AVON Pierre Lucien Calixte [Dictionnaire des anarchistes]

Par François Ferrette

Né le 17 octobre 1893 à Nîmes (Gard), mort le 18 décembre 1967 à Créteil (Val-de-Marne) ; militant anarchiste puis communiste de Marseille (Bouches-du-Rhône) et de l’Aisne.

Fils de Grégoire Calixte Avon, employé âgé de quarante neuf ans, domicilié à Nîmes, au n° 15 de la rue Henri IV, et de Marie Rosalie Favant, sans profession, âgée de quarante ans, son épouse. Pierre Avon se maria à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 11 juin 1921, avec Émilienne Alphonsine Léontine Leclerq.
Il était, en 1913, ajusteur-mécanicien à La Belle-de-Mai, à Marseille, où il habitait chez sa mère. Il travaillait à l’entreprise métallurgique Barthélemy et Cie, l’une des plus importantes de la ville. Il était signalé comme militant anarchiste, fréquentant régulièrement un groupe libertaire dans le bar du Quinconce situé 63, allée des Capucines, le groupe d’éducation anarchiste et de propagande. Ce groupe de tendance individualiste comprenait une vingtaine de militants dont Henri Arcos*, Charles Dimier, Camille Dupuy*, Manuel Font, Clara Gay*, Marie Mauger*, Elisabeth Robin*, Auguste Spoerli* et Jean-Louis Vars*.
Il participa à la journée contre la guerre du 16 décembre 1912. Un de ses frères, Avon Fortuné, qui accomplissait alors son service militaire à Nîmes, assista également à ces réunions au cours d’un congé de convalescence à Marseille.

Ajournée pour faiblesse générale, de 1913 à 1917, il fut versé le 28 août 1917 dans le 2è groupe d’aviation. Le 4 septembre de la même année, il fut détaché à l’usine Paulet à Marseille en qualité de tourneur et démobilisé le 2 septembre 1919. Il militait à la CGT depuis le mois d’avril de la même année. Il était à la même période membre du « Parti Communiste », créé le 30 mai 1919, d’obédience ultra gauche, et participait aux initiatives du groupe local animé par Marceau Desmoutiers. Il était également membre des jeunesses socialistes.

À l’automne 1919, Pierre Avon s’opposa à la création d’un parti travailliste en vue des élections municipales, proposition qui avait germé dans les rangs syndicalistes et qu’il dénonça dans les colonnes de La Vie ouvrière. En avril 1920, la préfecture le considérait comme un des révolutionnaires les plus dangereux de Marseille.

Desmoutiers cessa d’animer le groupe communiste marseillais pour des raisons inconnues. Les dissensions internes avaient provoqué l’apparition d’une organisation marquée par l’anarchisme en décembre 1919 bientôt connue sous le nom de Fédération Communiste des Soviets. Avon prit alors la décision de former et d’animer un groupe de cette organisation en mai 1920. Mais le succès ne fut pas au rendez-vous puisqu’il ne rassembla qu’une vingtaine de membres. Devant cet échec, Avon pris alors la décision en octobre 1920 d’appeler ses camarades à adhérer au Comité de la 3e Internationale “pour éviter la dispersion des forces à tendance communiste”.

A la fin de l’année 1921, Pierre Avon s’installa dans l’Aisne ; la police indique qu’il habita alors rue d’Hirson à Bucilly (Aisne), en 1930, et qu’il est tourneur à la Centrale électrique. Dans une lettre adressée en novembre 1922 au secrétaire de la 2e section communiste de Marseille, il affirma avoir été membre du parti communiste des Bouches-du-Rhône après le congrès de Tours. Il appuyait dans cette correspondance la gauche du PC, demandait l’épuration des rangs du parti mais combattait la scission, et s’intéressait de près aux débats internes sans être alors membre de la fédération communiste de l’Aisne. Il fut secrétaire de l’Union locale CGTU d’Hirson, remplacé par Antoine Sue en 1927. Selon un rapport du préfet au ministère de l’Intérieur (10-12-1930), Pierre Avon est l’un des membres dirigeants du sous-rayon communiste d’Hirson (Aisne), qui compte alors 200 adhérents ou sympathisants. Les autres dirigeants communistes locaux sont le docteur Dodier, Daniel Granger, Antoine Sue, Henri Doye, Georges Philippe, Camille Favry, et Devos, permanent.
Il adhéra au parti communiste à une date indéterminée dans l’Aisne, dont il était un des responsables locaux dans les années 1930.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article91652, notice AVON Pierre Lucien Calixte [Dictionnaire des anarchistes] par François Ferrette , version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 2 décembre 2016.

Par François Ferrette

SOURCES : Arch. Nat. F7/13091 ; F7/13120 (rapport du 5/3/1930) ; F/7/19940432/281, dossier n°25840 (Pierre Avon). Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M6/10810, notice individuelle du 6 mars 1913 et rapport du commissaire spécial du 2 avril ; M6/8321, rapport du commissaire spécial du 10 juillet 1920 ; XIVM 24/60, rapport du 17 août 1918. Arch. dép. Aisne, 1 M 15. État civil de Nîmes. — Le Petit Provençal, 14 décembre 1919. — La Vie ouvrière, 5 décembre 1919 — Frédéric Grossetti, L’origine du parti communiste à Marseille (1914-1924), 1997, université Aix-en-Provence — D. Moulinard, Le Parti communiste à Marseille... op. cit. — Renseignements communiqués par René Bianco. — René Bianco, « Le mouvement anarchiste à Marseille… », op. cit.
Notice par Antoine Olivesi, DBMOF. — Note Rolf Dupuy. Notes Frédéric Stévenot.

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