KRISCHER Henri

Par Annie Pennetier

Né le 13 juillet 1920 à Dortmund (Allemagne), mort le 25 juillet 2000 à Châlons-en-Champagne (Marne) ; chef politique et militaire des FTP-MOI de Lyon.

La famille Krischer, juive polonaise, quitta l’Allemagne nazie en 1934 et se réfugia à Nancy où elle participa à la vie culturelle et sociale de la communauté juive. Henri Krischer fut élève du lycée Poincaré où il passa le bac philo. Au début de la guerre, il effectua un stage dans une école de laiterie et fréquentait les auberges de jeunesse. Devenu apatride, il dut interrompre ses études de médecine. La veille de la grande rafle de Juifs en juillet 1942, il quitta Nancy avec son frère cadet pour rejoindre un oncle à Châlus, près de Limoges (Haute-Vienne) . Rapidement, il gagna Lyon où il adhéra au Parti communiste clandestin. en août-septembre. Résistant, il aida des personnes internées dans le sud de la France à s’évader et effectuait un travail de liaison. Il gagnait sa vie en donnant des cours de français dans un centre d’apprentissage. En novembre 1943, il devint permanent des groupes de combat juif, puis chef militaire. Agent des FTP-MOI depuis le mois de mai 1944, il fut nommé chef du détachement de Lyon-ville qui prit le nom de bataillon Carmagnole ; il avait pour pseudonyme "capitaine Lamiral". Après avoir obtenu l’accord du commandant de la région Rhône-Alpes HI4, Georges Grünfeld dit Commandant Lefort, à la tête de son unité, et avec des groupes de combat de l’Union de la Jeunesse Juive (UJJ) et de l’ Union des Juifs pour la Résistance et l’ Entraide (UJRE), il déclencha l’insurrection de Villeurbanne le 24 août 1944, qu’il dirigea.Il installa son PC à l’hôtel de ville et ordonna la construction de barricades. Un comité de libération se forma, des renforts de maquis arrivèrent. Après trois jours de combats, les Allemands reprirent le contrôle de la ville et Villeurbanne sera définitivement libérée le 2 septembre.
Arès la libération de Lyon, adjoint du commandant de 127e F.T.A., il combattit sur le front des Alpes.
En 1951, il fut avec difficultés naturalisé Français.
A Villeurbanne, une rue porte son nom.
Domicilié à Nancy, il mourut le 25 juillet 2000 à Châlons-en-Champagne (Marne).

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88605, notice KRISCHER Henri par Annie Pennetier, version mise en ligne le 4 août 2010, dernière modification le 9 mars 2018.

Par Annie Pennetier

SOURCES  : Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours . 2 824 engagements, éditions BGA Permezel, Lyon, 2003. — Notes d’Adam Rayski.

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