ALEMANUS Joseph

Né le 18 mars 1819 à Roanne (Loire) ; ouvrier, puis propriétaire au Creusot (Saône-et-Loire) ; républicain militant ; membre de l’AIT ; participant à la Commune du Creusot.

Joseph Alemanus était un enfant abandonné aux parents inconnus. Ouvrier au Creusot (Saône-et-Loire) pendant douze ans, puis marchand de grains, enfin, selon certaines sources, libraire et « prêteur à la petite semaine » pour des ouvriers (d’après le commissaire de police).
Militant républicain, il fut membre du club du Creusot en 1848 et sous le Second Empire, membre du « Club d’Études sociales », en 1868, puis de la Section de l’Internationale en 1870 (voir Jean-Baptiste Dumay). Diffuseur de journaux démocratiques, notamment pendant les grandes grèves de janvier et mars 1870 — de la Marseillaise surtout — il fut arrêté pour colportage, jugé en correctionnelle à Autun avec les grévistes inculpés et, bien qu’il eût déconseillé la grève, condamné à quatre mois de prison et 500 F d’amende. D’après les pièces du procès, il ne savait ni lire ni écrire.

Il soutint les grèves des ouvriers de Schneider qui ont vu diminuer leur salaire en 1870, ce qui lui valut d’être arrêté et condamné à deux mois de prison et cinq cents francs d’amende par la cour d’appel de Dijon, le 27 avril 1870. Autres condamnés : Augustin Seignovert, Charles Dulet, Jean Mathieu, Desplanches, Lucien Camberlin, Lamalle, François Saunier, Jean Poisot, Delay, Claude Vailleau, Detilleux, Jean-François Debarnot, Pierre Jeannet, Emmanuel Poisot, François Gandrey, Benoît Delhomme, Mougenot père et Mougenot fils, Bertrand Simon, Jean Revillot, François Degueurce, Henri Jordhery, Claude Lasseigne, Jean Batisse*. Il participa aux manifestations des ouvriers du Creusot, le 8 août 1870, demandant la libération de Rochefort.

Au 4 septembre 1870, il fut colonel de la garde nationale puis commissaire de police et pendant la municipalité J.-B. Dumay (septembre 1870-mars 1871), il fut dépositaire de munitions de guerre pour la défense nationale et chargé de fabriquer des cartouches. Lorsque la Commune fut proclamée, au Creusot, le 26 mars 1871, il donna son adhésion. Parmi les autres membres de la Commission communaliste figuraient : Alard, Barrat, Bontemps, Decoulange, Demortier, Gaffiot, Gesse, Jacquaud, Leblond, Lemoine, Longerot, Mondot, Nicolas, Nigault, Palot, Pelletier, Perret, Pichard, Prieur, Rigollet, Sane, Supplissy, Troncy, Verneau.

Comme il n’avait pas restitué la totalité des armes confiées après la Commune, ce dépôt fut découvert au cours d’une perquisition en juillet 1874. En septembre, Alemanus fut condamné à quinze mois de prison et son fils Jean à trois ans (voir Jean Alemanus) par le tribunal d’Autun. Après sa libération, il continua à déployer une grande activité.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24463, notice ALEMANUS Joseph, version mise en ligne le 9 février 2009, dernière modification le 8 septembre 2018.

SOURCES : Journal de Saône-et-Loire, 16 mai 1848. — Arch. Dép. Côte-d’Or, U III Cb 40, U IV E8. — Arch. Nat., BB 24/803, n° 2678. Rapport du procureur général, 28 février 1877, dossier Duverne Philibert, Lazare — Gazette des Tribunaux, 29 avril 1870. — Journal de Saône-et-Loire 12 avril 1870, 11 août 1870. — Arch. Dép. Saône-et-Loire, série M. — A. Jeannet, La Commune au Creusot, ses origines, son procès, La Physiophile, Montceau-les-Mines, 1993. — Note de A. Jeannet.

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