MERLOT André, Marcel

Par Michèle Rault

Né le 3 décembre 1920 à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne), mort le 21 juin 1980 au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) ; menuisier ; résistant à Ivry-sur-Seine et dans le Pas-de-Calais, commandant FTP ; militant communiste, membre du comité central du Parti communiste (1954-1972) ; secrétaire confédéral de la CGT (1955-1969).

[Arch. Com. Ivry-sur-Seine]

Fils d’un peintre en bâtiment et d’une journalière, André Merlot, dernier d’une famille de quatre enfants vécut son enfance dans le quartier d’Ivry-Port. Son père avait été emprisonné deux ans en Prusse orientale pour avoir refusé de tirer sur les soldats allemands pendant la Première Guerre mondiale. Il était qualifié de « communiste » dans un rapport de police de 1924. Il travaillait alors à la Compagnie française de matériel de chemin de fer, appelée « les galères » à cause de la pénibilité du travail.

Après avoir obtenu le certificat d’études primaires, André Merlot entra en apprentissage de menuisier à Ivry chez Marcillet-et-Pont. Pionnier à partir de 1931, il adhéra à la Jeunesse communiste (JC) et à la CGT en 1935 ou 1936 selon les sources. Dans son entreprise, il participa à la grève du 30 novembre 1938, et fut licencié avec quatre-vingts autres ouvriers. Il retrouva du travail chez un fabricant de caisses.

Trésorier de la section ivryenne des Jeunesses communistes, André Merlot prit des mesures, après l’interdiction du Parti communiste en 1939, pour pouvoir continuer à éditer des tracts. Il diffusa l’Humanité clandestine et La Voix des usineset devint responsable des Jeunesses communistes dans les usines. En âge d’être mobilisable, il quitta Ivry en juin 1940 avec d’autres militants des Jeunesses communistes dont Jean Compagnon. Il prit alors contact avec des militants communistes de l’Indre, à Dun-le-Poelier, et sur leur indication récupéra et cacha des armes. Revenu à Ivry-sur-Seine, il participa à la création de comités populaires, premières formes de résistance à l’occupant et organisa des sorties pour permettre aux jeunes d’Ivry et des communes environnantes de se retrouver. Responsable des Jeunesses communistes d’Ivry et de la région sud de la Seine des JC, il prit part à de nombreuses actions sous le nom de commandant Marquet : sabotage d’usines travaillant pour les Allemands, récupération d’armes… Le 17 mars 1941, alors qu’il était employé comme terrassier, il fut arrêté après la perquisition de son logement. Condamné à huit mois de prison, il fut interné à la prison de la Santé puis à Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Libéré le 17 septembre 1941, il reprit contact avec la direction nationale des JC. Vivant dans la clandestinité, il participa aux premiers groupes de l’Organisation spéciale puis fut muté dans l’appareil technique national des JC sous la direction de Jean Compagnon.

Trop recherché dans la région parisienne, il fut envoyé en septembre 1942, comme inter-région dans le Nord pour réorganiser l’appareil militaire du Pas-de-Calais. Il mena notamment des attaques de trains allemands et de transports de troupes. En octobre 1943, il parvint à s’évader après avoir été arrêté à la gare d’Arras (Pas-de-Calais). Il fut alors renvoyé comme inter-région en région parisienne en tant que responsable politique de la Jeunesse communiste. Au mois de mars 1944, il fut muté comme adjoint à l’inter-région FTP de la région parisienne. Il participa aux combats de la Libération, en particulier à la prise du Palais du Luxembourg. Commandant de l’État-major Île-de-France des FTP, il partit avec le colonel Fabien (voir Pierre Georges*) jusqu’à Mars-la-Tour (Meurthe-et-Moselle). À cause de son mauvais état de santé, il dut quitter cette unité et fut démobilisé en novembre 1944.

André Merlot adhéra au Parti communiste en 1944 et suivit différentes sessions de l’école centrale. Il accédait au bureau fédéral Seine-Sud en 1945 et au comité fédéral en 1946. Secrétaire fédéral des Jeunesses communistes puis secrétaire régional de l’Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF), il fut élu au comité national de l’UJRF le 30 août 1946. Il conserva des tâches permanentes au sein de cette organisation jusqu’au 31 juillet 1947. En 1948, il était membre du comité fédéral de Seine-et-Oise puis accéda au bureau fédéral et, en 1950, militait à la cellule des cheminots de Villeneuve-Saint-Georges. Il fut membre du comité central du PCF de 1954 à 1972 et siégea à la Commission centrale de contrôle financier (CCCF) de 1972 à 1976. En 1956, il était "remplaçant d’été" au bureau politique, prenant la place de Waldeck Rochet parti en vacances.

Ses responsabilités syndicales allaient devenir importantes. Chargé des organisations CGT de la construction, secrétaire de l’Union départementale de la Seine en 1948, il fut désigné secrétaire général de l’Union des syndicats de Seine-et-Oise puis secrétaire confédéral de la CGT de 1955 à 1969. Il quitta cette tâche pour diriger jusqu’au XXIIIe congrès (1979) la section de la main d’œuvre immigrée.

André Merlot était titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance avec rosette.

Il s’était marié le 30 décembre 1944 à Ivry-sur-Seine avec Andrée Vermeersch, sœur de Jeannette Vermeersch*, qui fut internée au camp de Châteaubriant. Il se remaria à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) le 17 février 1977 avec Jacqueline Lucas.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article74963, notice MERLOT André, Marcel par Michèle Rault, version mise en ligne le 21 octobre 2009, dernière modification le 19 septembre 2017.

Par Michèle Rault

[Arch. Com. Ivry-sur-Seine]

SOURCES : Arch. Com. Ivry-sur-Seine, fonds de la FNDIRP. — Musée de la Résistance nationale, témoignage d’André Merlot, 1969. — Notes de Paul Boulland. — Notes de Jean-Pierre Merlot.

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