Née le 30 novembre 1920 à Arras (Pas-de-Calais), morte le 6 juin 1983 à Paris (XVe arr.) ; résistante ; libertaire ; productrice à l’ORTF.

Fille unique de Roger Glaser et de Yvonne Stein, commerçants juifs d’Arras (à l’enseigne de la Maison bleue), Denise Glaser naquit dans une famille aisée. Elle entra à l’École libre des sciences politiques puis quitta Paris pendant la guerre. L’aryanisation du magasin de ses parents la conduisit à se replier sur Clermont-Ferrand. Elle sympathisa avec son professeur de philosophie, Dominique Desanti qui la fit entrer dans la réseau du Mouvement national contre le racisme qui s’occupait de la protection des enfants juifs.
Recherchée, elle se réfugia à Saint-Alban (Lozère), où se trouvait un asile qui permit aux résistants Lucien Bonnafé et François Tosquelles jetaient les base d’une nouvelle psychiatrie. Elle y côtoya Paul Éluard et s’occupa des enfants du Villaret.
Après la guerre, libertaire, elle travailla comme journaliste à Paris Midi avec Dominique Desanti puis comme illustratrice sonore à la radio. Jean-Toussaint Desanti l’avait présenté à Frédéric Rossif. À partir de 1959, Denise Glaser présenta Discorama. Cette émission lui fit acquérir une certaine notoriété et lui permis de lancer de jeunes talents (Jacques Brel, Georges Brassens->17800]), Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Barbara), dont certains découverts dans les galas annuels du Monde libertaire auxquelles elle participait régulièrement, Denise Glaser étant restée proche de Suzy Chevet.
Si elle n’eut plus d’activité militante, elle joua un rôle actif dans l’occupation de l’ORTF en 1968. Elle fut suspendue à trois reprises de la télévision sous la présidence de Georges Pompidou. Son émission fut supprimée avec la disparition de l’ORTF. Elle travailla alors dans la publicité et participa à des courts métrages. Elle finit sa vie dans un relatif isolement et dans la difficulté matérielle.
Lors de ses obsèques en 1983, Denise Glaser fut enterré au Carré israélite de Saint-Roche de Valenciennes, seules parmi les artistes Barbara et Catherine Lara étaient présentes pour rendre un dernier hommage à celle qui avait permis la consécration de jeunes artistes ; nombres des chanteurs qui lui étaient proches avaient déjà disparu (Jehan Jonas, Jacques Debronckaert, Georges Brassens).

SOURCES : Presse. — État civil d’Arras. — Didier Daeninckx, Caché dans la maison des fous, Éditions Bruno Doucey, 2014.

Sylvain Boulouque, Claude Pennetier

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