COURAGE Gustave, Émile

Né le 11 avril 1880 à Oissel (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 20 février 1959 à Elbeuf. Machiniste du dépôt des chemins de fer d’Oissel ; militant socialiste.

Membre de la SFIO et du syndicat de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) adhérant à la Fédération des transports par voie ferrée jusqu’au 31 août 1913. Courage rejoignit le syndicat national des travailleurs des chemins de fer après la dissolution de l’organisation « extrémiste ». Il avait été secrétaire de la section socialiste locale en 1906.
Mobilisé en août 1914, il retrouva son poste de cheminot à Oissel en 1916, après deux années passées au front, d’où il revint avec le grade de sergent. Prenant alors la direction de la section SFIO de sa ville natale, il regroupa autour de lui un certain nombre de cheminots et de socialistes opposés à l’Union sacrée. Il organisa plusieurs réunions secrètes ; l’une d’elle eut lieu le 21 juillet 1917, dans une grotte éclairée aux chandelles, où Pierre Brizon vint exposer les résultats de la conférence de Kienthal à laquelle il avait assisté. Courage avait représenté les « minoritaires » de Seine-Inférieure aux XIIIe (Paris, décembre 1916) et XIVe (Bordeaux, septembre 1917) congrès du Parti socialiste.
En collaboration avec son ami Maurice Gautier, il mena alors une violente propagande contre le bureau majoritaire de l’UD et du syndicat des cheminots de Sotteville, dirigés tous deux par Edmond Dubois. Le 30 janvier 1918, ils obtinrent une première victoire, l’ordre du jour du bureau sortant fut en effet battu par celui émanant de la section minoritaire d’Oissel dont Gautier était le secrétaire et Courage son adjoint.
Refusant toute responsabilité à la tête du syndicat, Courage consacra son activité à transposer sur le plan politique les succès des minoritaires. Là encore il réussit rapidement, et fut élu secrétaire de la Fédération socialiste de la Seine-Inférieure et de l’Eure. En novembre 1919, il se présenta sans succès aux élections législatives, mais avait été élu conseiller d’arrondissement le 19 septembre précédent. Avec son épouse, il représenta la Fédération socialiste au congrès de Strasbourg (février 1920) puis il signa la motion Cachin-Frossard pour le congrès de Tours.
Il ne négligea pas pour autant l’activité syndicale et participa activement aux progrès des minoritaires dans les organisations du département. Membre du bureau de la section des cheminots d’Oissel, il prépara avec Maurice Gautier la grève des cheminots en février puis en avril 1920. Les deux hommes furent arrêtés le 3 mai et transférés peu après à Paris pour être écroués à la Santé. C’est lui qui présida le meeting avec Marcel Cachin et Pierre Renaudel à Rouen le 17 octobre 1920.
Révoqué des chemins de fer le 22 mai, Courage bénéficia comme ses compagnons de la Santé, d’une ordonnance de non-lieu en janvier 1921, alors qu’il venait d’adhérer au PC. La même année, il fut déclaré démissionnaire par décision du Conseil d’État du 27 mai 1921 de son poste de conseiller d’arrondissement pour avoir refusé de siéger à un conseil de révision. Il fut réélu en mars 1922, mais son élection ayant été invalidée, il fut battu au scrutin de novembre 1922.
S’étant associé avec Gautier en août 1920 pour gérer un commerce de légumes à Oissel, il quitta sa ville natale en novembre 1923, pour exploiter une épicerie puis un garni à Elbeuf.
Il n’exerça alors plus aucune responsabilité politique, mais resta membre du PC d’Elbeuf (dont une cellule porte aujourd’hui son nom) jusqu’à sa mort.
Pierre Largesse qui était dans les années 1950, secrétaire de la cellule communiste d’Elbeuf, le décrit ainsi : « C’était un vieux camarade, très soigneusement tenu, de petite taille, très discret, l’œil attentif, l’oreille aux aguets, curieux des luttes dans les entreprises. Mais je ne me souviens pas l’avoir entendu, dans cette période émettre une critique ou un avis. Il était lecteur assidu de l’Humanité. »

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article2602, notice COURAGE Gustave, Émile, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 21 décembre 2011.

SOURCES : Arch. Nat. F7/13091, F7/13619, années 1918-1919. — Arch. Dép. Seine-Inférieure, 1 MP 279, 611 et série R, archives de l’État-major de la 3e région, 1914-1919. — État civil d’Oissel. — La Vague, 20 mai 1920. — J.-J. Doré, Mémoire de Maîtrise. — Jean-Marie Cahagne, La SFIO de Haute-Normandie de 1914 à 1969, thèse de IIIe cycle, Université de Rennes, 1980. — Témoignages. — Notes de Jacques Girault. — Lettre de Pierre Largesse à Jacques Girault, 21 octobre 1979. — Lettre de Monsieur Jean Lecanuet, président du conseil général de Seine-Maritime, 10 décembre 1979.

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