FIORI Louis, Eugène, dit “Loulou“.

Par Jacques Girault

Né le 10 août 1925 à Nice (Alpes-Maritimes), mort le 23 décembre 2016 à Nice ; instituteur ; militant syndicaliste ; militant communiste des Alpes-Maritimes ; conseiller municipal du Broc, de Carros et de Nice, conseiller général, conseiller régional.

Ecole centrale de Viroflay en 1953, à l’arrière-plan derrière Jacques Borello.
Ecole centrale de Viroflay en 1953, à l’arrière-plan derrière Jacques Borello.

Fils d’un tailleur d’habits d’origine italienne, naturalisé en 1932, marié à une Niçoise originaire de l’Ardèche, Louis Fiori reçut les premiers sacrements catholiques. Il vécut dans le quartier des Selves des Plans de Carros à partir de 1932. Élève de l’école primaire supérieure du Parc impérial à Nice, il fut reçu au concours de l’École normale d’instituteurs de Nice en 1941 et fut élève-maître au lycée de garçons de la ville. Reçu au baccalauréat « philosophie », il réintégra l’école normale en octobre 1945 pour une année de formation professionnelle.

Louis Fiori participa aux activités clandestines dans les Francs Tireurs et Partisans Français de Nice à partir de janvier 1943. Sa famille quitta Nice au printemps 1944 pour s’installer à plan-de-Carros et peu après il rejoignit le maquis près du Broc. A partir du 17 août 1944, intégré dans le groupe mixte Hochcorn à Carros composé de résistants du mouvement Combat et de l’ORA, il participa au combat de La Clapière dans la haute vallée de la Tinée et à d’autres actions dans la région de Roquebrune Cap Martin, puis fut engagé volontaire pour la durée de la guerre le 21 septembre 1944 sur le front des Alpes à Menton et Saint-Martin-de-Vésubie.

Nommé instituteur à Saorge (1946-1947), Louis Fiori y créa un groupe de Vaillants. Instituteur à Fontan (1947-1949), en contact avec Célestin Freinet, il organisa sa classe en coopérative. Nommé en classe unique au Broc (1949-1962), il employa toutes les méthodes d’éducation nouvelle (imprimerie avec du matériel donné par Madeleine Faraut permettant l’impression d’un journal Nos moissons, texte libre, plan de travail, correspondance interscolaire notamment avec une école de La Réunion). Il relata son expérience pédagogique dans une brochure, sous le titre Un souvenir heureux : la classe unique du Broc 1949-1962. « En m’investissant à fond dans les méthodes Freinet, j’ai connu des moments exaltants qui ont profondément marqué mes anciens élèves […]. Mais assez rapidement, l’idée qu’une priorité était à accorder au monde des adultes, aux parents d’élèves localement m’a amené à mieux répartir mes efforts ». Nommé à l’école de garçons du quartier Saint-Philippe à Nice (1962-1967), il devint directeur de l’école du quartier Saint-Pierre-d’Arène à Nice (1967-1970), puis de l’école de la Bornala où il termina sa carrière en 1981.

Louis Fiori se maria religieusement en avril 1947 à Nice avec une employée de bureau, fille d’un ouvrier marbrier italien, antimilitariste et anarchisant. Le couple eut quatre enfants qui ne reçurent aucun sacrement religieux.

Adhérent depuis 1946 du Syndicat national des instituteurs, membre du conseil syndical de sa section des Alpes-Maritimes de 1948 à 1953, puis de décembre 1959 à juillet 1964, Louis Fiori figurait en 20e position sur la liste B, « Par l’unité et l’action, nous œuvrerons à la sauvegarde de l’école, de la liberté et de la paix », pour les élections au bureau national. Lors de la réunion du conseil national, le 27 décembre 1949, il obtint 191 voix (17e position). Membre aussi de la FEN-CGT jusqu’en 1954, il participa à un stage syndical à Sèvres en septembre 1948 et collabora à l’organe départemental de la FEN-CGT, L’Enseignant. Délégué à plusieurs congrès nationaux du SNI, responsable à l’action laïque, secrétaire du comité départemental d’action laïque de 1960 à 1964, il fut un des animateurs de la campagne contre la loi Debré en 1959 et d’autres lois antilaïques. Il fut élu à la commission administrative paritaire départementale. Retraité, il resta membre du SNUIPP.

Louis Fiori adhéra au Parti communiste français le 15 novembre 1946. Secrétaire des sections communistes rurales de Carros-Gattières-Le Broc (1951-1977), il suivit les cours de l’école centrale d’un mois en mars-avril 1953. Il fit partie du comité de la fédération communiste (1956-1996) et du bureau fédéral (1966-1996). Il fut membre successivement de la commission agraire, de la commission de l’enseignement à partir de 1965 et, à partir de 1970, fut le responsable de la jeunesse (s’occupant plus spécialement des pionniers), puis le responsable de la commission économique créée au milieu des années 1970. Il collabora à Enseignement et démocratie, mensuel fédéral à partir de 1964. Il fut délégué de la fédération à plusieurs congrès nationaux du PCF (1964, 1976, 1987). Il milita également dans la Fédération des conseils de parents d’élèves à partir de 1975.

Louis Fiori, candidat communiste de principe au conseil général en 1955 et en 1961 dans le canton de Coursegoules, candidat dans le canton de Vence (1966, 1970), le fut plus tard dans les cinquième puis septième cantons de Nice. Candidat dans le neuvième canton en 1973, élu, il fut réélu en 1976 (3 456 voix au premier tour, puis 4 746 voix). Il devint le responsable du groupe communiste au conseil général. En 1982, il fut battu au premier tour avec 2 427 voix. Aux élections législatives, suppléant du candidat communiste dans la troisième circonscription de Nice (arrière-pays) en 1978 et en 1981, il fut par la suite, en 1988 et en 1993, candidat dans la cinquième circonscription (Nice-Montagne).

Conseiller municipal du Broc en 1953, Louis Fiori fut réélu en 1959. Élu conseiller municipal de Carros, le 23 mai 1965, à la suite d’une élection complémentaire après le décès du maire Laurent Spinelli, il devint premier adjoint, chargé de la ville nouvelle de Carros-le-Neuf en 1971. La liste qu’il conduisait aux élections municipales de Carros en 1977 fut battue. Il avait déjà été candidat aux élections municipales de Nice en 1965 sur la liste d’Union démocratique. Les élections municipales dans le troisième secteur de Nice en 1977 ayant été annulées, il fut élu conseiller municipal d’opposition lors de l’élection complémentaire de 1978. Renouvelé en 1983, en 1989, non candidat en 1995, candidat en 2001, il figura en 2008 en dernière position sur la liste « Changer d’ère » présentée par « la gauche rassemblée et des écologistes ».

Louis Fiori siégea aussi au conseil de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (1986-1998). Il fut candidat aux élections sénatoriales (1971, 1980, 1988, 1989). Président de l’Association départementale des élus communistes et républicains, il fut délégué aux congrès nationaux.

En 2007, Louis Fiori appelait dans la presse à voter pour la candidate communiste aux élections présidentielles.

Depuis 2004, secrétaire général, puis, à partir de 2006, vice-président de l’association azuréenne des amis du Musée de la Résistance nationale, Louis Fiori donnait des conférences sur la Résistance dans divers lieux, notamment les établissements scolaires et animait un festival du film de la Résistance.

En 2004, son nom fut donné à un nouveau groupe scolaire de Carros-Village.

_Le 26 décembre 2016, l’Humanité lui rendait hommage et annonçait ses obsèques le 29 décembre au crématorium de Nice.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article23943, notice FIORI Louis, Eugène, dit “Loulou“. par Jacques Girault, version mise en ligne le 19 décembre 2008, dernière modification le 26 décembre 2016.

Par Jacques Girault

Ecole centrale de Viroflay en 1953, à l’arrière-plan derrière Jacques Borello.
Ecole centrale de Viroflay en 1953, à l’arrière-plan derrière Jacques Borello.
Fiori en 2005
Fiori en 2005
Janvier 1973 réunion du conseil municipal à Carros.
Janvier 1973 réunion du conseil municipal à Carros.
avril 1945, sur les hauteurs de Saint-Martin de Vésubie.
avril 1945, sur les hauteurs de Saint-Martin de Vésubie.
8 juin 1991, avec Simone et Marcel Véran*.
8 juin 1991, avec Simone et Marcel Véran*.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse syndicale. — Presse nationale. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Article de Philippe Jérôme dans l’Humanité, 20 août 2014, « La Libération par ceux qui l’ont vécue ».

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