LELARGE Jean, Onésime

Par Didier Bigorgne

Né le 27 décembre 1906 à Epernay (Marne), fusillé comme otage le 2 avril 1942 à Clairvaux (Aube) ; ouvrier métallurgiste ; militant communiste et syndicaliste des Ardennes.

Né dans une famille de vignerons, Jean Lelarge perdit son père Rémi Lelarge qui fut tué au combat pendant la Première Guerre mondiale, le 28 février 1916 à Manheulles (Meuse). Avec son frère aîné Honorat, il fut adopté par la Nation en vertu d’un jugement du tribunal de Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne) le 28 avril 1922.
En 1926, Jean Lelarge effectua son service militaire au 40e RAC de Châlons-sur-Marne d’où il sortit avec le grade de brigadier.
Il exerçait le métier d’ouvrier métallurgiste à Reims. Il était membre du syndicat CGTU des Métaux et militait au Parti communiste. En octobre 1931, il fut arrêté pour provocation de militaires à désobéissance pendant les grandes manœuvres de Champagne. Il fut condamné à huit mois de prison comme droit commun et à 15 540 francs d’amende sous peine de contrainte. Il fut libéré de la prison de Reims en mars 1932.
Le 27 avril 1935, Jean Lelarge épousa Antoinette Collin, sans profession, à Troissy (Marne) ; de cette union naquirent trois enfants. Le couple s’installa à Charleville où Honorat Lelarge était déjà fixé. Jean Lelarge exerça alors la profession de tôlier chaudronnier aux établissements Sisson-Lehmann. Il fut élu au bureau de la Région communiste des Ardennes en 1936, fonction qu’il conserva jusqu’à sa dissolution le 26 septembre 1939. Pendant des années, il devint un diffuseur fort actif de la presse communiste dans la cité carolopolitaine.
Pendant l’Occupation, Jean Lelarge et son frère Honorat furent parmi les initiateurs de la reconstitution d’un parti clandestin. Après une importante distribution de tracts dans la nuit du 22 au 23 août 1941, ils furent arrêtés par la police et condamnés à cinq ans de prison et cent francs d’amende par la Cour spéciale de Nancy qui siégea le 12 septembre suivant. Alors qu’Honorat Lelarge fut déporté en A1llemagne, Jean Lelarge fut incarcéré à la maison centrale de Claivaux (Aube) pendant huit mois. Il a été fusillé par les Allemands le 2 août 1942 au lieu-dit Le Clamart, commune de Ville-sous-la-Ferté. Une cérémonie officielle y fut tenue le dimanche 26 novembre 1944.
Le 12 mai 1946, le Secours Populaire français rendit hommage à Jean Lelarge sur la place Ducale à Charleville. Le 26 mai suivant, son frère Honorat, rentré de déportation, mourait.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76011, notice LELARGE Jean, Onésime par Didier Bigorgne, version mise en ligne le 24 janvier 2010, dernière modification le 24 février 2017.

Par Didier Bigorgne

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Arch. Nat. F 7.13.130. – Arch. Dép. Ardennes, 1 M 15 et 21, 1 W 12 et 42 à 55. – L’Exploité (de Reims), 1921 à 1931. – Notes d’Henri Manceau. – État civil, Épernay, Cumières et Troissy.

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