GAMBA Jean [GAMBA Baptistin, Rosange, Jean ]

Par Jacques Girault

Né le 16 octobre 1891 à Toulon (Var), mort le 10 février 1957 à Toulon ; forain ; militant anarchiste puis communiste ; militant syndicaliste (CGTU) dans le Var.

Fils d’un boulanger d’origine italienne, Jean (prénommé souvent Baptistin) Gamba, avant 1914, avait eu des difficultés avec la loi selon la police. En mai 1914, il habitait Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) et était adhérent individuel à la Fédération communiste anarchiste révolutionnaire.
Après la guerre, il se maria à Toulon en mai 1920 et fut père de deux enfants. Habitant le quartier Siblas, il était camelot. En 1922, il participa à la refondation du groupe de la Jeunesse libre, qui s’affilia à l’Union anarchiste. Le 14 août, le groupe toulonnais de l’UA adhéra au Comité pour l’amnistie intégrale dont Antoine Bertrand était le secrétaire général.
Après la guerre, marié à Toulon en mai 1920, père de deux enfants, il habitait le quartier Siblas et exerçait la profession de camelot. En 1922, il participait à la formation d’un groupe libertaire affilié à l’Union anarchiste. En août, il assista, en observateur, pour le groupe de la Jeunesse libre, à la réunion du Comité pour l’amnistie intégrale dont il était secrétaire général. Le groupe décida d’adhérer au comité, le 14 août.

À la fin décembre 1925, trésorier provisoire du comité d’action contre la vie chère, il était membre de la commission de la CGTU pour l’élaboration de l’indice du coût de la vie. Il fut ensuite le secrétaire du Comité Sacco-Vanzetti de Toulon et présida la plupart des meetings pour la défense des deux anarchistes menacés de mort.

Jean Gamba fréquentait les réunions publiques communistes et intervenait souvent dans la discussion de façon contradictoire. Le 27 mars 1923, il convoqua une réunion de forains à la Bourse du Travail pour fonder un syndicat affilié à la CGTU dont il fut le secrétaire général. Dans les débats de la CGTU, il se prononçait en septembre 1923 pour la motion présentée par Joseph Lartigue de défense de l’indépendance. Lors de sa création le 18 juin 1926, il devint le secrétaire général de l’Inter-syndicat des revendeurs de la voie publique de Toulon.

Dès que se forma à Toulon le comité de défense sociale pour Sacco et Vanzetti, il en fut l’animateur. Il présida la plupart des meetings pour la défense des anarchistes italiens et signait les convocations comme « secrétaire du comité Sacco-Vanzetti ». En 1926-1927, correspondant local du Libertaire, il était le secrétaire du groupe de l’Idée libre. Aussi fut-il désigné par les organisations CGTU du Var, pour aller à Moscou en 1927 pour les manifestations du dixième anniversaire de la Révolution. Parti de Toulon le 26 octobre, il écrivait peu après :
« Je suis arrivé ici avec le doute, je dirai presque avec une certaine hostilité envers le communisme. Maintenant que j’ai vu, je suis convaincu » (lettre lue par Jean-Bapriste Durand le 2 novembre). Il fit de nombreux comptes rendus de son voyage, le 26 décembre 1927 à Toulon, le 28 février 1928 à La Seyne.

Jean Gamba animait aussi en 1928 un comité antifasciste. Lors d’une réunion de la section socialiste SFIO de Toulon, le 21 mai 1928, sa lettre, demandant l’adhésion de la SFIO au comité, fut examinée. Une réponse négative fut donnée. Gamba, en fait, s’était rapproché du Parti communiste. Il fut un des créateurs du comité des Amis de l’Union soviétique et en assura le secrétariat. En janvier 1930, membre du bureau du rayon communiste de Toulon, il était le trésorier du comité de défense prolétarienne des victimes du fascisme. Il était aussi à la même époque membre de la commission exécutive de la neuvième Union régionale de la CGTU.

A la fin des années 1930, il participa au soutien des anarchistes espagnols et dut se rendre à plusieurs reprises en Espagne. En 1940, surveillé comme communiste, il habitait la place Maurique. Interné le 13 décembre 1940 au centre de séjour surveillé de Chibron, près de Signes (Var), il fut transféré à Saint-Sulpice la Pointe (Tarn) le 15 février 1941. Il y était toujours en juillet 1943. Il fut déporté le 30 juillet 1944 dans le convoi parti de Toulouse vers Buchenwald. Il revint des camps.

Remarié à Toulon en janvier 1953, Jean Gamba mourut à l’hôpital Sainte-Anne de Toulon. Il ne devait plus être membre du Parti communiste français.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article92002, notice GAMBA Jean [GAMBA Baptistin, Rosange, Jean ] par Jacques Girault, version mise en ligne le 2 novembre 2010, dernière modification le 24 août 2017.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13021, 13 085, 13 164. — Arch. Dép. Var, 4 M 46, 59.2 ; 4 M 59.4.1 ; 7 M 12.2 ; 3 Z.2.5, 3.40, 4.21, 29,7.6. — Arch. Mun. Toulon, 60 W 26. — Arch. AVER — Presse locale. — Sources orales. — Notes de Jean-Pierre Besse, de Louis Botella et de Jean-Marie Guillon. — Dictionnaire des anarchistes, (article 156551), notice complétée par Rolf Dupuy.

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