DENIMAL Eugène

Par Yves Le Maner

Né le 20 novembre 1906 à Denain (Nord) ; ouvrier métallurgiste puis employé de chemin de fer ; militant syndicaliste et communiste du Nord.

Le père d’Eugène Denimal, ouvrier fraiseur, militait activement à la CGT depuis 1900 et fut licencié à plusieurs reprises pour faits de grève. Membre du Parti communiste et de la CGTU dès la scission de 1921, il influença considérablement son fils, l’initiant notamment aux réunions et aux manifestations.
Révoqué de l’usine métallurgique « Escaut et Meuse » à l’âge de dix-neuf ans pour avoir organisé une manifestation de jeunes ouvriers dans son atelier, Eugène Denimal effectua alors son service militaire dans la marine (de 1926 à 1929) et se fit remarquer pour ses idées antimilitaristes.
Dès son retour à Denain il fut embauché comme chauffeur de route à la Compagnie des chemins de fer d’Anzin et adhéra aux Jeunesses communistes. Après avoir reçu des cours de propagande à « l’école léniniste » de Valenciennes, il devint, à la fin de l’année 1929, secrétaire du syndicat CGTU des cheminots d’Anzin. Bien que licencié et réduit au chômage de 1933 à 1936, il conserva ses responsabilités syndicales et fut élu à la tête du syndicat réunifié des cheminots en 1935. Très actif, il cumulait à cette date les fonctions de trésorier de l’Union locale unitaire de Denain, de secrétaire du comité antifasciste et de secrétaire des comités de chômeurs du canton de Denain. Son rôle fut particulièrement important dans ce dernier domaine : il organisa de nombreux comités locaux de chômeurs dans le Cambrésis et dirigea deux « marches de la faim » en 1935, l’une sur la préfecture de Lille, et la seconde sur Paris.
Réintégré par la SNCF en 1937, il fut à nouveau révoqué en novembre 1938 pour sa participation à la « grève interdite ».
Démis de son mandat syndical en septembre 1939, il quitta la région Nord dès le début de l’occupation allemande et se réfugia à Rodez (Aveyron) où il s’intégra au Front national de Libération, collectant des renseignements pour la Résistance.
Revenu à Denain en 1945, il fut réembauché par la SNCF et ses camarades l’élurent délégué permanent en 1947 fonction qu’il occupa jusqu’en avril 1949. Il ne put se représenter lors du renouvellement des mandats en raison de sa participation à la grève de 1948 contre les décrets Lacoste. Dès lors, il se contenta de militer en tant que simple syndiqué jusqu’à ce qu’ait sonné l’heure de la retraite, en 1963. Au cours de sa vie militante, Eugène Denimal assista à de nombreux congrès nationaux de la Fédération CGT des Transports.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article3083, notice DENIMAL Eugène par Yves Le Maner, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 17 novembre 2011.

Par Yves Le Maner

SOURCES : Arch. Dép. Nord, M 154/191 et M 595/35. — M. Ieria, Mémoire de Maîtrise, Lille III, 1974, op. cit. — État civil de Denain (1979).

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