Né le 13 février 1877 à Findon, Gamrie, Banffshire ; mort le 25 février 1919 à Londres ; syndicaliste et socialiste.

Fils d’un forgeron et encouragé par une mère aux idées très avancées, Anderson part à seize ans pour Aberdeen travailler comme apprenti de laboratoire chez un pharmacien. Touché par la propagande des socialistes il passe du radicalisme au socialisme, l’hostilité qu’il éprouve envers la guerre des Boers achevant de le confirmer dans cet itinéraire. En 1900 il adhère au parti indépendant du travail (Independent Labour Party, ILP). Son socialisme restera cependant très marqué par la ferveur morale qui caractérisait le radicalisme écossais de la fin du XIXe siècle. En même temps, Anderson milite au syndicat des employés de magasins (Shop Assistants’ Union). Il s’y montre si efficace qu’il est nommé permanent en 1903. Il occupe ce poste jusqu’en 1907, date à laquelle il se tourne vers une activité plus directement politique. Élu en 1908 au Conseil administratif national de l’ILP (National Administrative Council), il va faire partie des dirigeants de l’ILP jusqu’à sa mort.
Dans les années qui précèdent 1914 Anderson appartient à l’équipe de militants qui s’efforcent de faire du Daily Citizen le quotidien du mouvement ouvrier. Lorsque le journal paraît en 1921, il en est l’un des principaux éditorialistes. Dans les réunions publiques, c’est un orateur très demandé, car il a le don de la présence et une parole agréable — avec une rhétorique assez fleurie selon la mode du temps. En 1914, comme la plupart des leaders de l’ILP, il prend parti contre la guerre et c’est lui qui rédige le manifeste du parti réaffirmant les principes de l’internationalisme socialiste. À la mort du député travailliste de l’arrondissement d’Attercliffe à Sheffield, à la fin de 1914, Anderson est élu au Parlement (en raison de la trêve conclue entre les partis politiques, c’est une élection sans opposant). Aux Communes, Anderson concentre son action sur la défense du niveau de vie ouvrier menacé par la guerre. Plus tard, il est l’un des principaux orateurs à la Convention de Leeds organisée en juin 1917 pour saluer la Révolution russe.
Aux élections législatives de décembre 1918, Anderson, comme tous les candidats qui s’étaient opposés à la guerre, est battu. Quelques semaines après, il meurt, terrassé par l’épidémie de grippe espagnole, fin prématurée qui interrompt brutalement une carrière prometteuse (on a souvent dit qu’il aurait pu prendre la place de MacDonald* à la tête du parti travailliste). En 1911 Anderson avait épousé Mary Macarthur*.

ŒUVRE : Articles de journaux et brochures.

BIBLIOGRAPHIE : F. Brockway, Socialism over Sixty Years, Londres, 1946. — L. Thompson, The Enthusiasts, Londres, 1971. — J. Bellamy et J. Saville (éd.), Dictionary of Labour Biography, t. II.

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