HAMON Théo

Par Yves Le Floch

Né le 6 février 1890 ; typographe ; dirigeant syndicaliste des Côtes-du-Nord.

Théo Hamon entra, en 1903, comme apprenti typographe dans une imprimerie de Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) où il devait rester toute sa vie. Secrétaire adjoint du syndicat du Livre de 1912 à 1914, il fut élu secrétaire général en 1917 et conserva cette responsabilité jusqu’à la Seconde Guerre mondiale puis, par la suite, jusqu’en 1947. Secrétaire de l’Union locale de Saint-Brieuc et de l’Union départementale durant tout l’entre-deux-guerres, il fut, sans jamais être secrétaire général, le militant syndical qui, avec Quinio, assura la permanence de l’action de la CGT dans les Côtes-du-Nord. Réformiste respecté des révolutionnaires — au congrès d’Orléans, en septembre 1920, il était mandaté par deux syndicats majoritaires et par deux syndicats minoritaires et partagea ses votes en conséquence — il se spécialisa dans l’étude de la législation du travail et fut membre d’un grand nombre d’organismes économiques et sociaux du département en tant que représentant ouvrier. Il entra au conseil des prud’hommes, comme vice-président en 1920 et en devint président en 1926. Président de la caisse d’assurances sociales en 1932, il était en 1936 membre ouvrier titulaire de la commission paritaire départementale pour le règlement des conflits du travail et siégea à plusieurs reprises. Membre de la SFIO, il ne l’était que par préoccupation électorale, par souci d’efficacité réformiste, afin de pouvoir participer, en tant qu’élu, aux prises de décision qui touchaient les classes populaires. Candidat socialiste malheureux aux élections municipales de 1925 à Saint-Brieuc, il fut élu conseiller municipal à l’occasion d’une élection partielle en janvier 1927 et réélu en 1929. C’est en cette qualité qu’il eut à subir exceptionnellement des attaques venues des rangs ouvriers. Au début de 1933, Le Travailleur unitaire, organe régional, l’accusa à plusieurs reprises de compromis car il avait refusé de soutenir en conseil le cahier de revendications soumis par le comité de chômeurs (unitaire). La municipalité se contentait alors d’ouvrir quelques chantiers, payant des salaires très bas et refusant tout autre secours. Hamon se présenta également aux élections législatives de 1928, dans la première circonscription de Saint-Brieuc, mais ne rassembla que 633 voix.

Présent à tous les congrès confédéraux de 1925 à 1936, gérant et rédacteur de L’Avenir syndicaliste, organe départemental, il se mêla peu aux polémiques et aux luttes qu’engendrait le problème de l’unité syndicale, et se rangea toujours fidèlement dans les rangs de la majorité. En février 1934, il fut un des principaux organisateurs de la manifestation antifasciste du 11 et de la grève du 12 et, en janvier 1936, il était élu secrétaire général adjoint, chargé des questions administratives, de la nouvelle Union départementale unifiée, tout en restant secrétaire de l’Union locale. Il se consacra alors, dans les commissions paritaires comme aux prud’hommes, à la conciliation dans les conflits professionnels. En décembre 1938, il dressa, avec le préfet et le président de la Chambre de commerce, la liste des surarbitres acceptables, dans le département, par les diverses parties.

Après la guerre, devenu directeur de l’imprimerie où il avait travaillé toute sa vie, ayant toujours refusé d’être un permanent, il reprit, jusqu’à la scission de 1947, le secrétariat du syndicat du Livre et, en 1946, la présidence de la caisse départementale de sécurité sociale.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87268, notice HAMON Théo par Yves Le Floch, version mise en ligne le 4 avril 2010, dernière modification le 4 avril 2010.

Par Yves Le Floch

SOURCES : Arch. Dép. Côtes-du-Nord, série M, réunions syndicales et corporatives ; réunions diverses ; grèves et conflits du travail ; tracts et affiches. — CGT, Répertoire des organisations adhérentes, 1919 ; congrès confédéraux : Orléans, 1920, Paris, 1925, Paris, 1927, Paris, 1929, Paris, 1931, Paris 1933, Paris 1935, Toulouse 1936. — L’Éveil breton. — La Charrue rouge, octobre 1932. — Le Travailleur unitaire. — L’Avenir syndicaliste des Côtes-du-Nord, 1929-1938. — Le Combat. — Le Combat social, mai 1937.

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