HARTMANN Charles, Ernest

Par François Igersheim, Léon Strauss

Né le 21 novembre 1891 à Carspach (Haute-Alsace annexée), mort le 11 janvier 1956 à Thann (Haut-Rhin) ; ouvrier d’usine, puis permanent syndical de l’UGB (syndicats chrétiens d’Alsace et de Lorraine adhérents à la CFTC), secrétaire syndical de l’UGB à Mulhouse (Haut-Rhin) à partir de 1919, secrétaire général de l’UD de l’UGB jusqu’en 1936 ; conseiller général du Haut-Rhin (1934-1940), député du Haut-Rhin (1936-1940, officiellement 1942) ; résistant dans le Sud-Ouest ; président de la Caisse primaire de Sécurité sociale de Mulhouse après 1945.

Charles Hartmann dans les années 1930.
Charles Hartmann dans les années 1930.
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936.

Fils d’Ernest Hartmann, ouvrier d’usine, et de Marie-Louise Bach, Charles Hartmann débuta dans la vie professionnelle comme ouvrier d’usine et milita très tôt dans le mouvement syndical chrétien, à l’Union départementale du Haut-Rhin de la Fédération des syndicats indépendants d’Alsace et de Lorraine adhérant à la CFTC (Unabhängiger Gewerkschaftsbund, UGB) dont il fut permanent dès 1919, d’abord comme secrétaire syndical, puis comme secrétaire général de 1919 à 1936.

Ses activités syndicales l’entraînèrent vers la vie politique, dans le parti catholique alsacien, l’Union populaire républicaine (UPR), dont il fut membre du comité directeur de 1933 à 1940. Conseiller général de Saint-Amarin en 1935, il se présenta l’année suivante aux élections législatives dans la circonscription de Thann (Haut-Rhin) sous l’étiquette UPR et fut élu au premier tour le 26 avril 1936. À la Chambre, il s’inscrivit au groupe indépendant d’action populaire, qui regroupait les députés de l’UPR ainsi que les autonomistes. Il appartint à la commission d’Alsace-Lorraine, à celle de la prévoyance sociale et des assurances.

Le 10 juillet 1940, il vota la loi accordant les pouvoirs constitutionnels au maréchal Pétain. Il refusa de rentrer en Alsace annexée et défendit les intérêts de ses compatriotes expulsés et réfugiés. En 1941, il dénonça auprès de Pétain les pressions exercées par les Allemands sur les parlementaires alsaciens. L’année suivante, il rencontra Pierre Laval* et protesta contre l’incorporation de force des jeunes Alsaciens dans la Wehrmacht.

Charles Hartmann fut à l’origine de la réunion des députés et conseillers généraux du Haut-Rhin et de Moselle du 27 octobre 1942 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) : elle transmit au maréchal Pétain une seconde protestation contre l’incorporation de force et réclamait de lui, en vain, qu’il sorte du silence.

Il participa à la rédaction du Cahier de Témoignage Chrétien, « Alsace et Lorraine, terres françaises », rédigé à Toulouse (Haute-Garonne) à l’automne 1943, joua un rôle actif dans la Résistance, à Barbazan (Hautes-Pyrénées) près de Lourdes. À la Libération, il participa au recrutement d’un bataillon de la brigade Alsace-Lorraine.

En août 1945, il figurait dans la minorité du comité directeur du MRP haut-rhinois et ne put s’opposer à la mainmise sur la direction du parti de l’ancien préfet Fonlupt-Espéraber. Frappé d’inéligibilité du fait de son vote du 10 juillet 1940, il n’était pas encore relevé par le jury d’honneur institué par l’ordonnance du 6 avril 1945 lorsqu’il se présenta aux cantonales de Saint-Amarin ; il fut battu par le capitaine FFI du canton. Il échoua à nouveau en avril 1946 et se retira de la vie politique.

Il demeura très actif dans le domaine social. Membre du conseil d’administration de l’hôpital de Thann, il fut élu aux premières élections aux caisses primaires de la Sécurité sociale et devint président de la caisse primaire de Mulhouse. Président de la section de Thann du Groupement d’entraide des réfugiés et expulsés d’Alsace et de Lorraine (GERAL) qui s’efforça de faire reconnaître les droits des Alsaciens expulsés et spoliés pendant la guerre et dénonça les insuffisances de l’épuration. Il anima également la revue catholique Chez soi.

Il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur et était titulaire de la médaille de la Reconnaissance française pour faits de résistance.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article76621, notice HARTMANN Charles, Ernest par François Igersheim, Léon Strauss, version mise en ligne le 14 mars 2010, dernière modification le 13 décembre 2015.

Par François Igersheim, Léon Strauss

Charles Hartmann dans les années 1930.
Charles Hartmann dans les années 1930.
Assemblée nationale, Notices et portraits, 1936.

SOURCES : Nouveau Dictionnaire de Biographie alsacienne, fascicule n° 15, p. 1422-1423. — DBMOF, t. 31, p. 234. — DPF, t. 4 (la notice reprend quasi textuellement celle du DBMOF, op. cit.) — Notes de Jean-Marie Conraud.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément