HAMANN Louis

Par Étienne Kagan, Claude Pennetier, Pierre Schill, Léon Strauss

Né le 24 avril 1890 à Saint-Louis-lès-Bitche (Moselle), mort en déportation le 4 février 1945 à Grodlitz (Allemagne) ; serrurier aux ateliers de Montigny-lès-Metz (Moselle) de la Société des chemins de fer d’Alsace-Lorraine ; délégué du personnel ; représentant de la CGT au Comité des Assurances sociales d’Alsace-Lorraine ; militant du syndicat unitaire des cheminots de la Moselle puis co-secrétaire adjoint du syndicat CGT réunifié ; responsable politique du sous-rayon communiste de Metz-Montigny-lès-Metz.

Louis Hamann était serrurier aux ateliers des chemins de fer d’Alsace-Lorraine à Basse-Yutz (Moselle). Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale dans l’armée impériale allemande, Louis Hamann fut blessé. Il était invalide de guerre et membre de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC). Depuis le début des années vingt au moins, il milita au syndicat unitaire des cheminots et au PC. Du 11 au 13 mai 1923 à Bischheim (Haut-Rhin), il représenta la Moselle au congrès de l’Union d’Alsace-Lorraine des cheminots unitaires. Délégué au IIe congrès de la CGTU (Bourges, novembre 1923), il était en 1925 secrétaire général du syndicat CGTU des cheminots de la Moselle. La même année, il participa aux réunions du comité d’action chargé d’organiser, dans la Moselle, la grève générale du 12 octobre 1925 contre la guerre du Maroc. En 1926, il animait les revendications des cheminots de la vallée de l’Orne organisés en Comité d’action des travailleurs du rail. Le 10 novembre 1935, une réunion des syndicats des cheminots confédérés et unitaires des ateliers de Montigny-lès-Metz avait décidé de lui confier provisoirement le poste de co-secrétaire adjoint du syndicat réunifié.

À la fin des années 1920, il était l’un des dirigeants du sous-rayon communiste de Metz-Montigny-lès-Metz, l’un des plus importants de Moselle. Le 1er mars 1931, lors du deuxième congrès du PC d’Alsace-Lorraine à Strasbourg (Bas-Rhin), il comptait toujours parmi les militants les plus actifs de cette structure et devait être délégué des cheminots CGTU de la Moselle. Louis Hamann était toujours très actif au moment du Front populaire. À la fin du mois d’août 1936, il assura l’organisation à Metz d’un grand meeting de soutien à l’Espagne républicaine. En septembre, il était responsable politique du rayon.

Contrairement à ce qui est indiqué dans le Maitron, il ne semble pas qu’il ait abandonné ses responsabilités au sein du rayon en décembre 1936. Des sources policières indiquent sa réélection le 19 décembre au nouveau comité du rayon.

Louis Hamann se présenta à plusieurs scrutins municipaux. En mai 1925, il fut candidat aux élections à Metz sur la liste de gauche opposée à celle du maire de droite sortant, Paul Vautrin. Candidat pour le secteur communal de Metz-Sablon, il obtint 594 voix sur 2 019 suffrages exprimés pour 2 050 votants et 2 608 électeurs inscrits et ne fut pas élu. Aux élections municipales des 5 et 12 mai 1929, il fut candidat à Montigny-lès-Metz sur la liste communiste. Il obtint au premier tour 604 voix sur 2 062 suffrages exprimés et ne fut pas élu. Il était alors ajusteur et délégué du personnel des ateliers.

À la fin de l’année 1940, alors que le département lorrain était annexé à l’Allemagne, il fut déporté du travail à Kaiserslautern (Allemagne). Après quinze mois d’exil, Louis Hamann put revenir en Moselle. Il fit partie du groupe de résistance « Mario », le plus important du département de Moselle annexée. Ce groupe affilié au mouvement de résistance communiste Front national avait été mis sur pied, au cours de l’été 1941, par l’instituteur messin Jean Burger aidé par les cheminots Charles Hoeffel et Georges Wodli. L’activité clandestine de Louis Hamann lui valut d’être arrêté par la Gestapo le 5 juillet 1944 aux ateliers de Montigny-lès-Metz et d’être emprisonné au SS Sonderlager du Fort de Queuleu dans la banlieue messine. Vers la mi-août 1944, dans l’un des derniers convois, il fut déporté au camp de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin annexé) où il resta une quinzaine de jours. Louis Hamann arriva le 6 septembre 1944 au camp de Dachau (Allemagne) puis fut transféré au camp de Flossenburg. Il fut affecté dans une aciérie de Saxe où les conditions de travail étaient difficiles. Déjà malade, il mourut au camp de Grodlitz le 4 février 1945. Il fut enterré, avec une vingtaine de ses camarades, dans une fosse commune à la lisière d’un bois.

Il obtint à titre posthume le titre de déporté politique. Son nom figure sur la plaque commémorative des cheminots morts pendant la Seconde Guerre mondiale apposée en gare de Metz et sur la plaque du monument aux morts de Montigny-lès-Metz rendant hommage aux « tués au maquis et en camp de concentration en Allemagne ».

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article4788, notice HAMANN Louis par Étienne Kagan, Claude Pennetier, Pierre Schill, Léon Strauss, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 12 août 2010.

Par Étienne Kagan, Claude Pennetier, Pierre Schill, Léon Strauss

SOURCES : Arch. Nat., F7/13092, F7/13586. — Arch. Dép. Moselle, M sûreté générale 53, 24 Z 20 et 21 ; 301 M 78 ; 303 M 137 ; 310 M 95 ; 24 Z 15 et 16. — Arch. Dép. Bas-Rhin, 98 AL 639. — Arch. Com. Metz, 1 K 72. — Le Syndicaliste rouge, 15 mai 1923. — L’Humanité d’Alsace-Lorraine, 2 mai 1929. — L’Humanité, Strasbourg, 1er mai 1935. — La Voix de la Moselle, 25 janvier 1946. — François Goldschmitt, Alsaciens et Lorrains à Dachau, tome 1, En route pour Dachau, Sarreguemines, Pierron, 1945-1946, 55 p. — Union des Syndicats des cheminots A.-L. CGT, Heimat unterm Hakenkreuz, Strasbourg, 1953, 196 p. — Léon Burger, Le Groupe « Mario », une page de la Résistance lorraine, Metz, Imprimerie Louis Hellenbrand, 1965, 194 p. — Gérard Diwo, Le communisme en Moselle (1925-1932) à travers les élections législatives d’avril 1928 et de mai 1932, mémoire de maîtrise d’histoire sous la direction d’Alfred Wahl, Université de Metz, 1983, 176 p. — Fernand Leroy, Montigny cité cheminote. Histoire des ateliers SNCF de Montigny-lès-Metz... qui n’a jamais eu de gare ! Metz, Union départementale d’économie sociale de Moselle, 1993 (2e édition), 127 p. — DBMOF, tome 31, p. 206-207. — Renseignements communiqués par Mme Charles Beck. — État civil.

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