MARRANE Georges, Léon, Marie

Par Nathalie Viet-Depaule

Né le 20 janvier 1888 à Louviers (Eure), mort le 27 août 1976 à Fleury-Mérogis (Essonne) ; mécanicien-horloger ; membre du comité directeur puis du comité central de 1922 à 1932, membre du bureau politique du Parti communiste de 1922 à 1939 ; secrétaire adjoint du Parti communiste en 1934 ; président de la commission centrale de contrôle financier du comité central de 1945 à 1964 ; maire d’Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) de 1925 à 1965, conseiller général de 1925 à 1967, organisateur du Front national en zone sud, vice-président du comité parisien de Libération, conseiller de la République, ministre de la Population et de la Santé (1946), député (1956-1958), sénateur (1946-1956).

[Nos édiles…, op. cit.]

Issu d’une famille fixée en Normandie dont le patronyme rappelle sa lointaine origine espagnole ou portugaise, petit-fils d’un fileur, fils d’un ouvrier qualifié qui, au gré de l’embauche, fut ajusteur, tourneur, serrurier et mécanicien aux chemins de fer, Georges Marrane fut élevé dans la tradition catholique et obtint à Caen (Calvados), en 1899, le Certificat d’études primaires. Il travailla aussitôt en usine, en Seine-et-Oise, comme apprenti mécanicien puis vint à Paris où il devint horloger-mécanicien. Embauché dans diverses entreprises, le plus souvent artisanales, il nourrissait à la veille de la Première Guerre mondiale l’ambition d’avoir une boutique d’horloger-bijoutier, d’être installé à son compte. Ouvrier rue d’Alésia à Paris (XIVe arr.), il habitait le XIIIe arr. où il fréquentait assidûment l’Étoile sportive, pratiquant boxe et football. Il se maria, en mai 1914, avec Lucienne Ducaud, dont il eut deux enfants et dont il se sépara en 1926 (voir Lucienne Marrane).

La guerre changea sa destinée. Mobilisé le 1er août 1914, incorporé comme caporal au 279e régiment d’infanterie, Georges Marrane fut blessé dès les premiers combats (le 5 septembre) puis évacué pour être hospitalisé à Narbonne (Aude). Le 11 décembre, il rejoignit le centre de répartition des ouvriers métallurgistes de Bourges (Cher), qui l’affecta comme ajusteur-outilleur de précision à la Société des compteurs et matériel d’usines à gaz, à Paris, boulevard de Vaugirard (XVe arr.). Son expérience du front, les souffrances humaines et les préjudices dont il avait été témoin l’amenèrent à choisir des engagements qui allaient déterminer toute sa vie.

L’année 1916 fut décisive. Georges Marrane adhéra au syndicat CGT des Métaux de la Fédération de la Seine et au groupe socialiste de Clignancourt, où il fit son apprentissage politique aux côtés de Marcel Cachin, député du secteur. Il habitait, en effet, depuis 1915, rue du Mont-Cenis dans le XVIIIe arr. Il se révéla un militant très actif et eut rapidement des responsabilités à assumer. Il anima le groupe des « Amis du Populaire », l’association des locataires de son arrondissement et, plus tard, fit partie de la 18e section de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC). Durant l’été 1917, Georges Marrane présenta à la 18e section du Parti socialiste une motion (qui fut votée à la majorité) sur la reprise des relations internationales entre les partis socialistes des pays en guerre pour imposer la paix. La Révolution d’Octobre ne fit que renforcer sa combativité, qui le conduisit, en 1919, à être secrétaire de sa section.

Georges Marrane allait progressivement s’affirmer comme un professionnel de la politique. Élu en janvier 1920 membre de la commission exécutive du Comité pour la reconstruction de l’Internationale et, en septembre, du comité exécutif de Fédération socialiste de la Seine, il rallia finalement, à la veille du congrès de Tours (décembre 1920), la fraction socialiste majoritaire en faveur de la IIIe Internationale. Appartenant depuis 1921 à la commission nationale des conflits du jeune Parti communiste, il remplaça Soutif, le 15 janvier 1922, au secrétariat de la Fédération communiste de la Seine. Il fut promu secrétaire général, entra au Comité directeur du parti puis au Bureau politique au congrès de Paris (15-20 octobre 1922).

Entre-temps (novembre 1920) Georges Marrane était devenu l’un des principaux responsables du mouvement coopératif communiste. Il avait fondé avec Léon Henriet et Leroy le comité des coopérateurs révolutionnaires qu’il présidait. Il avait d’ailleurs créé lui-même en 1918 une coopérative de production qu’il dirigeait, « La mécanique moderne », située dans le XVe arr. et employant une dizaine d’ouvriers. Il était à ce titre l’un des secrétaires du syndicat CGT des instruments de précision. Que ce soit avec la rubrique « coopération » qu’il tint toutes les semaines dans la Butte rouge, organe communiste du XVIIIe arr. dont il était le gérant, ou avec la brochure La Coopération révolutionnaire dont il était l’auteur, ou encore par ses multiples interventions dans les cercles de coopérateurs ou à la Fédération nationale des coopératives de consommation, il ne cessa de prôner le développement du mouvement coopératif prolétarien et essaya de le doter d’une organisation efficace.

Membre du comité national d’action contre l’impérialisme et la guerre depuis sa création (22 décembre 1922), pour s’opposer à l’occupation de la Ruhr, Georges Marrane fut arrêté, le 10 janvier 1923, après un meeting organisé à la Grange-aux-Belles (Xe arr.), pour attentat contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État. Incarcéré à la prison de la Santé avec Marcel Cachin, Henri Gourdeaux, Gabriel Péri, Pierre Semard et Hollein, député communiste au Reichtag, il fut mis en liberté provisoire le 7 mai et bénéficia d’un non-lieu le 13 juin suivant. À partir du mois de juillet, il siégea à la commission exécutive de la Fédération des Métaux.

En janvier 1924, au congrès de Lyon, rapporteur de la commission centrale des coopérateurs, Georges Marrane quitta le secrétariat de la Fédération de la Seine en raison de ses nouvelles responsabilités. Le Bureau politique l’avait nommé secrétaire général adjoint, chargé de la commission des coopératives et du bureau d’organisation du Comité directeur. C’est lui qui présenta, le 12 juin, au comité exécutif élargi de l’Internationale communiste la déclaration du parti contre Boris Souvarine. En juin-juillet de la même année il fit partie de la délégation française qui assista au Ve congrès de l’Internationale communiste, au terme duquel la présidence du bureau d’organisation des cellules d’entreprises, du travail des ouvriers étrangers en France, des coopératives et des locataires lui fut confiée. Enfin, en octobre, Georges Marrane entra au conseil d’administration de l’Humanité.

Son ascension au sein de l’appareil du parti se poursuivait. Devenu administrateur de l’Humanité, reconduit comme secrétaire adjoint du Parti communiste au congrès de Clichy (janvier 1925), il semblait être appelé à y jouer un rôle de tout premier plan. Les élections municipales de mai 1925 infléchirent ses responsabilités. Georges Marrane avait été désigné, à la fin de l’année 1924, par le secrétariat de la Fédération de la Seine comme tête de liste du Bloc ouvrier et paysan (BOP) à Ivry-sur-Seine. Il avait donc loué une chambre dans la commune et faisait partie d’une cellule d’entreprise, celle des Isolants. Le Parti communiste pouvait déjà témoigner de son implantation dans cette banlieue ouvrière, située au sud-est de Paris, puisqu’il avait gagné, en 1922, le quartier du Port à la faveur d’élections partielles. La campagne électorale donna lieu à plusieurs réunions où les communistes s’opposèrent vivement aux républicains de gauche et aux radicaux locaux. À l’issue du second tour, le 10 mai, grâce à l’apport des voix des socialistes, la municipalité sortante fut battue. Le 15 mai, Georges Marrane fut élu maire d’Ivry. Le mois suivant ses électeurs l’envoyèrent siéger au conseil général de la Seine.

C’est à partir de ce double plébiscite que Georges Marrane allait devenir l’un des élus locaux les plus marquants de l’entre-deux-guerres en faisant d’Ivry un champ d’expérience au service de la lutte politique. Il fut constamment réélu (avec une majorité sans cesse accrue) à la tête de sa commune et au conseil général jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il sut aussi se saisir des opportunités électorales pour faire entrer des candidats inéligibles à l’assemblée municipale : Henri Dumoulin , marin condamné pendant la guerre du Maroc, en 1927 (à l’occasion de partielles qui avaient été provoquées par sa propre invalidation, la préfecture de la Seine lui reprochant de ne pas être domicilié à Ivry au moment de son élection), et, une femme, Marie Lefèvre , infirmière à l’hospice d’Ivry, en 1929.

Georges Marrane s’entoura avant tout d’hommes, essentiellement des ouvriers, tels qu’Henri Birot, son premier adjoint de 1925 à 1929, Jean Mazet, Hippolyte Marquès, Joseph Micalef, Louis Bertrand, Gaston Richard, Venise Gosnat ou Auguste Havez, responsable de la commission municipale au Comité central, pour imposer sa conception de la gestion communale. Avec les édiles et grâce à eux, il développa un système d’assistance et d’aide sociale qui aboutirent notamment à un dispensaire municipal, à la réorganisation du bureau d’hygiène et de salubrité publique confiée à Robert-Henri Hazemann , hygiéniste de renom, à la gratuité des fournitures scolaires et à la création des « vacances populaires enfantines ». Il réalisa surtout des logements et des équipements : groupes scolaires, école d’apprentissage, stades, groupes d’habitations à bon marché (plus de 800 logements) sans compter la mise en place d’une régie municipale. En fait, Georges Marrane utilisa avec habilité tous les moyens qu’il avait à sa disposition pour servir les intérêts de ses électeurs, jonglant avec les budgets communaux, instituant des tarifs dégressifs selon les usagers, appliquant la taxe professionnelle selon la valeur locative et s’assurant des conseils de jeunes avocats (comme Léo Hamon) pour mieux contourner les obstacles et faire aboutir ses desseins gestionnaires.

Mais si son action municipale prit rapidement valeur d’exemple, elle le dut aussi à l’activité qu’il développa au conseil général dans de nombreuses commissions et à la nature de ses autres tâches politiques. En effet, depuis 1925 Georges Marrane était administrateur de la Banque ouvrière et paysanne qu’il avait contribué à fonder. En avril 1926, il fut chargé avec Pierre Semard de réorganiser la presse du Parti communiste et en juin au congrès de Lille, fut reconduit comme secrétaire adjoint du PC jusqu’en février de l’année suivante. L’oubli dans un taxi, en octobre 1927, de sa serviette contenant des documents sur la comptabilité du parti eut un retentissement certain et contribua peut-être à l’écarter du Bureau politique. Il fit cependant partie de la délégation du parti qui participa, en 1928, au VIe congrès de l’Internationale communiste. En 1929, Georges Marrane quitta ses fonctions d’administrateur de l’Humanité, se retrouva simple membre du Comité central (congrès de Saint-Denis, avril 1929). La faillite de la Banque ouvrière et paysanne en 1930 lui valut de nombreuses critiques, bien qu’il fût jugé « tout à fait désintéressé ». Il fut par ailleurs inculpé de complot contre la sûreté de l’État et arrêté le 17 mai 1930, mais immédiatement relaxé.

À partir du début des années trente, Georges Marrane s’affirma comme spécialiste des questions municipales. Sa compétence fit d’ailleurs de lui, en 1931, le secrétaire de la Fédération des municipalités ouvrières et paysannes. Il apparut dès lors comme ayant délibérément choisi de jouer la compétence municipale. Pugnace, efficace, investi de la confiance des ivryens, n’ayant plus de responsabilité au Comité central (il ne fut pas réélu en 1932) et même s’il alla rencontrer, en 1933, des communistes espagnols ou fit un voyage, en 1934, en Union soviétique, il consacra l’essentiel de ses activités à sa commune et au conseil général dont il fut le président en 1936 et 1937. Il est vrai que l’élection, en 1932, de Maurice Thorez comme député de la circonscription pouvait laisser supposer une répartition des tâches entre eux : techniques pour Georges Marrane, politiques pour Maurice Thorez. Quoi qu’il en fût la présence du secrétaire général du Parti communiste contribua considérablement à faire d’Ivry le symbole de la cité communiste.

Poursuivant ses tâches de gestionnaire, Georges Marrane établit un nouveau style de travail municipal. Il tissa des liens étroits avec la population ivryenne en préconisant des représentants (syndicalistes, responsables d’associations, membres du corps enseignant par exemple) dans les commissions municipales. Le sport (une des passions de sa vie) qu’il chercha à développer sous toutes ses formes autour de l’Union sportive du travail d’Ivry et les réalisations qu’il mena en faveur de l’enfance furent pour lui l’occasion d’asseoir sa popularité : matchs, compétitions, fêtes scolaires, colonies de vacances... Par ailleurs sa disponibilité était notoire ; il avait instauré le libre accès à la mairie, la porte de son bureau étant fréquemment ouverte.

Membre du bureau de la région Seine-sud du PC, Georges Marrane n’abandonna toutefois pas la lutte politique. Il devint, tout particulièrement au cours des années de crise économique, le porte-parole des sans-emploi. Président au conseil général de la commission du travail et du chômage, il favorisa à Ivry l’organisation des chômeurs et constitua une caisse de chômage. Il fut en avril 1936, avant l’appel de « la main tendue » lancé par Maurice Thorez, à l’initiative d’un comité d’entraide en leur faveur qui rassembla quatre-vingt-dix associations locales. Il soutint aux côtés du comité intersyndical les nombreuses grèves qui éclatèrent dans la commune venant fréquemment parler à la porte des entreprises et apporter le soutien matériel de la municipalité tout comme, en pacifiste convaincu, il fut de toutes les manifestations antifascistes.

Mais Georges Marrane, qui déjà par le rôle qu’il jouait au conseil général ne se cantonnait pas aux seuls intérêts d’Ivry, sut camper sa position de grand maire de banlieue. Il aida souvent de ses conseils les nouveaux élus de la « ceinture rouge », élus en 1934 et 1935, tel Henri Arlès que la gestion municipale déroutait. Coprésident, à partir de 1934, de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) avec Antonin Poggioli, maire socialiste du Bourget (Seine, Seine-Saint-Denis), il étendit son action aux syndicats intercommunaux de la banlieue de Paris (eaux, gaz, électricité, octroi, pompes funèbres...) qu’il fût membre du bureau ou président. Nommé par le gouvernement, il fit partie de plusieurs commissions ministérielles : réforme administrative du Grand-Paris, réforme financière du département de la Seine et des communes suburbaines, aménagement des villes et Conseil supérieur d’aménagement de la région parisienne (commission dont il était vice-président). En 1938, Georges Marrane brigua au nom du Front populaire un mandat de sénateur après le décès de Charles Auray, maire de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis), mais la discipline de vote ayant fait défaut il fut distancé de 37 voix. Cette année-là il entra au bureau de l’Union amicale des maires de la Seine comme membre assesseur. En 1939, il fut reconduit comme vice-président.

La Seconde Guerre mondiale allait faire de lui un grand résistant. Le 4 octobre 1939 un décret suspendit la municipalité d’Ivry-sur-Seine et instaura une délégation spéciale présidée par Henri Jacquelin, ancien régisseur de la Bourse du Travail. Dès les premières arrestations de députés communistes, Georges Marrane quitta la commune et entra dans la clandestinité (il fut déchu de son mandat le 21 janvier 1940). Réfugié avec sa famille en Corrèze, puis en Haute-Vienne, il déploya très rapidement une activité considérable. Il réorganisa le PC dans la région lyonnaise et fut ensuite chargé de fonder, en mai 1941, le Front national en zone sud. Georges Marrane, « l’infatigable Gaston », en devint l’un des dirigeants. Il mit sur pied un certain nombre de sections et instaura des comités populaires avec des responsables départementaux et locaux. Ce fut lui qui, pendant trois ans, assura la liaison entre le Comité central clandestin du parti et les autres mouvements de résistance. Appelé à assumer d’autres tâches, il revint le 15 août 1944 dans la région parisienne et fut désigné comme vice-président du comité parisien de Libération. À ce titre, il prononça une allocution lorsque le général de Gaulle arriva le 25 août à l’hôtel de ville de Paris où il déclara : « Le comité parisien de Libération est fier de vous accueillir dans cet hôtel de ville reconquis par le peuple de Paris. Suivant les directives que vous avez données comme chef du gouvernement, le comité parisien de Libération, en accord avec le Conseil national de la Résistance, a lancé, le 19 août, le mot d’ordre d’insurrection nationale. Il a été suivi avec enthousiasme par une population qui a ressenti profondément dans son âme et dans sa chair la honte infligée à sa ville par la présence des hordes hitlériennes et qui n’a jamais cessé de lutter avec la certitude de la victoire finale... »

Après la Libération Georges Marrane retrouva les fonctions qu’il exerçait avant la guerre et, fort de l’autorité qu’il avait acquise comme dirigeant dans la Résistance, fut appelé à assumer de nouvelles responsabilités. En avril 1945, il fut réélu maire d’Ivry mais il confia l’essentiel de la gestion municipale à son premier adjoint, Venise Gosnat, à cause de ses nombreuses autres tâches. En effet, représentant déjà, à l’Assemblée consultative, le Front national, il siégea à nouveau au conseil général qu’il présida de 1945 à 1946 et devint administrateur de l’Office public d’habitations à bon marché de la Seine. En novembre 1946, il fut élu au premier conseil de la République, dont il assura la vice-présidence trois mois plus tard. Le 23 janvier 1947, il entra comme ministre de la Santé publique et de la Population dans le cabinet de Paul Ramadier. Il en démissionna le 5 mai suivant par solidarité avec les autres ministres communistes (Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux et Charles Tillon) qui avaient été exclus la veille. Il n’avait en effet pas été tenu de se prononcer sur la politique gouvernementale en tant que conseiller de la République. À partir de ce moment-là, il eut à présider (et ce jusqu’en 1964) la commission de contrôle financier du Comité central du Parti communiste.

Georges Marrane fut ensuite constamment plébiscité : maire de 1947 à 1965, conseiller général de 1946 à 1967, conseiller de la République de 1947 à 1967, député et vice-président du groupe communiste de 1956 à 1958, sénateur de 1946 à 1956 puis de 1959 à 1968. En décembre 1958, le Parti communiste le présenta comme candidat à la présidence de la République. Secrétaire général de l’Association des maires de France (1946-1947), président de l’Union des villes de France (1945-1953) puis secrétaire général (1955), président des élus républicains, il continua à défendre sa conception du travail municipal et présenta, au XIe congrès du PC (Strasbourg, juin 1947), un rapport sur les questions municipales intitulé « Des réalisateurs au service du peuple ». » Réélu maire, en mars 1965, Georges Marrane transmit le flambeau à Jacques Laloë. Fait maire honoraire (il fut encore réélu conseiller municipal en 1971), il poursuivit ses activités au conseil municipal, à la FSGT dont il était le président d’honneur depuis 1953 et à l’Union des vieux de France. Il présidait aussi l’Office public d’habitations à loyer modéré (OPHLM) d’Ivry, l’Union sportive, l’œuvre des vacances enfantines et l’association pour la création d’un musée de la Résistance.

Malade, Georges Marrane mourut en août 1976. Père de quatre enfants (il s’était remarié en juillet 1937, à Alfortville (Seine, Val-de-Marne), avec Alice Guérin dont il avait eu deux enfants), il était officier de la Légion d’honneur et titulaire de la rosette de la Résistance. Ses obsèques eurent lieu à Ivry, dans cette cité à laquelle il s’était attaché. Avec lui disparaissait l’une des figures marquantes de la gestion municipale communiste, un militant qui incarna l’archétype d’une génération d’élus ouvriers.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article73151, notice MARRANE Georges, Léon, Marie par Nathalie Viet-Depaule, version mise en ligne le 5 août 2009, dernière modification le 18 mars 2018.

Par Nathalie Viet-Depaule

[Nos édiles…, op. cit.]
[Sénat]
[Assemblée nationale, Notices et portraits, 1956]
Georges Marrane, X, André Marty
Georges Marrane, X, André Marty
À l’usine Dynamo de Moscou, en 1925

SOURCES : RGASPI, 495 270 34. — Arch. Nat., F7/13080, 13103, 13107, 13119, 13254, 13564, 13522. — Arch. PPo. 101. — Arch. Paris, DM3 versement 10451/76/1. — Arch. Com. Ivry-sur-Seine. — Bibliothèque marxiste de Paris. — Arch. Sénat. — L’Humanité. — La Butte rouge, 1921-1922. — L’Aurore, 1922-1924. — L’Aube sociale, 1926-1932. — La Banlieue de Paris, 1932. — Le Travailleur de la banlieue sud. — Le Journal de Saint-Denis, 1935-1939. — Regards, 28 novembre 1935. — Nos Édiles, op. cit.Le Monde, 29-30 août 1976. — Des réalisateurs au service du peuple, Rapport présenté par Georges Marrane, XIe congrès du PCF, Éd. du Parti communiste, 1947. — Conseil général de la Seine, Célébration des vingt-cinq années de mandat de Georges Marrane, Imprimerie municipale, 1951. — Arch. Musée de la Résistance, Notes rassemblées par Georges Marrane sur le Front national en zone sud. — Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, t. 1 et 2, Éd. Laffont, 1967 et 1969. — Maquis de Corrèze par cent vingt témoins et combattants, Éd. sociales, 1971. — Bernard Chambaz, L’implantation du Parti communiste français à Ivry pendant l’entre-deux-guerres, Mémoire de Maîtrise, 1971. — Notre musée, « Souvenirs de Madeleine Braun », membre du Comité directeur du Front national en zone sud, n° 64, octobre 1976. — Léo Hamon, intervention au Comité d’histoire de la Seconde guerre mondiale, La Libération de la France, Éd. CNRS, 1976. — Nathalie Viet-Depaule, Du côté d’Ivry-sur-Seine, des conseillers municipaux aux habitants de 1870 à 1939, CEMS/EHESS, 1984 ; Georges Marrane entre les-deux-guerres : un maire hors pair ?, colloque « Recherches et décentralisation », ministère de la Recherche et de la Technologie, 1985. — Waldeck L’Huillier, Combats pour la ville, Éd. sociales, 1982. — Philippe Robrieux, Histoire intérieure du Parti communiste, Fayard, t. 4, 1984. — Fernand Leriche, Jacques Varin, Ivry-sur-Seine, le souffle de l’histoire, Éd. Messidor, 1984. — Michèle Rault, Les Interventions de Georges Marrane au conseil général de la Seine, 1925-1938, Archives communales d’Ivry, 1986 ; Georges Marrane, Édité par l’association pour l’histoire d’Ivry-sur-Seine, 1988. — Charles Riondet, Le Comité parisien de la Libération 1943-1945, PUR, 2017.— Témoignages de nombreux ivryens, de Madame Arditi, directrice du centre de santé d’Ivry de 1938 à 1978, de sa fille Renée Nguyen Manh Ha, de sa petite-fille, Annie Velten. — Notes de Claude Pennetier. — État civil.

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