Née le 8 juin 1923 à Toulouse (Haute-Garonne), morte le 30 mars 2018  ; employée ; résistante ; soeur de Georges Séguy ; militante communiste et syndicaliste CGT ; conseillère municipale de Maisons-Alfort (Seine, Val-de-Marne) de 1956 à 1959, puis maire adjointe de Champigny (Seine, Val-de-Marne) de 1965 à 1977 ; présidente de l’Institut d’histoire sociale du Val-de-Marne (1992-2007).

Ses obsèques ont eu lieu le lundi 9 avril 2018 10h au cimetière ancien de Champigny-sur-Marne

Denise Foucard dans les années 1950
[Coll. privée Jacques Aubert, fils de l’intéressée]
Denise Foucard conseillère municipale de Champigny vers 1965
[Coll. privée Jacques Aubert, fils de l’intéressée]
Denise Foucard à Toulouse en 1944
[Coll. privée Jacques Aubert, fils de l’intéressée]
Fille d’André Séguy, cheminot syndicaliste et de Gabrielle Moulouga, couturière, Denise Foucard, tout comme sa sœur aînée, reçut une éducation religieuse, à l’inverse de son frère Georges Séguy. Ses parents encouragèrent sa sensibilité artistique en l’inscrivant très tôt au conservatoire. En 1938, elle obtint le Premier prix de poésie junior de la Société des auteurs français contemporains de Toulouse. Elle fit sa scolarité à l’École supérieure de jeunes filles de Toulouse où elle obtint son brevet comptable et son brevet supérieur.
À dix-sept ans, elle s’engagea dans la Résistance auprès de son père. Elle était alors chargée de dactylographier les tracts des cheminots de Toulouse. Son bac obtenu, elle s’inscrivit à l’université pour quelques mois avant de devenir secrétaire de direction dans l’entreprise de peinture industrielle Fumana à Toulouse. Tout en travaillant, elle continuait à œuvrer pour la Résistance. De 1941 à 1943, elle fut agent de liaison interrégionale chargée du convoyage des tracts et des journaux pour le Front National, sous le nom de Louise Deserier. Elle participa à la réalisation de fausses cartes d’identité pour les maquisards, avec de vraies cartes et le tampon officiel volés à la préfecture. C’est ainsi que furent confectionnés les documents destinés aux détenus de la Centrale d’Eysses, dont faisait partie celui qui allait devenir son mari après la guerre, Édouard Aubert.
Elle adhéra au Parti communiste clandestin en 1942 et devint agent de contact du mouvement de résistance « Allemagne libre » qui aidait les soldats Allemands à déserter. En 1943, par le biais de ses amis étudiants avec qui elle avait gardé contact, elle rentra dans l’Armée Secrète sous les ordres du Colonel Serge Ravanel, sans perdre le lien avec les FTPF qu’elle avait rejoint l’année précédente. Cette même année, elle prit en charge Annette Goldstein, petite fille juive de deux ans et demi dont les parents, aidés par la Résistance, parvinrent à fuir en Espagne. La fillette fut cachée pendant plusieurs mois dans la maison de la famille Séguy avant de pouvoir traverser la frontière espagnole. Cet épisode a marqué Denise Foucard, qui le relate dans son recueil de souvenirs sur la Résistance, Des rires qui cachent les larmes (Les Points sur les i éditions, 2003).
Le soir du 4 février 1944, alors qu’elle devait se rendre à l’imprimerie où travaillait son frère Georges, elle fut prévenue sur le chemin par un camarade que tout le personnel venait d’être arrêté. Elle se réfugia dans l’Aude quelques semaines tandis que son père rejoignit le maquis de la Haute-Vienne. À son retour, elle reprit son travail chez Fumana et continua ses activités clandestines. Lors de la libération de Toulouse, elle était sous-lieutenant de l’Armée secrète à l’État-major des FFI. Après la guerre, elle rejoignit Paris où son père était élu à la direction de la Fédération CGT des cheminots. Secrétaire à la Fédération CGT textile, elle y rencontra Édouard Aubert, secrétaire général de cette Fédération, qu’elle épousa en 1947. Ils eurent deux fils, Jacques (Jacques Aubert, président de l’IHS CGT du Val-de-Marne depuis 2007) et Gérald. À partir de 1949, Denise Aubert devint collaboratrice au bureau confédéral de la CGT en charge du secteur des femmes et de la formation professionnelle.
Le couple s’installa à Maisons-Alfort au début des années 1950. Denise Foucard fut élue secrétaire de la section PCF puis conseillère municipale communiste le 10 novembre 1956 et le resta jusqu’en 1959. En 1957, elle fut proposée pour être secrétaire de Maurice Thorez à l’Assemblée nationale, ce qu’elle accepta. Cependant, son travail militant se révéla difficilement compatible avec celui de son mari. « Il fallait faire un choix », écrit-elle dans Ce que femme veut ! (Les Points sur les i éditions, 2005). Denise Aubert cessa toute activité pour se consacrer à ses enfants. Mais cette situation ne la satisfit pas longtemps, elle reprit alors une activité salariée. C’est dans ce contexte qu’elle se sépara d’Édouard Aubert.
En 1962, elle épousa Roland Foucard, futur secrétaire général de l’UD-CGT du Val-de-Marne. Ils eurent un fils, Daniel.
Élue maire adjointe de Champigny-sur-Marne en 1965, successivement en charge de la jeunesse, de l’emploi, du personnel et de la culture, elle créa à la fin de l’année 1971, avec le compositeur Paul Méfano, le collectif musical international Études expression des modes musicaux (2e2m) afin de favoriser l’éducation musicale du plus grand nombre. Elle en assura la présidence pendant dix ans. Investie dans la culture, elle fut nommée présidente de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture en 1976, elle devint membre de la commission culturelle nationale du PCF en 1984.
Après sa retraite en 1986, elle s’impliqua dans l’activité culturelle de l’UD-CGT du Val-de-Marne. Elle occupa la présidence de l’Institut CGT d’histoire sociale du Val-de-Marne de 1992 à 2007.
Elle était chevalier de la Légion d’honneur, chevalier dans l’Ordre des Arts et Lettres et Croix du combattant volontaire de la Résistance.

ŒUVRE : Denise Foucard, Des rires qui cachent les larmes, Le Kremlin-Bicêtre, Les Points sur les i éditions, 2003. — Denise Foucard, Frédérique Dupont, Ce que femme veut ! Hier, aujourd’hui, demain…, Le Kremlin-Bicêtre, Les Points sur les i éditions, 2005.

SOURCES : Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426. — Arch. Com. Maisons-Alfort, listes électorales. — Encyclopédie Larousse, article « collectif musical international 2e2m ». — Denise Foucard, Des rires qui cachent les larmes, op. cit. — Denise Foucard, Frédérique Dupont, Ce que femme veut !, op. cit. — Notes biographiques de Jacques Aubert. — Notes de Claude Pennetier.

Céline Barthonnat

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