Né le 19 juin 1903 à Argenteuil (Seine-et-Oise, Val-d’Oise), mort le 25 mars 1974 à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines) ; cheminot (1916-1920), journaliste, puis secrétaire de rédaction au journal de la CGT, Le Peuple ; syndicaliste, critique cinématographique, écrivain.

Fils de Jules Lapierre, Marcel Lapierre, après l’école primaire, fut embauché, en 1916, comme employé temporaire aux chemins de fer de l’État où il demeura jusqu’en 1920. En 1921 et 1922, il fut secrétaire correspondancier aux magasins de la ville de Saint-Denis, à Paris, puis entra comme journaliste au Peuple, organe de la CGT et y occupa le poste de secrétaire de rédaction de 1930 à 1939.
Autodidacte, Marcel Lapierre publia des articles sur le mouvement social, la littérature ouvrière, mais se spécialisa surtout dans la critique cinématographique et l’histoire du cinéma. Dans son premier ouvrage, Le Cinéma et la paix, publié en 1932, il analysa la place du cinéma dans les propagandes nationalistes durant le premier conflit mondial et montra l’influence qu’il pouvait avoir sur l’esprit des individus. En 1931, il donna des chroniques à Nouvel âge, puis, en 1932, adhéra au Groupe des écrivains prolétariens de langue française et collabora dès lors à toutes les revues créées par Henry Poulaille*.
Pendant la Seconde guerre mondiale, il fut membre du comité de rédaction de l’Atelier, publié de décembre 1940 à août 1944 par Gabriel Lafaye*. Après la guerre, en 1946, Marcel Lapierre publia une Anthologie du Cinéma, puis, en 1948, son ouvrage monumental, Les cent visages du Cinéma, véritable bilan du cinéma mondial, considéré également dans ses rapports avec la vie politique et économique. Entré à la Semaine radiophonique, il poursuivit pendant vingt-cinq ans son travail de critique jusqu’à la disparition du titre repris par Télérama et son licenciement brutal. Sans grandes ressources, malade de surcroît, Marcel Lapierre mourut quelques mois plus tard, à Versailles.
Marcel Lapierre, était intervenu, en 1922-1923, dans plusieurs congrès des Jeunesses syndicalistes CGT, et avait adhéré successivement à la Fédération des cheminots, au syndicat des employés, au syndicat national des journalistes et au syndicat des travailleurs de l’industrie du film.

ŒUVRE : Le Cinéma et la paix, essai, Les cahiers bleus (Valois), 1932. — Anthologie du cinéma, La Nouvelle Édition, 1946. — Aux Portes de la nuit, le roman d’un film de Marcel Carné, 1947. — Les Cent visages du cinéma, Grasset, 1948. — collaborations à : L’Atelier, À Contre courant, La Courte paille, Jean-Jacques, Maintenant, Nouvel Age, Le Peuple, Le Progrès civique, Prolétariat, La Semaine radiophonique.

SOURCES : Arch. PPo. Ba/1686, 1932. — Correspondance de Marcel Lapierre. — Presse : journaux cités.

Jean Prugnot

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