Né le 30 juillet 1928 à Decazeville (Aveyron) , mort le 6 septembre 2004 à Brunoy (Essonne) ; écrivain, auteur compositeur ; libertaire.

Maurice Frot en 1974
Cliché communiqué par Alain Meilland
Maurice Frot, Léo Ferré, Alain Meilland au Printemps de Bourges
Maurice Frot, Paul Castanier, Léo Ferré
Issu d’un milieu populaire rural – son père, Marcel Frot, était maréchal-ferrant (forgeron selon l’acte de naissance) et sa mère, Rose née Dauzou, était sans profession –, Maurice Frot, s’engagea dans l’armée comme parachutiste à dix-sept ans et fut envoyé avec le corps expéditionnaire en Indochine. Il quitta l’armée en 1950 puis travailla dans le commerce avant de rencontrer Léo Ferré et de devenir son ami. Il tira de cette expérience indochinoise deux romans : Le Roi des rats, préfacé par Léo Ferré et Nibergue, qui obtint le prix populiste en 1970.
Après avoir été imprimeur, Maurice Frot fut jusqu’en 1973 le secrétaire de Léo Ferré et son régisseur. À ses côtés, il fréquenta le mouvement libertaire. Il participait régulièrement aux activités du groupe Louise Michel, animé par Maurice Joyeux dont il préfaça, en 1971, Mutinerie à Montluc. Il publia également plusieurs articles dans La Rue, la revue culturelle de ce groupe anarchiste. En 1973, une brouille entre les deux hommes au caractère bien trempé mit un terme à sa collaboration avec Léo Ferré. Le contact ne se renoua vraiment qu’à la fin de la vie de Ferré.
En 1975, avec l’ancien pianiste de Léo Ferré, Paul Castanier qui s’était également brouillé avec Ferré, il monta à Marseille une pièce issue du théâtre social : Le Vide-Ordures, d’après l’œuvre du poète africain Pierre Jean Oswald, qui fut jouée au Théâtre Toursky à Marseille (Direction Richard Martin mise en scène Franck Andron). Dans les années 1970, il organisa plusieurs galas de soutien pour les groupes libertaires, Amnesty international, le PSU et les journaux Libération et Politique hebdo. Il anima le collectif « Ecoute s’il pleut ».
En 1977, Maurice Frot fonda avec Daniel Colling et Alain Meilland le Printemps de Bourges, qu’il codirigea jusqu’en 2003. Parallèlement il publia en 1977 Le dernier Mandrin, avec Jean-Baptiste Buisson, le frère d’Émile Buisson, qui sous une forme romancée, présentait le banditisme de l’ancien « ennemi public n° 1 » des années 1940 et 1950 et dénonçait la peine de mort qui lui fut appliquée le 28 février 1956. . Dans le cadre du Festival Le Printenps de Bourges il écrivit avec Alain Meilland deux spectacles musicaux . En 1978, à Bourges il monta un spectacle musical hommage à l’anarchiste cambrioleur Marius Jacob, intitulé Les Travailleurs de la nuit. Il donna en 1979 L’Arlequin, l’ordinateur et le petit lapin. Il signa à la fin de sa vie des souvenirs sur sa jeunesse, Le Tombeau des Jaloux et une biographie de Léo Ferré, Je ne suis pas Léo Ferré, dans laquelle il retraçait le parcours commun et leurs divergences.
Maurice Frot s’était marié à Boulogne-sur-Mer en avril 1949 avec Raymonde Faucher ; le couple divorça en 1992.

ŒUVRE  : Le roi des rats, Gallimard, 1965. — Nibergue, Gallimard, 1969. — Le dernier Mandrin, co-écrit avec le truand Jean-Baptiste Buisson, Grasset, 1977. — Le tombeau des jaloux, Fil d’Ariane, 2000 . — Je n’suis pas Léo Ferré, Fil d’Ariane, 2001, réédité en 2008 sous le titre Léo Ferré, comme si j’vous disais. 1975 Trois plus Une (Textes de Maurice Frot illustrations Aline Chertier), éditions Azergues, 1975.

Discographie
• 1975 Meilland chante Frot Castanier (33t) (éditions Azergue)
• 1977 Mangiamerda (33t) (éditions Discovale) (Alain Meilland-Paul Castanier-Christian Lété)
• 1978 Les Travailleurs de la Nuit (K7) (éditions Discovale) (avec Alain Meilland et Paul Castanier)
• 1978 Le Dissident (45t) (éditions Ecoute s’il pleut) (avec Alain Meilland et Paul Castanier)
Théâtre et spectacles/chansons
Le vide-ordures, co-écrit avec Paul Castanier (éditions P. J. Oswald, janvier 1975), créé à Marseille au Théâtre Toursky en 1975, mise en scène de Frank Andron.
Les travailleurs de la nuit (1978), co-écrit avec Alain Meilland et créé au Printemps de Bourges 1978
L’arlequin, l’ordinateur et le petit lapin (1979), co-écrit avec Alain Meilland et créé au Printemps de Bourges 1979

SOURCES : Documentation recueillie par l’auteur. — État civil de Decazeville. — Notes d’Alain Meilland.

Sylvain Boulouque

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