SAINT-ELOY Henri

Né le 21 mai 1868 à Nevers (Nièvre) ; mort dans cette ville le 10 décembre 1932 ; typographe-correcteur ; syndicaliste et coopérateur.

Issu d’une très ancienne famille de Nevers, Saint-Eloy était le troisième de huit enfants ; son père Jean, Alexandre fut marinier dans sa jeunesse, puis cordonnier. Après avoir passé le certificat d’études primaires et bien qu’ayant obtenu une bourse pour poursuivre ses études, Henri Saint-Eloy choisit de travailler en raison de la pauvreté de sa famille ; il songea même à s’engager après une période de chômage ; faute d’emploi à Nevers, il partit travailler à Paris, entre 1896 et 1898 ; de retour à Nevers, il se maria avec une couturière qui devint par la suite téléphoniste au PLM.
Saint-Eloy fut un des principaux militants de la Fédération du Livre à Nevers à partir de 1905 : président du syndicat de 1905 à 1913, puis trésorier jusqu’à sa mort en 1932. Il participa à différents congrès, entre autres à celui de Lyon où fut réclamée la journée de huit heures, et au congrès international de Paris en 1907. Il appartint à peu près constamment, à partir de 1906, à la commission administrative de la Bourse du Travail de Nevers. Il était aussi membre de la commission de rédaction du Prolétaire de la Nièvre, journal de la fédération départementale des syndicats ouvriers.
Saint-Eloy se révéla un des militants les plus actifs lors des grèves du Livre à Nevers ; il resta plus de six mois sans emploi à la suite de la grève de 1906 ; il fut alors l’un des fondateurs de la coopérative l’« Imprimerie nouvelle l’Avenir ». En 1911, son arbitrage officiel fut accepté par les grévistes, mais refusé par les patrons.
Saint-Eloy semble avoir eu un ascendant et une influence réels servis par une solide personnalité (cf. lettres au préfet en 1906), un grand dévouement (à la suite de la grève de 1911, il laissa sa place à un père de famille), une grande rectitude morale. Ces qualités expliquent sans doute que diverses responsabilités lui aient été fréquemment confiées : conférences de propagande syndicale en 1906, représentation de la Bourse à Prémery (Nièvre), en 1913, lors de la grève de l’usine Lambiotte. Il fut élu au conseil des prud’hommes en 1911. En février 1908, il était membre d’une commission créée par la Bourse pour étudier la formation d’une coopérative de consommation. En septembre 1911, il était, avec Trimat, membre d’une commission convoquée par la municipalité, à la suite d’agitation au marché de Nevers, pour lutter contre la hausse des prix ; il devint président de la coopérative de consommation « L’Économie ouvrière ». En 1913, la Bourse de Nevers fit appel à lui pour seconder un éventuel groupe de jeunes syndicalistes dont la création était envisagée. Pendant la guerre, président de la fédération des coopératives de la Nièvre, Saint-Eloy joua un rôle important pour tout ce qui concerne le ravitaillement régional. Enfin, en 1930, il devint directeur de l’Office départemental et municipal de placement.
Son activité débordait le monde ouvrier et s’étendait à diverses sociétés. Il appartint à la Franc-Maçonnerie à la fin de sa vie.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article85366, notice SAINT-ELOY Henri , version mise en ligne le 30 mars 2010, dernière modification le 30 mars 2010.

SOURCES : Arch. Dép. Nièvre, série M : grèves diverses et conflits, 1910-1918. — Le Prolétaire de la Nièvre. — Renseignements fournis par la fille de Saint-Eloy, Mlle Madeleine Saint-Eloy, institutrice retraitée, aujourd’hui décédée.

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