HILSUM François

Par Claude Willard

Né le 26 janvier 1929 à Paris (XVIe arr.) ; un temps chaudronnier, metteur en page et artiste peintre ; membre du bureau national de l’UJRF (1954-1962), il assuma durant la guerre d’Algérie, la responsabilité de l’action communiste au sein du contingent ; secrétaire général de la JC (1966-1969) ; membre du comité central (1967-1994) ; conseiller général de Sartrouville (1973-1985) ; directeur adjoint de l’Humanité, 1980 à 1989, à partir de 1985 rédacteur en chef de l’Humanité Dimanche, rédacteur en chef de l’Humanité-Dimanche (1984-1989) ; directeur des Éditions Messidor (1988-1992).

François Hilsum
François Hilsum

Les parents de François, René Hilsum, éditeur des dadaïstes et des surréalistes, et Marcelle Hilsum étaient des militants communistes.

La scolarité de François Hilsum fut fortement perturbée en 1942-1943 par l’arrestation de son père et de son frère aîné. Comme sa mère, peintre, François Hilsum se passionna de plus en plus pour la peinture, au point que sa mère lui installa un atelier dans une chambre de bonne. Quand son père rentra de déportation, en 1945, il le poussa à abandonner ses études classiques (avant le baccalauréat) et à s’orienter vers la peinture. De 1946 à 1949, il fréquenta les ateliers Charpentier, Cathelin et l’École de dessin de la ville de Paris vers l’école nationale des arts décoratifs.

Très politisé par son milieu familial, François Hilsum s’engagea dès 1943 (il a 14 ans) dans la Résistance, opérant d’abord des liaisons avec un maquis de Treignac, en Corrèze, puis à Souillac, dans le Lot. Il participa comme FFI à la Libération de Paris. À l’Union des étudiants communistes (UEC), il assuma jusqu’en 1946 (date où il renonça aux études scolaires) la responsabilité des Comités de lycéens parisiens. Il participa à la rédaction de l’hebdomadaire Avant-garde. En 1948, il fut élu au secrétariat de la fédération de la Seine de l’UJRF, se consacrant surtout à l’organisation et aux amicales de conscrits. Il adhéra au PCF en avril 1945.

Voulant combattre sur le terrain la « sale guerre » du Viêt-nam, François Hilsum résilia à la fin de 1949 son sursis. Intégré à Metz, il fit un peloton d’EOR et organisa un groupe de soldats communistes, diffusant un journal ronéotypé appelant à la solidarité avec le Viêt-nam. Blessé au cours d’une grande manœuvre, il fut démobilisé à la fin de 1950.

François Hilsum redevint alors secrétaire, permanent cette fois, de la Fédération de la Seine de l’UJRF. Mais sa profession déclarée de « décorateur » ne convenant guère à la direction, celle-ci lui demanda d’acquérir un « métier ouvrier » : après six mois dans un Centre de formation professionnelle accélérée, il devint chaudronnier, métier qu’il exerça de 1953 à 1955.

Élu en 1954 au bureau national de l’UJRF, François Hilsum était chargé spécialement de l’organisation et des questions internationales : il présida le comité français du Festival mondial de la jeunesse à Moscou (1956) et la délégation française au congrès de la Fédération mondiale démocratique (FMJD) à Kiev. Il invita I. Gagarine à venir en France à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Révolution d’Octobre ».
Lors du putsch d’Alger, les directions du PCF et de la JC lui confièrent la responsabilité de l’action communiste au sein du contingent (en liaison avec Raymond Guyot pour le PCF et Paul Laurent pour la JC), responsabilité qu’il assuma jusqu’aux accords d’Évian (mars 1962). Pendant cette période, il rédigea le journal Soldat de France .
François Hilsum quitta alors le bureau national de la JC et travailla en 1962-1963 comme adjoint de Roland Leroy au secteur jeunesse du CC, alors que sévit la crise de l’UEC. En 1964, il devint directeur du magazine Nous les Garçons et les Filles.

En avril 1966, les quatre organisations du Mouvement de la Jeunesse (JC, UJFF, UEC, Jeunesse agricole de France) se confédérèrent et élirent François Hilsum secrétaire général de la JC. À ce poste, il participa activement à la lutte contre la guerre que les États-Unis menaient au Viêt-nam, prononça le discours inaugural du Festival mondial de la jeunesse à Sofia (1967). En 1969, il demanda, en raison de son âge (40 ans), à être relevé de ses fonctions.

Membre du comité central depuis le XVIIIe congrès (janvier 1967), il fut choisi comme secrétaire de la fédération communiste des Yvelines (1970-1979). Élu conseiller général de Sartrouville (1973-1985), il fut vice-président du Conseil général des Yvelines de 1975 à 1981. Il fut candidat aux élections législatives en 1978 et 1981.

De la fin de 1979 à 1984, François Hilsum fut, avec René Andrieu, directeur adjoint de Roland Leroy à l’Humanité, s’occupant plus spécialement des problèmes de l’idéologie. Il exécuta pour le journal plusieurs missions (Japon, Chine, URSS, Colombie, Pérou, Viet Nam, Cambodge...). En 1984, après le départ en retraite de André Carrel, il devint rédacteur en chef de l’Humanité Dimanche et supervisa la fête de l’Humanité.

A la fin de 1989, après une grave crise des Éditions Messidor, il en devint le directeur et le resta jusqu’au dépôt de bilan, en juin 1992. Gravement malade depuis janvier 1992 (hospitalisé à sept reprises), il multiplia les demandes pour être déchargé de ces responsabilités. Sur sa demande aussi, il n’est pas réélu au CC, lors du XXVIIIe congrès (1994).

A partir de 1982, François Hilsum reprit la peinture et s’y consacra entièrement après 1992. En 1995, il réalisa une première exposition Galerie Benezit, suivie de 150 autres en France et à l’étranger (New York, Rome, Zurich, Bruxelles, Hong Kong, Beyrouth, Osaka). Deux livres ont été publiés en 2003 et 2012 sur son travail artistique.

Marié à Paris (VIe arr.) en juillet 1951 avec Jeanne, Annie Cyferstajn, mécanographe sténodactylo, fille d’un couple mort dans les camp de concentration, ils eurent deux filles, Claude et Mireille. Divorcé en octobre 1995, il se remaria en juin 1997 avec Danièle Le Guluche à Bagnolet qui accompagnera sa création artistique et ses expositions

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50914, notice HILSUM François par Claude Willard, version mise en ligne le 23 juillet 2009, dernière modification le 17 décembre 2017.

Par Claude Willard

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SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Interview (1996). — Compléments fournis par François Hilsum en décembre 2017. — État civil.

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