ALLÈGRE Roger, Paul, Antoine

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

Né le 28 février 1912 à Prades-le-Lez (Hérault), mort le 1er avril 1989 à Alfortville (Val-de-Marne) ; instituteur puis professeur à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne) ; résistant ; militant communiste du Val-de-Marne (Champigny-sur-Marne), puis militant socialiste SFIO de l’Hérault ; maire de Ceilhes-et-Rocozels (Hérault) de 1965 à 1971.

Fils d’un viticulteur-courtier en vins, d’opinions radicales-socialistes, père de sept enfants, Roger Allègre commença des études en section professionnelle, se destinant aux Arts et Métiers. Il bifurqua et prépara le diplôme spécial pour entamer des études supérieures. Mais ce dernier qu’il obtint ne donnait pas l’équivalence du brevet supérieur. Aussi occupa-t-il un poste d’instituteur intérimaire au collège Ardaillan en Algérie (1934-1935) où seul le brevet élémentaire était exigé. Ayant obtenu une licence de sciences naturelles (1933), il revint en France. Titulaire d’un diplôme d’études supérieures de géologie (1936), il devint alors aide technique à la Caisse nationale de la recherche scientifique (mai-décembre 1936). Il collaborait notamment au service de la carte géologique de la France depuis 1938 et préparait une licence d’enseignement. Il n’était pas syndiqué.

Sa femme, institutrice à Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) étant repliée avec ses élèves au début de la guerre à Corbigny (Nièvre), Allègre fut nommé professeur délégué au collège de Clamecy (Nièvre) en octobre 1939 pour remplacer un enseignant mobilisé. Il fut affecté au lycée Janson-de-Sailly (octobre 1940-septembre 1941), puis au lycée Marcelin Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés (octobre 1941-septembre 1945).

Roger Allègre se maria religieusement en août 1935 à Ceilhes-et-Rocozels (Hérault) avec Ernestine, Lucette, Marie Hugonenq, institutrice. Ils eurent quatre enfants dont les trois premiers reçurent les premiers sacrements catholiques, dont le futur ministre de l’Éducation nationale et de la recherche, Claude Allègre.

Roger Allègre, qui avait été dispensé du service militaire, fut mobilisé (avril-juillet 1940). Il adhéra au début de 1943 à la section du Front national universitaire du lycée Marcellin Berthelot et participa à des actions de sabotage. Le 18 août 1944, il prit possession de son lycée où fut hissé symboliquement le drapeau à croix de Lorraine. Membre actif d’un réseau de résistance universitaire, il participa aux combats de la Résistance (place Saint-Michel du 19 au 25 août, avec prise du Luxembourg le 25 août, puis libération de Pavillons-sous-Bois avec attaque d’un poste retranché de militaires allemands). Engagé dans les Forces françaises de l’Intérieur, il fut officiellement démobilisé en juillet 1945. Désigné, sur proposition de son ami Edmond Lablénie, comme responsable aux affaires militaires et à l’effort de guerre, il représenta le FNU à la commission militaire du Comité parisien de Libération. Il participa à la mise au point de la préparation militaire à l’Université, organisant le 4 février 1945 un défilé des étudiants de la préparation militaire, place de l’Hôtel de ville. Il représenta le FNU, aux enquêtes dans le cadre de l’épuration et devint membre du comité directeur provisoire de l’Association des anciens combattants de la résistance de l’Éducation nationale, qui publiait Notre droit, présidée par Lablénie, qui joua un rôle dans la vie familiale. A la fin des années 1940, toujours secrétaire général de l’association, il en était le responsable pour les enseignements primaire, secondaire et supérieur. Il joua un rôle actif par la suite dans l’enquête et la collecte de témoignages sur le FNU organisé par le Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale.

Reçu à l’agrégation de sciences naturelles lors du concours spécial de 1945, Roger Allègre fut nommé professeur au lycée de Chartres (Eure-et-Loir) puis, l’année suivante, au lycée Charlemagne à Paris. Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire (SNES), il habitait alors Champigny-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne) en banlieue Sud-Est où son épouse dirigeait une école maternelle. Socialiste, elle militait dans son syndicat, dans la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN) et était déléguée départementale (1945-1965).

Membre depuis la Libération du Parti communiste français, Allègre fut élu conseiller municipal de Champigny-sur-Marne, le 19 octobre 1947 dans l’équipe de René Desvillettes. Il démissionna dès le 19 août 1948 après avoir quitté le PCF. Il adhéra alors au Parti socialiste SFIO tout en restant adhérent de l’Union française universitaire. Il devint maire « sans étiquette » de la commune de son épouse Ceilhes-et-Rocozels dans l’Hérault en 1965. Pendant son mandat, il contribua à l’aménagement touristique d’un lac artificiel consécutif à la construction d’un barrage. Il ne se représenta pas en 1971.

Professeur à nouveau au lycée Marcelin Berthelot dans les classes préparatoires vétérinaires depuis 1951, Roger Allègre quitta Champigny-sur-Marne en 1957 pour s’installer à La Varenne-Saint-Hilaire où sa femme dirigea une école maternelle.

Séparé de son épouse depuis 1970, divorcé en 1979, Roger Allègre se remaria en avril 1980 à Alfortville avec une vétérinaire, Élisabeth Delvallée, son ancienne élève. Ils eurent deux enfants. Il vécut à Alfortville, consacrant une importante partie de son activité sociale et intellectuelle à la franc-maçonnerie (Grand-Orient de France) à laquelle il avait été initié en 1948. Ses obsèques furent civiles.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article9904, notice ALLÈGRE Roger, Paul, Antoine par Jacques Girault, Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 13 novembre 2017.

Par Jacques Girault, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F17/27599, 72 AJ 57. — Arch. de Paris, 1564 W 189 et 291 (notes de I. Silva). — Arch. Dép. Val-de-Marne, 1 Mi 2426, 3 M 78. — Lucette Allègre, en collaboration avec Marie Renault, L’école de ma vie, Bayard, 1999. — Témoignages oraux recueillis par Claude Pennetier. — Renseignements fournis par Lucette Allègre.

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