Né le 2 juin 1928 à Noyon (Oise), mort le 29 octobre 2018 à Bagneux (Hauts-de-Seine) ; professeur d’éducation physique ; militant communiste ; militant syndicaliste, responsable du Syndicat national de l’éducation physique, de la Fédération sportive et gymnique du travail et de l’association France-URSS.

Fils d’un ingénieur des travaux publics, d’origine bretonne, d’opinions radicales socialistes, et d’une secrétaire de direction, fille d’instituteurs, Yvon Adam reçut les premiers sacrements catholiques. Après avoir fréquenté l’école publique de Callac (Côtes-du-Nord) et le collège Chateaubriand à Dinan (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor), titulaire du baccalauréat, il prépara le professorat d’éducation physique aux Centres régionaux d’éducation physique et sportive de Dinard (1947-1948) et de Reims (1948-1949). Il entra à l’École normale supérieure d’éducation physique (1949-1952).
Membre de la FEN-CGT, du bureau de la section de l’école du SNEP, nouvellement créée, Adam participa aux réunions de la sous-commission des ENS dans le cadre de la FEN. Membre du Parti communiste français depuis 1950, membre du secrétariat de la cellule de l’ENSEP en 1951, il participa à une école de la fédération communiste de Paris en 1952. Il effectua son service militaire à l’école des officiers de réserve (Saint-Maixent, 1953) puis dans un régiment d’infanterie à Dinan (1954) comme lieutenant.
Nommé professeur au collège moderne Diderot de Lille (1955-1958), Yvon Adam habitait Marcq-en-Baroeul avec une esthéticienne, Thérèse Moisan, fille d’un médecin, maire et conseiller général de Merdrignac (Côtes-du-Nord) qu’il avait épousée en avril 1953 dans cette commune. Il obtint une licence de psychologie (1954-1956) à la Faculté de Lille.
Membre du bureau académique du SNEP, secrétaire sportif départemental de la FSGT (1955-1958), Yvon Adam faisait partie du comité départemental de France-URSS. Dans la fédération communiste, membre de la cellule de son établissement, membre du comité de la section de Lille, il participait à la commission fédérale de l’enseignement.
Par la suite, nommé au lycée Saint-Louis (1958-1984) à Paris, Yvon Adam devint conseiller en éducation physique au rectorat de Paris (1984-1989). Détaché (1974-1976) à l’Institut national des sports et de l’éducation physique, il avait obtenu le diplôme supérieur (Haute performance). Docteur en sciences de l’éducation en 1985 (Paris V sous la direction de Georges Snyders), il fut intégré dans le corps des agrégés en 1987.
Dès ses débuts dans la profession, Adam militait pour une introduction massive du sport dans le système éducatif, se différenciant ainsi d’un milieu marqué par le traditionalisme des méthodes d’enseignement. Il considérait le sport comme une voie de développement culturel et l’éducation physique comme une dimension culturelle de la formation. Ce militantisme ne se concevait que par le projet de transformation sociale.
Élu minoritaire au bureau académique du SNEP, animateur du courant de pensée « Unité et Action » dans le syndicat sur le plan académique, Adam figura sur les listes du courant, conduite par Marcel Berge pour les élections de la commission administrative nationale de 1958 à 1968. Durant cette période, il anima de nombreux débats pédagogiques et fut à l’initiative d’expériences en vue de transformer l’enseignement de l’Éducation physique et sportive. En 1969, au congrès de Nice, la tendance gagnant la majorité, il devint le secrétaire national pédagogique (1969-1974). Il milita alors pour renforcer la place de l’EPS dans le système scolaire dans le cadre d’une démocratisation de l’activité sportive. Fervent défenseur d’un sport éducatif, il s’opposa à ceux qui souhaitaient privilégier une éducation physique et des méthodes pédagogiques non directives. Il quitta cette responsabilité dans le syndicat pour se consacrer à ses autres activités militantes dans le cadre du sport.
Yvon Adam adhérait à la FSGT depuis 1951. Devenu membre de la commission exécutive nationale (1958-1976), directeur de stages nationaux de formation des cadres dirigeants et sportifs, il fut un des principaux organisateurs des colloques internationaux (« Sport et développement social » en 1968, « Sport et progrès de l’homme » en 1975, « Pour un sport ouvert sur la vie » en mai 1983). Lors de son détachement à l’INSEP, il siégea à son conseil d’administration, élu sur la liste présentée par le SNEP. Enfin, il avait été un des principaux organisateurs des Assises nationales de l’éducation physique et du sport qui, après de multiples initiatives provinciales, se terminèrent par deux journées à Paris (23 au 23 mai 1970) à l’appel d’une quarantaine d’organisations politiques, syndicales, sportives, laïques, d’éducation populaire et de jeunesse.
Membre de la cellule communiste du lycée Saint-Louis, Adam participa à la création de la commission nationale des sports du Parti communiste animée par Paul Laurent, Jean Guimier et René Rousseau. En outre, il fit partie de la commission de l’enseignement du Parti (1960-1980). Il assurait notamment les liaisons avec les milieux sportifs des démocraties populaires et publia plusieurs études sur la pratique de l’éducation physique dans les pays socialistes d’Europe. Il était alors considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de l’organisation internationale du sport. Spécialiste de la réflexion idéologique sur la place du sport dans la société, il participa à des initiatives internationales sur ces questions et organisa des colloques internationaux sur ces questions (1968, 1975, 1979 et 1983). Il suivait régulièrement les congrès des associations internationales de sociologie et de psychologie du sport. Il multipliait les articles dans les revues communistes et dans les publications professionnelles sur le sport et l’éducation physique.
À partir de 1976, au titre de France-URSS dont il était secrétaire de la commission des sports, dans le cadre de la préparation des Jeux olympiques de Moscou (1980), Yvon Adam participa notamment au secrétariat de l’association « Contre le boycott des JO de Moscou ». Son rayonnement expliqua qu’il fut pressenti par de nombreuses autorités sportives et administratives pour diriger l’INSEP. Mais sa candidature fut écartée en mai 1983.
Militant respectueux des décisions politiques de la direction du PCF, Yvon Adam exprima uniquement à l’intérieur de l’organisation, à partir de 1998, des désaccords avec le contenu et les méthodes du ministère de la Jeunesse et des Sports animé par une ministre communiste.
Yvon Adam, candidat aux élections municipales de Fontenay-aux-Roses (Seine, Hauts-de-Seine), le 21 mars 1965, figurait dans divers comités de parrainage de candidatures aux élections de Sceaux (Hauts-de-Seine) où il habitait. En 2003, membre de la commission des sports du PCF, il faisait partie de la commission nationale des retraités du SNEP. Par la suite, à diverses reprises, il écrivit dans l’Humanité pour dénoncer notamment les conséquences des intérêts financiers dans le sport.

ŒUVRE : Sport et développement social au XXe siècle, (contribution), Éditions universitaires, 1969. — Sport et développement humain (ouvrage collectif), Éditions sociales, 1975. — Le sport dans la vie des Soviétiques, Éditions du Progrès, 1979.

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Presse syndicale. — Sources orales. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Mickaël Attali.

Jacques Girault

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