HELLER Georges, Adam

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 9 décembre 1884 à Paris (XVIIIe arr.), mort en déportation le 28 décembre 1944 à Flossenburg (Allemagne) ; métreur ou architecte selon les sources ; militant socialiste de Seine-et-Oise, puis militant communiste de l’Aisne et de la Seine ; conseiller municipal d’Antony (Seine, Hauts-de-Seine).

Fils d’un architecte, Georges Heller comptait, au sein de sa famille, des communards déportés. Dès 1900, il adhéra au groupe des Jeunesses socialistes du XVIIIe arrondissement. Et, à son retour de la guerre, il constitua la section socialiste de Jouy-en-Josas (Seine-et-Oise) dont il assura le secrétariat jusqu’au congrès de Tours (décembre 1920). Partisan de la IIIe Internationale, il fut secrétaire de la jeune section SFIC. Entre temps, en 1919, il avait été élu conseiller municipal et avait créé une succursale de la coopérative « La Versaillaise ».

Chômeur, il trouva du travail dans l’Aisne et vint habiter à Belleu près de Soissons en 1922. Il devint alors secrétaire de la section puis du rayon communiste de Soissons et contribua à fonder le groupe des Jeunesses communistes, la section de l’ARAC et le club sportif qu’il présida. Candidat aux élections législatives de 1928 dans la circonscription de Soissons, il recueillit au premier tour 5,1 % des voix des électeurs inscrits et au second 1,2 %. En juillet 1928, au nom de l’ARAC, il prononça un discours à l’inauguration du monument aux morts de Celles-sur-Aisne qui provoqua les départs du chef de cabinet du préfet et du représentant de l’armée.

Georges Heller déménagea de nouveau et s’installa vers 1930 à Antony où il fut candidat le 5 mai 1935. La liste communiste obtint en moyenne 1 090 voix contre 2 150 à la liste radicale et socialiste, 535 à la liste « démocrate » et 335 à une autre. Six sièges restant vacants au premier tour, il fut le seul élu communiste au second tour. En octobre 1935, il était, avec Georges Duchiron* et Jacques Faipeur, un des représentants du Parti communiste au comité de coordination socialiste-communiste. En 1938, l’assemblée municipale le désigna pour être délégué sénatorial.

Le conseil de préfecture le déchut de son mandat le 9 février 1940 pour appartenance au Parti communiste. Arrêté le 6 juillet 1942 (en même temps que d’autres militants d’Anthony : Jacques Faipeur, R. Bourdeaux, Georges Duchiron), interné administrativement, il fut déporté et mourut le 28 décembre 1944 à Flossenburg (Allemagne). Sans nouvelles de lui, son nom fut néanmoins inscrit sur la liste de la délégation spéciale (conseil municipal provisoire) selon l’arrêté préfectoral du 20 octobre 1944.

Georges Heller s’était marié le 13 juillet 1910 à Jouy-en-Josas avec Marie Girard, blanchisseuse, et vivait, aux recensements de 1931 et 1936, dans un pavillon avec sa femme, ses fils nés en 1913 et 1919, métreur et ajusteur, sa fille née en 1927 et sa belle-mère.

Un parc d’Antony porte aujourd’hui son nom.

Pour citer cet article :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article87427, notice HELLER Georges, Adam par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 avril 2010, dernière modification le 10 avril 2010.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat., F7/12970, rapport du 27 août 1928. — Arch. Dép. Seine, DM3 ; versement 10451/76/1 ; listes électorales et nominatives. — État civil de Paris (XVIIe arr.) et de Jouy-en-Josas. — L’Exploité, 7 avril 1928. — L’Aube nouvelle, 26 octobre 1935. — L’Humanité, 24 avril 1935. — Renseignements recueillis par Michèle Rault et Nathalie Viet-Depaule.

fiches auteur-e-s
Version imprimable Signaler un complément