le soutien de la Fédération des œuvres laïques du Pas-de-Calais, il lança, en 1974, ce qu’il appela l’opération « Ma vie de mineur » qui consistait à rassembler le plus grand nombre possible de témoignages se rapportant à tous les aspects de la vie quotidienne du mineur et de sa famille dans le passé comme dans le présent.
Membre de l’Association « Échanges franco-allemands » (RDA), de 1968 à 1971, Flaczynski a organisé des cours de langue allemande. Secrétaire aux affaires culturelles dans le Comité départemental de l’Association France-Pologne depuis 1966, puis membre du Conseil national de cette organisation, il s’est particulièrement appliqué à multiplier les initiatives destinées à développer la connaissance mutuelle et les liens affectifs entre Français et Polonais.
Ignace Flaczynski fut membre de la SFIO de 1945 à 1956, puis du PSU de 1968 à 1972. Depuis 1976, il est inscrit au Parti socialiste. Après 1945, il continua à militer à la CGT jusqu’en 1956, puis adhéra à la CGT-FO à partir de 1963 (secrétaire de section jusqu’en 1970).
Marié, Ignace Flaczynski était père d’un enfant.

SOURCE : Correspondance d’Ignace Flaczynski.

Jean Prugnot

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