Né le 28 décembre 1933 à Saint-Étienne (Loire) ; électricien ; dirigeant communiste de la Loire et du Val-de-Marne ; secrétaire de Waldeck Rochet ; conseiller général de 1973 à 1979 et député du Val-de-Marne (1978, 1981) , député du Rhône de 1986 à 1988, conseiller régional Rhône-Alpes de 1986 à 1993, maire de Tavernes ( Var) de 1989 à 2001 ; membre du secrétariat du Parti communiste ; présenté par la presse comme le numéro deux de ce parti après Georges Marchais ; ministre d’État, ministre des transports du gouvernement Mauroy (1981-1983) ; créateur en 1989 d’un courant critique « refondateur », quitta le comité central et le PCF en 1994, rejoignit le Parti socialiste en 1998 et quitta ce parti en décembre 2017.

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[Assemblée nationale, Notices et portraits]
Charles Fiterman vit le jour à Saint-Étienne, fils de Moszek Berko Fiterman (dit Maurice), né le 25 janvier 1910 à Wysokie (Pologne), marchand forain, et de Laja (écrit parfois Laya) Rozenblum, née le 5 septembre 1905 en Pologne, ménagère sur l’acte de naissance. Elle reprit le métier de son mari après la mort de celui-ci, déporté racial à Auschwitz en mai 1943. Son père avait été arrêté le 3 novembre 1943 à Saint-Étienne avec cinq amis. Interné à Drancy, il avait été déporté à Auschwitz où il décéda en mai 1944, selon le témoignage du seul survivant local revenu à Saint-Étienne. Il avait une sœur, Irène, infirmière, qui fut un temps communiste dans sa jeunesse.
Le jeune Charles fut marqué par la personnalité et la culture de sa grand-mère qui, venue de Lodz pour les voir en 1937, était restée. Elle apprit le yiddish aux enfants. La mère de Charles, plus politisée que son père, avait tout fait pour que sa famille échappe à la répression antisémite. À son initiative, et avec l’aide d’un ami médecin, la grand-mère accepta d’être internée à l’Hôpital psychiatrique du Vinatier à Lyon où elle passa près d’un an, pour échapper au recensement vichyste. Le père s’était engagé volontaire en 1939, Irène et Charles furent placés dès 1940, et pour quelques mois, dans deux institutions catholiques à Aurec (Haute-Loire). Ensuite la famille s’installa en 1942 à Marthes, village du Plateau du Velay, et ses membres se séparèrent rapidement pour mieux passer inaperçus. Charles fut placé dans une famille paysanne catholique dont le père était décédé. Celle-ci le considéra comme son troisième garçons. Chez eux, en écoutant Radio-Londres, il apprit la victoire de l’Armée rouge à Stalingrad et comprit que, comme le disait la fermière, les nazis n’étaient pas invincibles.
En 1945, il fut placé avec sa sœur Irène dans une maison d’enfants de déportés organisée par l’UJRE (Union des juifs pour la résistance et l’entraide) à Aix-les-Bains (Savoie) ; ils y restèrent un an.
Très bon élève pendant tout son parcours scolaire, revenu à Saint-Étienne, il obtint une dispense pour entrer dans un centre de formation professionnelle où il réussit, en trois ans, un CAP d’électricien avec 17 de moyenne. Il rêvait d’être physicien ; il aurait pu être orienté vers un lycée, mais sa mère n’était pas en situation de se passer de son aide. Il travailla avec elle sur les marchés.
Charles Fiterman reçut une éducation catholique sans que le mystère de la Saint-Trinité ne le touche (« Ça n’entrait pas ») ; il se tourna un temps vers la synagogue, mais c’est à l’amicale laïque et dans les cercles ouvriers qu’il trouva sa voie. Lors de son séjour à Aix-les-Bains, il apprit à répondre avec les poings aux cris de « sales juifs ». Détaché de la religion, il assuma son identité juive en se reconnaissant dans les valeurs des amicales laïques et des cercles ouvriers.
Il adhéra à l’UJRF (Union de la jeunesse républicaine de France) en 1948 et devint secrétaire de la fédération de la Loire en 1951, jusqu’à son service militaire effectué de septembre 1954 à février 1957. Au sortir de l’armée, l’UJRF étant devenue la Jeunesse communiste.
Grand lecteur, les écrits de Marx et d’Engels furent pour lui une découverte. Prenant deux semaines de vacances pendant l’été 1951, il partit à vélo jusqu’à la Méditerranée avec un ami, jeune communiste. Au retour, il le suivit dans une réunion de cellule et remplit un bulletin d’adhésion. Trois mois plus tard, on le chargea d’un rapport sur la lutte pour la paix, épreuve qui lui permit de se faire une réputation de jeune aux « qualités prometteuses ». Le secrétaire de la section CGT jugea que la place de ce jeune travailleur, titulaire d’un CAP, n’était pas sur les marchés mais dans une entreprise. Il le poussa à entrer aux ateliers du Tram, compagnie de chemin de fer à voie étroite de Saint-Étienne où il milita à la cellule des tramways-Valbenoite. La découverte de la solidarité ouvrière et la satisfaction de combiner savoir théorique et savoir-faire pratique le comblèrent.
La crise de la fédération communiste en 1952 aurait pu l’inquiéter. Il n’en fut rien. La mise à l’écart de Marius Patinaud (une de ces "affaires" qui marquent la vie communiste au début des année 50), un grand nom de la Résistance et du mouvement communiste ligérien, ne l’étonna qu’en raison de la « ferveur aveugle et inconditionnelle » que manifestait le soutien de nombreux militants (p. 42).
Son souci était alors de déborder le secrétaire de son syndicat « un peu encroûté » et de mener des actions nouvelles qui lui valurent l’hostilité de ses employeurs. Ceux-ci profitèrent de son absence, en raison de sa participation à un stage de formation politique, pour le remercier.
Charles Fiterman occupa divers petits emplois avant de partir pour un service militaire qu’il croyait de quinze mois et qui en dura le double, en raison du déclenchement de la guerre d’Algérie. Sa situation de famille lui permit de rester en France. Il épousa le 23 mai 1953 à Saint-Étienne Jeannine Poinas, de trois ans son aînée, aide comptable, active militante de l’UJFF depuis 1945, secrétaire de la fédération de la Loire de 1951 à 1954. qui assistait au comité national. Elle entra au bureau national de l’Union des jeunes filles de France en 1957.
Sa participation à l’école centrale de la jeunesse, en octobre 1953, fut saluée par les évaluateurs : « Très intelligent. Esprit vif. Possède déjà une grosse expérience du travail de masse parmi la jeunesse dont il connaît bien les aspirations. Il est déjà en garde contre un léger esprit de suffisance. Bon esprit de Parti et de fermeté politique. Ce camarade est dynamique et présente de grandes possibilités de développement pour devenir un excellent dirigeant de la jeunesse. » Michel Olagnier allait dans le même sens : « Jeune militant intelligent et dévoué. Semble avoir beaucoup lu, mais a tendance à exposer les problèmes sur un plan purement théorique. Possède un bon jugement politique. Depuis trois mois a contribué à un redressement certain de l’UJRF dans le département (106 adhésions réalisées). Ce camarade sérieux et actif a de réelles possibilités de développement. » De tels éloges et états de service en firent aussitôt un secrétaire départemental de l’UJRF. Il fut élu membre du comité fédéral communiste de la Loire à la conférence du 20 décembre 1953. Passée sous la direction de Théo Vial, dit Vial-Massat, la fédération confirma son soutien en l’envoyant suivre un stage central d’éducateur national en 1957. Selon son témoignage, il sortait d’une année 1956 « terrible ». Ce n’est pas tant le XXe congrès du PCUS qui le marqua, mais la position du Parti communiste sur l’Algérie : « J’avais quand même sur l’estomac le vote des députés communistes en faveur des pleins pouvoirs » (p. 48).
Il entra en 1947 comme électricien P1 chez Schneider (Société des forges et ateliers du Creusot SFAC) en rusant pour qu’on ne cherche pas son pédigrée militant. Il y resta six ans et fut cosecrétaire du syndicat CGT de l’entreprise avec le prêtre-ouvrier Maurice Combe, « un de ses formateurs » (p. 39). Devenu OP2, il était bloqué pour le passage à OP3 en 1962, jusqu’à ce que les ouvriers se mettent en grève pour le défendre.
C’est par la professionnalisation politique qu’il entra dans l’appareil communiste en 1962. Léon Feix vint à Saint-Étienne lui proposer d’être directeur adjoint de l’École centrale du parti et donc d’être permanent rattaché à la section Éducation du PCF. Cette proposition, reconnaissant ses qualités intellectuelles et politiques, ne pouvait être refusée, mais il demanda une période d’essai et, pendant quinze mois, fit l’aller-retour chaque semaine entre Paris [il habitait au-dessus de l’École centrale à Choisy-le-Roi) et Saint-Étienne. Il réclama fermement à Maurice Zaidner, responsable aux cadres, d’obtenir un logement pour faire venir sa famille, menaçant de revenir définitivement à Saint-Étienne. Grâce à Marcel Trigon, il s’installa avec sa famille dans un appartement HLM, à Arcueil. En avril 1965, Gaston Plissonnier le convoqua dans son bureau du 44 rue Le Peletier pour lui proposer d’être le secrétaire de Waldeck Rochet, poste très important qui le mit aux premières loges pour suivre les contacts qui permirent, via l’entremise de Jules Borker, la candidature de François Mitterrand aux élections présidentielles de décembre 1965. Il accompagna avec plaisir et passion le nouveau cours politique engagé par le secrétaire général, un homme dont il loua constamment les qualités humaines et la volonté politique. La tâche fut plus difficile en Mai 68. Il traversa, selon sa formule, la « vraie et fausse révolution » de mai-juin 1968 sans en avoir une « compréhension rapide et exacte » et admit plus tard que sa capacité d’action et celle du PCF en furent atteintes. Il fut un témoin indirect des échanges entre le secrétaire général et François Mitterrand (qui se rencontrèrent une seule fois, le 21 mai) et il admet qu’après les élections de juin, le PCF avait le sentiment d’avoir « évité le pire ». Il aida dès lors, avec Jean Kanapa, Waldeck Rochet à préparer le "Manifeste de Champigny" (fin 1968). Sa tâche fut plus éprouvante quand le secrétaire général sombra dans la maladie après l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie. Waldeck Rochet ressentit les premiers signes de sa maladie au printemps 1969 et cessa toute activité en novembre 1969. Selon Fiterman : « s’il y avait eu un référendum dans le parti, nul doute que l’approbation des Soviétiques l’aurait emporté » (p. 91). Fin octobre 1969, Waldeck Rochet le chargea de rédiger pour le comité central une courte intervention qui annonçait son renoncement à la fonction de secrétaire général ; il le fit avec « une infinie tristesse ».
Georges Marchais, nouveau n° 1 lui demanda de poursuivre les mêmes fonctions auprès de lui. Fiterman acquit dans cette période de négociation du Programme commun un poids politique certain, qui en fit, à côté de Jean Kanapa, un dirigeant influent. Ce dernier rédigea pour l’essentiel le livre de Georges Marchais, Le Défi démocratique (1975), Charles Fiterman se consacrant à la partie économique et sociale. L’un et l’autre contribuèrent au climat d’ouverture qui marqua le XXIIe congrès du PCF (1976).
À la différence de Jean Kanapa, Fiterman connaissait peu les pays de l’Est si on excepte des vacances en Roumanie à l’été 1965, un séjour en URSS en 1967 et un autre en RDA en 1970. Il fut en rapport direct avec la direction soviétique à un moment où sa lecture d’Artur London et de Soljenitsyne lui avait ouvert les yeux sur le stalinisme et le « système concentrationnaire soviétique », et dans le contexte des rapports tendus entre le PCF et le PCUS. En 1975, il participa avec Kanapa aux réunions préparatoires de la conférence des partis communistes européens alors que le thème de l’eurocommunisme inquiétait Moscou. En 1978, après la mort de Kanapa en septembre, il fut chargé par Marchais d’aller à Moscou négocier avec Boris Ponomarev (chef du département international du Comité central du PCUS) un accord pour une rencontre au plus haut niveau. Il eut le sentiment de passer un heure et demi avec un "bouledogue". Ce fut, écrivit-il, « une des heures les plus pénibles de ma vie ».
Déjà membre du comité central depuis le XXe congrès (février 1972), Charles Fiterman vit son rôle officiel reconnu par son entrée au bureau politique lors du XXIIe congrès (février 1976). Il fut responsable avec Pierre Juquin du secteur propagande et communication, ainsi que de la section économique, des élus locaux et de la liaison avec les autres partis de gauche. De plus, il intégra le secrétariat, passant du rôle de conseiller et d’exécutant à celui de dirigeant à part entière. Son refus d’être tête de liste à Saint-Étienne pour les élections municipales de 1977, élection qui aurait pu faire de lui le maire de sa ville natale et d’un grande ville ouvrière, provoqua plus tard ses regrets. Pour l’heure, la politique nationale lui sembla plus intéressante et, s’il accepta des candidatures et des mandats électifs, ce fut en région parisienne. Il avait ainsi été élu conseiller général de Villejuif en 1973 puis député de la deuxième circonscription de Choisy-le-Roi en 1978. Daniel Davisse était son collaborateur sur le terrain val-de-marnais.
Une de ses tâches essentielles fut de travailler à l’« actualisation » du programme commun dans la perspective des élections législatives de 1978. Les négociations durèrent deux mois entre la délégation socialiste conduite par Pierre Bérégovoy et la délégation communiste conduite par lui, sans oublier celle des radicaux de gauche. Fin juillet, les divergences restantes semblaient pouvoir être surmontées lors d’une réunion au sommet à la mi-septembre. Sans contact direct avec Georges Marchais en vacances en Corse, il regarda avec surprise le secrétaire général monter le ton lors d’un entretien télévisé et déclarer « Liliane, fais les valises, on rentre à Paris ! ». « Intrigué et inquiet », il fit lui aussi ses valises mais pour prendre deux semaines de repos sans savoir si cette attitude nouvelle était un jeu tactique ou un désaveu du travail qu’il avait accompli avec Bérégovoy. À son retour, il perçut que la machine de la rupture était en marche, en fut affecté, avec le sentiment d’avoir été « manipulé d’un bout à l’autre », mais en dirigeant discipliné, il accepta. En 1978 s’ouvrit une période de tension personnelle qui se poursuivit jusqu’à son départ de la direction en 1990. Perçu par Georges Marchais, ce flottement inquiéta. Il eut la preuve qu’il était alors surveillé, filé, pour repérer d’éventuels prises de contact avec d’’autres forces politiques. En son for intérieur, il percevait l’effondrement d’un système, dans la pratique, par peur d’affaiblir le PCF, il laissa partir les vagues successives de contestataires (Henri Fiszbin et ses amis, [Pierre Juquin-136472], Claude Poperen). Certes, il s’était exprimé lors de la session du comité central de juin 1984, après les élections européennes : "J’ai dit en substance que l’on ne pouvait s’en sortir en rejetant sur le seul Parti socialiste la responsabilité de nos difficultés, que notre vrai problème était notre rapport à la société et qu’il nous fallait approfondir et développer la démarche novatrice affirmée à notre XXIIe congrès. Cela n’était pas exactement, c’est le moins que l’on puisse dire, l’orientation de Georges Marchais qu’il avait imposée à Claude Poperen d’inscrire dans son rapport. Je n’ai pas voulu suivre quelques camarades qui ont privilégié la mise en cause personnelle du secrétaire général. Les contacts que j’ai eus à ce moment-là, avec un certain nombre de membres du comité central influents m’ont convaincu que cela ne pouvait conduire qu’à bloquer le débat et à faciliter le regroupement autour du secrétaire général, dans un parti dont on connait le légitimisme. J’ai pensé que la logique d’une telle orientation aboutirait nécessairement à une scission d’une partie très minoritaire des communistes. Je n’en au vu ni l’intérêt ni l’efficacité et j’ai donc décidé de poursuivre mon action au sein du parti en essayant de changer la situation. Ce fut un choix politique discutable mais réfléchi. D’autres camarades comme Marcel Rigout ou Pierre Juquin ont fait un autre choix. C’était leur droit. Je n’avais pas à les "laisser" ou non partir. » (lettre du 20 mars 2018).
Si le choc du faible score de Marchais (15 %) aux élections présidentielles de mai 1981 l’affecta, la victoire de Mitterrand ouvrit une nouvelle phase de sa carrière politique. Il fit partie des quatre ministres communistes choisis par le Parti communiste et acceptés par Pierre Mauroy et François Mitterrand . Charles Fiterman obtint, avec le statut de ministre d’État la responsabilité des transports. Il prit Denis Coton comme directeur de cabinet et Guy Braibant comme "chargé des questions spéciales". En mars 1983 (deuxième gouvernement Mauroy), il fut seulement ministre des Transports. Il fit face avec habileté à diverses difficultés qui se présentèrent, n’eut pas de soucis majeurs avec la CGT, (un peu cependant avec la CFDT "autogestionnaire") et y mena une politique de réforme dont la Loi d’orientation des transports intérieurs (LOTI), adoptée le 31 décembre 1982, était la pièce maîtresse. Ce passage au pouvoir le transforma sans doute, même s’il s’inscrit en faux : « Il m’a simplement permis de vérifier certaines hypothèses de mon analyse de la société française et de ce qu’il convenait de faire pour essayer de surmonter nos difficultés. » (lettre du 20 mars 2018). Il en tira un bilan positif mais ne fut pas mécontent de cesser de faire le grand écart entre le parti et le gouvernement lorsque Georges Marchais et Laurent Fabius mirent fin à la participation du PCF en juillet 1984. Un mauvais climat l’attendait au parti. L’échec aux élections européennes avait clairement montré que le PCF était entré dans une phase de déclin, ce que la direction refusait d’admettre. L’opposition qui s’était manifestée au comité central (premier rapport de Claude Poperen) et dans plusieurs fédérations attendait qu’il s’exprimât. Il n’en fut rien. Certes, il rédigea une note politique exposant dans la perspective du XXVe congrès sa vision du positionnement futur du parti, mais elle resta lettre morte.
En 1985, Charles Fiterman "transféra son activité" dans le Rhône à la demande de Georges Marchais qui considérait qu’il fallait renforcer le travail des organisations communistes de la région Rhône-Alpes et qu’un originaire de la Loire était tout désigné. En même temps, il l’éloignait du Val-de-Marne, fief du secrétaire général.
Au fil des mois et des années, il fut traité comme un chef clandestin d’une opposition naissante et vécut une sorte d’exil intérieur. La rénovation qu’il souhaitait était introuvable. Il décida de se manifester au grand jour à l’automne 1989, lorsqu’un grave accident de voiture l’empêcha d’être présent à une réunion du comité central. Son texte fut lu à la tribune et provoqua un durcissement de la direction. Il était devenu un opposant ouvert, un « refondateur » pour la presse. Il parla au XXVIIe congrès du PCF, à Saint-Ouen, le 19 décembre 1990, déclarant en référence aux changements à l’Est : « Le monde change. Cette période nouvelle qui s’est ouverte est porteuse à la fois de chances lumineuses pour l’humanité et de dangers mortels. »
La création du mouvement « Refondations » eut un certain succès, au-delà même des rangs communistes. En 1993, il appela à la convocation d’Assises du communisme pour créer un nouveau parti de transformation sociale. Au XXVIIIe congrès (janvier 1994), il annonça son intention de ne pas être reconduit dans les organismes de direction et fit une dernière intervention, « la plus pénible de ma vie ».
À l’extérieur du parti, il créa un Forum des alternatives européennes (FAE) puis rallia le Parti socialiste en 1998. Il soutint le « oui » au référendum de 2005 et, en 2008, la motion Ségolène Royal.
Devenu maire de Tavernes (Var), le village provençal qui l’avait « adopté », il produisit un travail autobiographique et de réflexion qui parut en 2005.
Charles Fiterman quitta le Parti socialiste en décembre 2017.

ŒUVRE : Profession de foi. Pour l’honneur de la politique, Le Seuil, 2005, 366 p.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Entretiens avec Charles Fiterman. — État civil de Saint-Étienne

Claude Pennetier

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